Le grand héritage de Christian Marcoux

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Le spécialiste des bosses Christian Marcoux a accroché ses skis au tournant du millénaire. Celui qui est maintenant cimentier tente encore parfois quelques sauts.

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(Québec) Pendant plus de 30 ans, le ski acrobatique a fait partie de la vie de Christian Marcoux. Après sa carrière d'athlète, il a été entraîneur avec l'équipe nationale, puis avec l'équipe du Québec et à l'échelle régionale. Il a aussi fait du bénévolat et il a implanté des programmes sport-études dans des écoles. Il n'y a pas de doute, le spécialiste des bosses a laissé un grand héritage.

«Je suis content de voir que le programme va très bien. La relève est là. Au niveau des athlètes, on a bâti une belle équipe. J'ai passé des étés à coacher sur les rampes d'eau de Lac-Beauport des skieurs comme Mikaël Kingsbury et les soeurs Dufour-Lapointe. J'ai fait faire à Justine ses premiers sauts. Elle n'avait que six ans. Quand je les vois aux Jeux, en train d'exécuter des sauts que je leur ai enseignés, je trouve ça pas mal le fun.

«La relève, elle est aussi là au niveau des entraîneurs et des bénévoles. J'hésitais parfois à me retirer parce que je craignais qu'il n'y aurait plus personne pour organiser les compétitions, pour monter les clôtures, etc. Mais les choses marchent très bien. Je suis pas mal fier.»

Initiateur du programme sport-études à l'école Le sommet il y a plus d'une dizaine d'années, Marcoux ne se doutait pas qu'un jour, son fils âgé de 14 ans en ferait partie. Fiston avait préféré vivre sa passion de manière récréative mais aujourd'hui, ses ambitions ont changé. «Quand je le regarde, je me vois quand j'avais son âge. La passion est là, il a son gaz. Il n'a pas besoin de moi. Je dois juste voir à ce qu'il ait l'équipement et le set up nécessaire. 

«Ce sont ses entraîneurs, tous de mes anciens athlètes, qui le poussent. Ils lui disent : «Ton père ne tolérerait pas ça, il ferait ça comme ça.» Mon gars m'en parle et me dit qu'il n'en revient pas comment ses coachs m'aimaient. Avant, ce sont eux que mon gars voyait comme les hot. Mais ils lui ont dit que j'étais pas mal hot moi aussi. Et il ne me voit plus juste comme son père.»

Chez les pros

Membre de l'équipe nationale qui a pris part aux Jeux d'Albertville, Marcoux s'est ensuite qualifié pour les Jeux de Lillehammer. Il a cependant joué de malchance à Whisler une semaine avant son départ pour la Norvège. À la fin d'une épreuve, il a frappé de plein fouet l'estrade des juges. Blessé à la cuisse, il a dû renoncer aux JO. «Par la suite, j'ai décidé de faire carrière sur le circuit professionnel américain. À l'époque, Il y avait des règles très strictes concernant les commanditaires au niveau amateur. Chez les pros, on pouvait être commandité et il y avait de bonnes bourses. Une première place pouvait rapporter 10 000 $US. Il y avait des compétitions à chaque fin de semaine et je me classais assez bien. Je faisais donc des revenus intéressants.»

Désirant minimiser les frais de ses déplacements, Marcoux n'a jamais mené une vie de pacha sur le circuit pro. Les billets d'avion étant chers, il préférait utiliser sa voiture pour voyager. Et parce que le prix des chambres d'hôtel sur les lieux de compétition était inabordable, il dormait à bord de son véhicule. Il a fait ça pendant cinq ans. «Je partais le 1er janvier et je revenais à la fin mars. Mes conditions de voyage étaient pas mal meilleures avec l'équipe nationale. Mais le plus difficile pendant toutes ces années fut de ne plus être avec ma famille et mes chums de l'équipe nationale.

«Même si, aujourd'hui, je me dis que j'aurais peut-être pu faire un autre cycle olympique, je ne regrette pas d'être allé sur le circuit pro. C'est là que j'ai pu me développer au maximum de mon potentiel.»

Marcoux a pris sa retraite d'athlète au tournant du nouveau millénaire. Par la suite, il s'est impliqué auprès des jeunes. Il y a environ six ans, même s'il était toujours aussi passionné, il a décidé de tourner la page sur le ski acrobatique pour des questions financières.

«J'ai d'abord fait du travail de bureau. Mais ce n'était pas pour moi. J'ai donc opté pour le domaine de la construction. Je suis cimentier pour la compagnie Cimota. Je travaille souvent à 300-400 pieds dans les airs attaché à une structure avec des harnais et des cordes ou suspendu dans une nacelle. Présentement, nous avons un contrat au Stade olympique. J'ai aussi travaillé sur des barrages.»

L'ex-bosseur s'ennuie du ski acrobatique. Quand il en a l'occasion, il aime bien tenter quelques sauts. Il est cependant moins casse-cou qu'à l'époque. «Si j'essaie un saut, c'est parce que je sais qu'il n'y a pas de risques. Ce que je fais, je le contrôle bien.

«La gang me manque aussi. Avec Jean-Luc [Brassard] et d'autres collègues de l'époque, on songe à faire un voyage en Europe. Je pense aussi à tous les jours comment je pourrais me réimpliquer dans le système afin de servir mon sport. Ça pourrait être avec des organisations ou des centres nationaux. Je pourrais aussi travailler lors de camps d'été. Mais si je devais revenir dans le coaching, ce serait pour diriger mon gars. Faire en sorte qu'il soit prêt quand viendrait le temps qu'il parte en tournée, par exemple.»

Questions/réponses

Q Plus beau moment?

R Aux Jeux en 1992, à Albertville. J'étais avec Jean-Luc Brassard et Philippe Laroche. En entrant dans le stade, lors de la parade de la cérémonie d'ouverture, ce fut grandiose. On avait de la misère à garder les yeux ouverts tellement il y avait des flashs et des projecteurs. Un caméraman français nous a crié : «Souriez, la planète vous regarde!» Juste à en parler, j'en ai encore des frissons.

Q Plus belle performance?

R Mon premier titre de champion au US Open. Tous les skieurs pros étaient là de même que des gars du circuit de la Coupe du monde qui pensaient que je m'étais retiré parce qu'ils ne me voyaient plus en compétition. Ce fut mon premier de trois titres consécutifs au US Open. 

Q Moment le plus difficile?

R Ma blessure à la cuisse une semaine avant les JO de 1994. Un coup de couteau au coeur. Ma sélection pour les Jeux de 1992 avait un peu été une surprise. Et je n'étais pas tout à fait prêt. Mais en 1994, j'étais dans mes bonnes années.

Q Personnalité marquante?

R Jean-Luc Brassard. Il a été mon roommate pendant tout le temps où j'ai été sur l'équipe nationale. Il était comme un frère pour moi. Et nous sommes demeurés de bons amis.

Q Plus grande fierté?

R Ma fille et mon garçon.

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