Michèle Levasseur: les belles heures du handball

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Michèle Levasseur, qui est venue bien près de réaliser son rêve de participer aux Jeux olympiques, trouve dommage que son sport, le handball, ait perdu en popularité.

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(Québec) Michèle Levasseur a connu les belles heures du handball dans la région de Québec, un sport dans lequel elle s'est imposée et qui lui a permis de flirter avec les Jeux olympiques. L'enthousiasme qu'elle démontre lorsqu'elle parle de sa carrière fait cependant place à de l'amertume lorsqu'il est question du sport qui la passionnait. Le handball a aujourd'hui perdu beaucoup de sa popularité et de moins en moins de jeunes ont la chance d'y jouer.

«C'est vraiment dommage ce qui est arrivé», mentionne l'ex-porte-couleurs de l'équipe nationale. «Le handball est un beau sport. Il est facile à jouer et à enseigner. Ça prendrait des gens qui le connaissent pour lancer des programmes dans les écoles. Mais on n'a malheureusement pas de culture de handball au Québec. Probablement que si j'étais demeurée prof d'éducation physique, j'aurais continué à m'en occuper. Mais ma carrière a bifurqué.» 

Michèle a découvert le handball au milieu des années 70. C'est en 1976, après avoir assisté à des matchs présentés au PEPS de l'Université Laval dans le cadre des Jeux olympiques de Montréal, qu'elle avait su que c'est en handball qu'elle désirait s'investir dans le domaine sportif. Elle s'est retrouvée au YMCA de Québec qui avait un programme structuré pour les jeunes. «Le club Élisport était un petit club mais il était assez performant. Au fil des années, on a gagné des championnats provinciaux mais aussi nationaux.»

Faisant partie des plus beaux espoirs en handball au pays au début des années 80, Michèle n'avait que 17 ans lorsqu'elle a été sélectionnée dans l'équipe canadienne junior. Prenant part au championnat du monde disputé à Montréal en tant que réserviste, elle a eu la chance d'être sur le six partant quand une des régulières a été blessée.

«À partir de ce moment-là, je ne suis plus sortie du terrain. J'ai été la meilleure buteuse de l'équipe et j'ai terminé parmi les meilleures marqueuses du championnat. Je me suis dit : "Je suis quand même pas si pire, je vais continuer à m'entraîner peut-être que je pourrai, un jour, jouer sur l'équipe nationale senior".»

Membre de l'Estran au niveau régional, Michèle a pu s'entraîner et jouer à l'Université Laval qui, à compter de 1982, a hébergé chez elle le club civil. Elle en a profité pour étudier à l'UL où elle a obtenu son bac en enseignement de l'éducation physique. Parallèlement à sa carrière de joueuse, elle a travaillé comme prof et elle a aussi été entraîneure.

«J'ai arrêté de jouer en 1992. D'abord à cause de la naissance de ma fille mais aussi à cause des blessures. J'avais mal dans les tendons d'Achille et mes genoux étaient pas mal maganés. Aujourd'hui, je dois toujours composer avec ces blessures et me limiter dans le choix de mes activités. C'est parfois difficile pour moi qui avais l'habitude de pousser la machine. J'ai appris à écouter mon corps. Et je ne regrette rien.»

Membre de l'équipe nationale, gagnante de deux Memoris individuels et d'un Memoris d'équipe, Michèle revendique aussi deux médailles d'argent aux Jeux panaméricains qui ont cependant un goût aigre-doux puisqu'ils signifient aussi que les Canadiennes ont raté leur qualification pour les Jeux olympiques.

«C'est sûr que j'aurais aimé réaliser mon rêve d'aller aux JO. Mais ma carrière m'a tellement fait vivre de belles choses que je ne peux pas être amère. Elle fut très riche en expériences de toutes sortes qui me servent encore aujourd'hui. Tourner la page ne fut pas trop difficile. La gang m'a manqué un peu mais comme j'étais la maman de jeunes enfants, je me suis alors identifiée à ma famille.»

Changement de carrière

Même si elle a été professeure d'éducation physique pendant huit ans, c'est aujourd'hui comme chauffeuse d'autobus au RTC que Michèle Levasseur fait carrière. Incapable d'avoir un travail à temps plein et à la recherche de stabilité professionnelle, elle est tombée par hasard sur une offre d'emploi du RTC et elle a postulé.

«C'est un défi qui m'intéressait. C'était en 1995. Je ne l'ai jamais regretté. Je suis très heureuse dans ce que je fais. C'est certain que mon travail n'est pas toujours facile. Il faut savoir gérer son stress. En ce sens, mon passé d'athlète me sert beaucoup. 

«Je dirais que j'ai trouvé mes premières années beaucoup plus difficiles qu'elles le sont maintenant. Au fil des ans, j'ai développé des habiletés et des façons de travailler qui me facilitent la vie et aujourd'hui, grâce à mon ancienneté, j'ai de plus beaux horaires de travail. Et ma formation en enseignement et en coaching me sert toujours car je fais de la formation auprès des jeunes chauffeurs.»

Michèle n'aime pas la monotonie. Même si elle pourrait avoir des parcours réguliers, elle préfère changer chaque jour. Ce qui compte, pour elle, c'est d'avoir des horaires qui lui permettent d'aller s'entraîner entre ses deux quarts de travail. «Être chauffeure, ça ne met pas en forme. Et c'est très dur pour le dos. Je fais donc de la musculation et du cardio pour maintenir ma condition physique.»

Questions/réponses

Q Ce qui vous manque le plus?

R Le trip de gang, tant avec l'Estran qu'avec l'équipe nationale. Partir des fins de semaine ensemble, vivre des compétitions ensemble. C'était une fête quand on allait à un tournoi. On avait du plaisir ensemble. Notre gang de filles est d'ailleurs restée assez soudée. On se voit encore régulièrement et, il y a quelques années, on a pris part à un tournoi ensemble.

Q Ce qui vous manque le moins?

R Le gymnase. Le fait de toujours y être, tant les soirs et que les fins de semaine, à m'entraîner ou à entraîner des gens.

Q Événement marquant?

R Le Championnat du monde junior de 1981. Un évènement qui m'a fait dire : «Je veux continuer et je veux persévérer là-dedans. Je me lance.»

Q Plus grande déception?

R Être passée à 17 secondes des Jeux de Séoul. Quand je suis revenue d'Indianapolis, j'ai arrêté de jouer pendant quelques mois avec l'équipe nationale. J'étais vidée, j'étais trop déçue. En comparaison, ce fut beaucoup moins difficile quand nous avons raté notre qualification pour les Jeux de Barcelone. C'était la fin de ma carrière. Je m'étais dit : «si on gagne pas, il y aura d'autre chose après». Mais ça aurait été un beau succès d'aller aux Jeux.

Q Plus beau moment?

R Quand on a décroché le Mémoris d'équipe de l'année au Gala de l'athlète de 1986. On était tellement contentes. L'année d'avant, on avait tout gagné. On se disait qu'on avait des chances d'être en nomination au Gala. Mais on ne l'avait pas été. Un an plus tard, on était l'équipe de l'année. C'était le délire.

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