La passion aérienne de Linn Ryter

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L'ancienne membre de l'équipe nationale de biathlon, Linn Ryter, travaille aujourd'hui au sein des Forces armées canadiennes où elle est technicienne en instrumentation des avions.

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(Québec) Ayant passé toute sa vie d'athlète les deux pieds sur terre, c'est dans les airs que Linn Ryter a entrepris sa deuxième carrière. À la recherche d'une nouvelle passion pour remplacer le biathlon, elle s'est inscrite à des cours de pilotage. Après avoir obtenu sa licence de pilote de ligne, elle a volé avec de petits avions et elle a enseigné. Elle s'est par la suite jointe aux Forces armées canadiennes où elle a travaillé notamment sur des CF-18.

«Pour moi, le pilotage était une manière de retrouver l'adrénaline que me procurait mon sport», explique-t-elle. Et comme le biathlon, il demandait beaucoup de discipline, il fallait travailler dur et c'était même un peu physique. Car quand on pilote des petits "coucous", on fait tout à la main. Ce n'est pas comme les gros porteurs où tout est informatisé.»

Linn était instructrice à l'école Pro-Aviation quand elle y a rencontré son mari, lui aussi pilote. Et quand il a choisi de se joindre aux Forces armées canadiennes, elle a décidé d'y travailler à son tour quelques mois plus tard. Mais parce qu'elle n'avait pas une vue parfaite, elle n'a pu piloter.

«Je ne suis pas amère. Je ne répondais tout simplement pas aux exigences. Je me suis dit que j'allais faire autre chose et je suis devenue technicienne au niveau de l'instrumentation [avionics], j'ai travaillé sur des CF-18 et les avions des Snowbirds et j'ai pu voler dans les Forces, mais autrement.»

Spécialisée dans les problèmes électroniques, Linn pouvait être appelée à faire des interventions rapides en changeant des pièces sur le tarmac ou travailler sur des cas plus complexes. «On avait aussi des tâches plus générales. Quand un avion arrive, il faut faire le nécessaire pour qu'il soit prêt à repartir.»

Après un séjour de deux ans en Oklahoma pendant lequel elle a quitté les Forces, Linn est de retour avec sa petite famille en sol canadien. La Nouvelle-Écosse ayant des bases militaires, elle ne rejette pas l'idée d'y retourner exercer sa profession et travailler sur des avions Hercule ou des Aurora. Et parce que la maison familiale est située non loin d'un petit aérodrome, son mari lui a suggéré de remettre ses licences à jour et de recommencer à piloter pour le plaisir. Mais si elle en avait l'occasion, irait-elle piloter dans les Forces armées? «Il faudrait que je fasse tout l'entraînement qui prend plusieurs années et ce n'est certainement pas dans mes intentions pour le moment.»

Du ski de fond au biathlon

Adepte de ski de fond, Linn a compétitionné aux niveaux provincial et national jusqu'en 1994, jusqu'à l'âge de 20 ans. C'est alors qu'elle a décidé de se tourner vers un nouveau sport.

«J'ai eu une opportunité d'essayer le biathlon. C'était différent et ça m'intéressait. J'aimais toujours le ski de fond, mais j'en avais un peu fait le tour. J'en garde cependant d'excellents souvenirs et j'ai toujours parmi mes meilleures amies des filles que j'y ai connues comme Nancy Dassié et Marie-Odile Raymond. Et l'annonce du décès de Donald Farley m'a brisé le coeur. Il va manquer à toute la communauté du ski de fond et du biathlon.»

La Québécoise d'adoption n'a compétitionné que quatre saisons avec l'équipe nationale de biathlon. En 1998, après avoir raté sa sélection pour les Jeux de Nagano, elle s'est sérieusement remise en question et elle a finalement accroché ses skis et sa carabine.

«Après les essais, je me suis retrouvée sur une pente descendante. J'avais mis tous mes oeufs dans le même panier, je ne vivais que pour le biathlon. Après avoir raté ma sélection, il me restait quoi? Ma passion était moins forte, j'ai eu le goût d'aller voir ailleurs. 

«Mais ç'a été difficile. C'est comme si j'avais mis une famille de côté. Puis quand tu es athlète, tu es centrée sur toi et pas beaucoup sur ce qui se passe autour. Quand tu reviens dans le «vrai» monde, tu as beaucoup de choses à rattraper. Finalement, j'étais mal préparée pour «l'après-biathlon». Heureusement, j'ai pu retourner chez mes parents et prendre le temps nécessaire pour réfléchir. Mais quand on a un background d'athlète, tu aimes que ça bouge. Assez rapidement, tu prends les décisions parce que tu as le goût d'aventure et nouveaux défis.»

Parlant de sa carrière sur la scène internationale, Linn ne cache pas qu'elle aurait aimé mieux performer. Mais même si elle n'a jamais réussi le top 25 en Coupe du monde ou lors des championnats mondiaux civils, elle dit en garder d'excellents souvenirs. «Je crois être allée au bout de mon rêve. Ce que je retiens de tout ça, c'est la passion que j'avais, mais aussi la discipline, les voyages, l'esprit d'équipe, mais surtout le fait d'avoir pu vivre dans la nature.

«Je n'ai donc pas de regrets. C'est sûr que sur le moment, j'ai été dévastée de ne pas me classer pour les JO. Mais avec le recul, je considère que j'ai été choyée et chanceuse d'avoir eu l'opportunité de vivre ce que j'ai vécu. Je souhaite que ma fille puisse avoir un jour une passion comme la mienne, peu importe le domaine.»

Questions/réponses

Q Plus beau souvenir? 

R Mes premiers championnats du monde à Antholz, en Italie. À mon dernier tir, j'avais atteint toutes mes cibles. Il y avait une foule nombreuse. Et même si je n'étais pas dans les meneuses, les gens n'avaient pas arrêté de crier et de m'encourager. J'avais ressenti un sentiment incroyable. 

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents. Sans eux, je n'aurais pu faire une carrière en biathlon. Ils m'ont donné des lifts, ils sont venus me voir et ils ont toujours été présents. C'est ce que j'ai le goût de donner à ma fille. 

Q Expérience la plus excitante?

R J'ai eu la chance de voler avec les Snowbirds et de faire l'entraînement de leur spectacle au complet. Ce fut vraiment extraordinaire. C'est le genre d'expérience que je voulais vivre même si après, je risquais d'être malade (rires).

Q Tu aimerais changer? 

R J'aurais aimé être un peu mieux préparée pour mon après-carrière sportive afin que ma transition soit plus facile. J'aurais souhaité savoir ce qui m'attendait, quelles seraient mes options, mes ressources et mes possibilités de manière à être mieux outillée à amorcer ma nouvelle vie.

Q Dans 20 ans? 

R Je vais approcher de la retraite officielle. Je me vois habiter en Colombie-Britannique où je pourrai profiter du plein air à 100 % là. La montagne, j'adore ça.

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