Ariane Loignon: aucune étiquette

Ariane Loignon, qui est surtout identifiée comme étant... (Infographie Le Soleil)

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Ariane Loignon, qui est surtout identifiée comme étant la mère de Laurent Dubreuil, se dit fière de toute sa famille et non pas seulement de son fils qui, comme elle autrefois, est patineur de vitesse.

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(Québec) Au fil des années, Ariane Loignon a été connue sous différentes identités. Membre de l'équipe nationale de patinage de vitesse longue piste dans les années 80, elle a ensuite été entraîneure. Aujourd'hui, elle est reconnue en tant que conseillère en sports à la Ville de Lévis, mais aussi comme mère de Laurent Dubreuil. Mais à laquelle s'identifie-t-elle le plus?

«Je ne cherche pas à avoir d'étiquette, confie Ariane. Ma plus grande fierté, c'est ma famille. Oui, je suis très contente de ma carrière d'athlète. Je suis allée aussi loin que j'ai pu avec le potentiel que j'avais. Et je ne suis pas amère qu'elle soit un peu oubliée. Quand j'ai pris ma retraite, j'étais prête. Je n'ai eu aucun regret par la suite.»

Revenant sur sa carrière d'entraîneure, l'ex-patineuse explique que ses plus grandes fiertés n'étaient pas liées à des performances. Elles le sont plutôt avec les liens humains qu'elle a développés avec ses athlètes et l'aide qu'elle a pu leur apporter afin qu'ils s'épanouissent. Des liens humains qu'elle doit aussi développer dans son travail où elle doit faire affaire avec des organismes sportifs et où elle compte de belles réalisations comme le programme de bourses qui a permis, avec la collaboration de la Ville, de remettre 50 000 $ à des athlètes de Lévis. «J'adore mon travail, mais je ne suis pas une carriériste.»

Enfin, si plusieurs l'identifient comme étant la mère de Laurent Dubreuil, elle insiste pour dire qu'elle est aussi la maman de Daniel et d'Anabelle... et la conjointe de Robert (Dubreuil). «Ce qui me rend fière, c'est de voir que mes enfants sont heureux dans la vie. Quand Laurent ne s'est pas classé pour les Jeux olympiques, j'ai eu de la peine mais pas parce qu'il avait eu un échec ou parce que c'était un échec pour nous. J'en ai eu parce qu'il vivait des moments difficiles. Pour moi, être la mère de Laurent, ce n'est pas une réalisation.»

Grande satisfaction

Même si elle n'est jamais montée sur un podium olympique, Ariane a marqué les Jeux de Calgary à sa façon en étant l'une des trois patineuses à prendre part aux cinq épreuves au programme en patinage de vitesse longue piste chez les femmes, soit le 500 m, le 1000 m, le 1500 m, le 3000 m et le 5000 m. Des Jeux dont elle garde des souvenirs mémorables, et ce, même si elle n'a pu vraiment les vivre à cause de son horaire très chargé.

«Je n'ai assisté qu'à une compétition. Les autres, je les ai regardées à la télé. Ma dernière course était le jour des cérémonies de fermeture. Après celle-ci, j'étais épuisée. Et c'est du village olympique, en compagnie de Robert et d'Elizabeth Manley, que j'ai regardé à la télé les cérémonies de fermeture.»

Même si elle ne patinait plus, Ariane a cependant pu vivre les Jeux quatre ans plus tard à Albertville où elle était allée pour encourager son chum. «La sécurité n'était pas comme elle l'est maintenant, je connaissais encore plein de monde et des athlètes canadiens m'avaient prêté des vêtements aux couleurs de l'équipe nationale. J'ai habité et mangé au village pendant une semaine et j'ai pu profiter de billets pour assister à de nombreuses compétitions. J'ai donc pu vivre les Jeux.... sans pression, avec Robert qui avait fini de compétitionner assez tôt.»

Mère de deux patineurs et conjointe du directeur général de la Fédération québécoise de vitesse, Ariane continue de vivre sa passion pour le patinage de vitesse qui est encore bien présent dans son quotidien.

«Je suis chanceuse. La vie aurait pu m'amener ailleurs si je n'avais pas eu d'enfants dans le patin ou un chum qui y est aussi impliqué. Je suis très heureuse d'avoir pu garder ce lien-là avec mon sport. D'ailleurs, je continue de m'impliquer. En fin de semaine dernière, j'étais bénévole à la Coupe Canada présentée à l'anneau de glace Gaétan-Boucher. J'avoue que si j'avais définitivement tourné la page sur le patin, il m'aurait manqué.»

Aussi passionnée et déterminée dans son travail qu'elle l'était lorsqu'elle était en piste, Ariane avoue qu'au moment de choisir le domaine dans lequel elle étudierait à la fin de sa carrière d'athlète, elle croyait naïvement qu'elle ne choisirait pas un domaine lié au sport parce qu'elle s'en serait lassée. Mais après avoir amorcé des études universitaires en physique, elle est allée en sciences politiques et en administration publique dans le but de travailler en sport au gouvernement.

«Je ne pouvais pas aller contre ma nature. Ce que je voulais, c'était de travailler à développer le sport au Québec. Mais je n'avais pas choisi le bon domaine d'études. Il aurait fallu que je sois en kinésiologie. J'étais donc exclue de tous les concours. J'ai donc décidé de prendre du temps pour ma famille tout en demeurant impliquée en sport comme entraîneure ou bénévole. Un jour, une porte s'est ouverte à l'URLS de Chaudière-Appalaches. Je voulais développer le sport au Québec, c'était correct, je le faisais dans une région. J'y ai travaillé cinq ans. Par la suite, un poste s'est ouvert à Lévis. Maintenant, c'est dans une ville que je le développe.»

Q Faits marquants?

R Ma médaille d'argent au 500 m des Championnats du monde toutes distances de 1989 disputés à Lake Placid. J'en suis vraiment fière. Viennent ensuite ma participation aux cinq épreuves des Jeux de Calgary et mes 10 participations aux Mondiaux.

Q Plus précieux héritage?

R Les liens que j'ai tissés avec les gens mais aussi mon intensité et ma détermination au travail que j'ai développées en patinant. C'est la grande richesse qui me reste de ma carrière de patineuse. Pour moi, le cheminement a été plus important que les temps. 

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents, qui m'ont beaucoup aidée et toujours soutenue. Ils étaient fiers de moi. Ça aide quand on est jeune et qu'on doit bâtir sa confiance et sa personnalité. Il y a aussi un oncle qui m'a coachée à mes débuts. Et Robert (Dubreuil). J'étais très réaliste quant à mon potentiel et ce que je pouvais faire. Il m'a appris à mettre ça de côté et à me dire que j'étais égale aux autres patineuses qui étaient à mes côtés sur la ligne de départ.

Q Des idoles?

R Gaétan Boucher. C'était un modèle. Je l'avais placé sur un piédestal. Au moment de saluer tous mes coéquipiers de l'équipe nationale qui s'en allaient aux Jeux de 1984, je ne lui avais pas souhaité bonne chance. Dans ma tête, il n'en avait pas besoin. Mais quand il m'a dit : «Tu ne me souhaites pas bonne chance», j'ai réalisé qu'il était comme nous autres.

Q Ce qui te manque le plus?

R Pouvoir patiner en raison de mes problèmes de genoux.

Q Dans 20 ans?

R Je me vois grand-mère, une grand-mère active.

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