Julie Rajotte forgée par le volley

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L'ancienne capitaine du club de volleyball Rouge et Or Julie Rajotte est aujourd'hui coordonnatrice à la commission scolaire des Navigateurs.

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(Québec) Lorsqu'elle fait le bilan de sa carrière sportive, Julie Rajotte en vient à la conclusion que l'héritage le plus précieux que lui a laissé le volleyball n'est pas les médailles qu'elle a remportées, ni d'avoir figuré parmi l'élite canadienne universitaire, ni la fierté d'avoir gravi tous les échelons menant à l'équipe nationale. «Le volleyball a changé ma vie, lance-t-elle. Il m'a forgée et il a transformé ma personnalité.»

L'ex-capitaine du Rouge et Or et des Élans du Cégep Garneau explique qu'à la base, elle était une ado gênée qui, à cause de sa grandeur, était complexée. Et au lieu de fraterniser avec des jeunes de son âge la fin de semaine, elle préférait garder des enfants.

«Le volley m'a permis d'être bien avec mon corps et il en a fait un outil extraordinaire dont j'étais très fière. Il m'a aussi permis de découvrir mes compétences et de les développer, ce qui m'a apporté beaucoup de confiance. En étant capitaine, je n'ai pas eu le choix que de sortir de ma coquille. Il m'a aussi permis de côtoyer des gens de mon âge, il m'a appris à socialiser et il m'a donné des amitiés pour la vie. C'est sans compter toutes les expériences que j'ai vécues et les voyages que j'ai faits qui m'ont fait grandir. Finalement, il m'a permis d'étudier.»

«Sans le volleyball, je serais probablement demeurée une femme renfermée qui ne voulait pas déranger. Je ne serais pas celle que je suis devenue.»

Carrière bien remplie

Julie Rajotte a mis un terme à sa carrière en 2004. Après avoir défendu les couleurs du Rouge et Or, elle avait fait le saut avec l'équipe nationale. «Jouer avec la formation canadienne n'avait jamais été un rêve. Le volleyball, c'était une passion, et j'aimais ça m'entraîner. Je désirais m'amuser, aller le plus loin possible, mais je n'avais pas confiance en moi et je ne pensais pas avoir les aptitudes et le talent nécessaires pour jouer sur l'équipe nationale.»

L'ex-volleyeuse a passé un an avec l'élite nationale basée à Winnipeg. Une sérieuse blessure au dos l'a cependant empêchée de justifier sa sélection. Incapable de jouer ni même de s'entraîner, elle a obtenu, non sans difficulté, la permission de se faire soigner à Québec. 

«J'avais ici tellement de bons physios qui me connaissaient. J'avais besoin de tout faire pour récupérer et ne pas finir ma carrière sur cette blessure. Quand j'ai été un peu mieux, je suis retournée à Winnipeg afin de terminer mon engagement.»

Julie ne regrette rien de son passage avec l'équipe nationale. «C'est moi qui ai pris la décision d'arrêter. Et je n'ai pas fini avec des frustrations parce pour moi, c'était un privilège d'être là. Je suis vraiment reconnaissante d'avoir vécu ça.»

De retour à Québec, Julie a pris le temps et les moyens pour bien guérir son dos. Par la suite, elle a évolué chez les pros en Suisse et en France, où parallèlement au volley, elle a fait une maîtrise en relations de travail, en négociations et en organisation. Parlant de son expérience de volley, elle indique qu'elle en garde des sentiments partagés.

«Pour moi, le plaisir de s'entraîner était essentiel, et je n'ai pas retrouvé ça chez mes coéquipiers en Europe. Après deux ans, j'ai décidé d'arrêter de jouer. Le pro fut une réalité très différente mais agréable à aller voir.»

Parce que toute sa vie était définie par le volleyball, la grande athlète s'est remise en question et a vécu une déprime dans les mois qui ont suivi sa retraite. «Tu essaies de retrouver dans le travail l'endorphine que le sport t'apportait. Mais ça ne marche pas. Et quand tu arrêtes de t'entraîner, tes blessures reviennent parce que le tonus musculaire relâche. Mon mal de dos est revenu, mes articulations étaient plus douloureuses et mon épaule me faisait tellement mal que j'avais de la misère à lever le bras. Heureusement, mon emploi au Centre national multisports était challengeant.» 

Aujourd'hui coordonnatrice à la commission scolaire des Navigateurs depuis une dizaine d'années, Julie s'occupe des programmes arts, langues et sports qui regroupent les programmes sport-études et les concentrations sportives, artistiques et linguistiques dans lesquels 48 partenaires sont impliqués. «Je suis le lien entre tous les partenaires. Je fais de la coordination, du développement et la gestion des urgences au quotidien. Je n'arrête pas souvent.»

À l'aise et très heureuse dans ses fonctions, celle qui se destinait à être prof d'éducation physique, qui aimait enseigner, mais qui ne se voyait pas passer sa vie dans un gymnase, a aussi eu le plaisir, au cours des années, de renouer avec le sport de haut niveau en travaillant avec la mission du Québec aux Jeux du Canada et la mission du Canada aux Jeux de la francophonie. Des expériences qu'elle a beaucoup appréciées.

Avec une feuille de tout aussi bien remplie, Julie Rajotte a-t-elle aujourd'hui complètement confiance en ses moyens? «La femme que je suis devenue a confiance en elle. Mais elle se remet en question constamment, ça lui permet de continuer à grandir.»

Questions/réponses

Q Moment marquant? 

R La médaille que nous avons gagnée lors du Championnat universitaire canadien en 1998, une médaille de bronze à saveur d'or parce que personne ne pensait que nous allions nous rendre jusque là. À la fin du match, mes nerfs ont lâché et je me suis mise à pleurer. J'étais ébranlée. J'avais eu beaucoup de pression, on m'avait beaucoup visée et j'avais tout donné. 

Q Personnalité marquante?

R France Vigneault. Au niveau sportif, elle a été un mentor. Elle a cru en moi et elle a eu une vision à long terme jusqu'où je pourrais aller. Et au niveau professionnel, elle m'a référée pour des emplois.

Q Des idoles?

R Je n'étais pas quelqu'un qui avait des idoles. Mais Gino Brousseau et Guylaine Dumont ont été de beaux modèles. Mais parce que j'ai eu la chance de les côtoyer, de leur parler et de même de m'entraîner avec eux, ils n'ont jamais été des idoles comme peuvent l'être les gens que l'on voit juste à la télé.

Q Moment le plus difficile?

R Ma blessure au dos. En plus de m'empêcher de jouer au volley et de m'entraîner, elle m'a empêchée de vivre une vie normale au quotidien. Mais même si ç'a été long, j'ai fini par bien la soigner.

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