Une passion bien vivante pour Valérie Dionne

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Dix ans après avoir pris sa retraite du water-polo, Valérie Dionne, aujourd'hui policière, pratique toujours le sport. Elle est d'ailleurs toujours attachée aux Hydres de Sainte-Foy.

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(Québec) Il y a presque 10 ans jour pour jour, Valérie Dionne annonçait au personnel d'entraîneurs de l'équipe nationale de water-polo qu'elle quittait la formation. Une décision qui a mis fin à sa carrière de poloïste au niveau international, mais qui n'a pas altéré pour autant sa passion pour le sport qu'elle avait commencé à pratiquer alors qu'elle était toute jeune.

«Je n'ai jamais arrêté de jouer», lance la Fidéenne d'origine. «J'ai essayé de le faire cet automne. Je n'ai pas joué en septembre et en octobre. Mais je m'ennuyais énormément du water-polo et j'ai recommencé à jouer il y a deux semaines. Je me suis aussi impliquée en coachant et en arbitrant. Les Hydres de Sainte-Foy, c'est ma deuxième famille et la piscine Sylvie-Bernier, ma deuxième maison. Les plus vieux me connaissent depuis que je suis bébé. Et les plus jeunes me côtoient depuis qu'ils sont petits.»

Valérie mentionne ne plus être la seule à ressentir un grand sentiment d'appartenance pour les Hydres. Elle explique que le noyau de gens gravitant autour du club est toujours le même depuis des années. «À Québec, on n'est pas beaucoup à pratiquer le water-polo. Et il n'y a qu'un club. C'est une petite communauté et tout le monde se connaît. C'est peut-être pour ça que notre sentiment d'appartenance est aussi intense.»

Même si le water-polo a continué de faire partie de sa vie, Dionne a quand même eu un deuil à faire. «Ç'a été difficile de me dire que je n'étais pas avec l'équipe nationale et que les gens qui m'entouraient n'avaient pas les mêmes objectifs que moi. Qu'ils ne soient pas très compétitifs, c'est une chose. Mais pour moi qui étais disciplinée, c'était difficile d'accepter que certains arrivaient en retard aux entraînements ou qu'ils n'y venaient pas. Ç'a aussi été difficile de jouer des matchs avec des gens qui ne vouaient pas gagner autant que moi. Encore aujourd'hui, il faut parfois que je prenne une grande respiration et que je me dise que c'est comme ça dans le récréatif.»

Pas de déménagement

À son retour des championnats du monde de Chine, en 2006, Valérie Dionne avait décidé de s'entraîner à Québec, où elle voulait faire sa vie entourée des membres de sa famille, de son chum de l'époque et de ses amis. Elle y était aussi aux études. Mais les entraîneurs, insatisfaits de la qualité de ses entraînements, l'ont sommée de se joindre au centre national à Montréal, ce qu'elle a refusé de faire.

«Le jour où j'ai envoyé ma lettre de démission, j'ai aussi envoyé mon CV à la Ville de Québec. J'avais complété mes études en techniques policières et il y avait une ville où je voulais travailler, et c'était Québec.»

Elle explique que, plus jeune, elle rêvait d'être physiothérapeute. Mais ses cours de chimie et de physique en secondaire 5 lui ont clairement indiqué qu'elle n'était pas à sa place en sciences pures. Parallèlement, le travail de sa coéquipière Johanne Bégin, qui était policière, a piqué sa curiosité. Et à la fin de son secondaire, elle s'est inscrite au cégep en techniques policières.

«Aujourd'hui, quand il est question de blessures, de réhabilitation, etc., j'ai toujours de l'intérêt. Mais je ne regrette aucunement mon choix de carrière. Je suis super heureuse dans ce que je fais. Je profite de plein de beaux avantages. Et il y a un côté gang que j'adore. Je suis fière de travailler pour la Ville de Québec. C'est une belle ville sécuritaire.»

Confrontée quotidiennement à la misère humaine, la Fidéenne mentionne que celle-ci est beaucoup plus présente à Québec qu'elle se l'imaginait. S'ajoutent les drames auxquels elle doit parfois faire face. «On vit des choses rough, mais on peut toujours compter sur le soutien des membres de notre équipe. Pour pouvoir composer avec tout ça, je prends du recul. Quand la constable Valérie Dionne termine son quart de travail, elle n'apporte rien à la maison.»

Elle avoue aussi vivre des moments très gratifiants. Comme quand les enfants des quartiers où elle patrouille lui font des bye bye, ou quand un citoyen contacte le poste où elle travaille afin de vanter la qualité d'une de ses interventions. «J'ai même reçu des lettres de félicitations. Elles sont accrochées dans mon casier; ce sont mes trophées.»

Même si le water-polo et les forces de l'ordre sont des mondes à des milles de distance, Valérie Dionne est d'avis que sa carrière d'athlète l'a bien préparée pour sa carrière de policière. Elle y a appris l'anglais, développé son esprit d'équipe, appris l'importance de mener une vie saine et de conserver un certain niveau de forme, mais aussi de garder la tête froide peu importe la situation. 

Les années ont passé, mais Valérie Dionne a toujours le même goût de bouger, d'être en forme et de se dépasser. Boxe, soccer, course à pied, water-polo et vélo font partie des activités qu'elle pratique. «J'ai besoin de l'endorphine que m'apporte la pratique du sport. Et quand je fais quelque chose, j'ai de la misère à mettre la pédale douce. En vélo, je roule avec les gars. Et j'essaie quand même tout le temps d'être la meilleure.»

Questions/réponses

Q Moment déterminant?

R Les championnats du monde juniors présentés au PEPS, en 1995. J'avais 15 ans et j'étais officielle mineure. Stéphanie Lavoie-Tremblay, de Sainte-Foy, jouait dans l'équipe canadienne. Je l'ai suivie pendant toute la semaine. C'est là que j'ai su que je voulais être sur la formation nationale et qu'un jour, j'y serais. C'est après ça que ma carrière a vraiment pris une tangente.

Q Plus beau souvenir?

R Les championnats du monde de Montréal en 2005. L'équipe a bien performé et on a gagné la médaille de bronze. Toutes nos amies, toute notre famille étaient là. On a joué devant 5000 personnes, les estrades étaient pleines. C'était trippant.

Q Personnalité marquante?

R Johanne Bégin. Elle m'a prise sous son aile quand je suis arrivée avec l'équipe nationale. J'étais la plus jeune et Jo avait sa gang de vieilles. Elle m'a ouvert les portes et, grâce à elle, les filles m'ont acceptée et adoptée. Bien des gens dans l'équipe, dont l'entraîneur Michel Roy, disaient d'ailleurs qu'elle était ma grande soeur.

Q Ce qui te manque le plus?

R Les filles. Il y en a quelques-unes avec qui j'ai gardé contact; on ne se voit pas nécessairement souvent.  Mais quand on a une occasion de le faire, c'est comme si on s'était quittées la veille.

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