Simon Toupin: un boulot sur mesure

L'ex-porte-couleurs des Harfangs, Simon Toupin, est aujourd'hui gestionnaire... (Le Soleil, Patrice Laroche et Archives Le Soleil)

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L'ex-porte-couleurs des Harfangs, Simon Toupin, est aujourd'hui gestionnaire du conditionnement physique et du sport à la base de Valcartier.

Le Soleil, Patrice Laroche et Archives Le Soleil

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(Québec) CHRONIQUE / Gestionnaire du conditionnement physique et du sport à la base militaire de Valcartier depuis octobre 2011, l'ex-Harfang Simon Toupin n'adore pas seulement son travail. Il adore aussi son environnement qui, dit-il, colle parfaitement à sa personnalité.

«Je suis comme un poisson dans l'eau», lance le diplômé en enseignement de l'éducation physique. «J'ai toujours aimé l'encadrement, la structure et la hiérarchie. Et le respect, le travail d'équipe, l'esprit de corps et l'esprit de cohésion ont toujours été pour moi des valeurs importantes, des valeurs qui sont inculquées aux militaires. Je n'ai donc pas besoin de faire la discipline comme ça serait le cas si j'étais prof et mon quotidien m'apporte toutes sortes de nouveautés.»

Travaillant pour PSP (Programme de soutien au personnel), une entreprise civile, Toupin gère une équipe de 45 personnes qui voit à développer et à chapeauter tout ce qui touche les programmes de conditionnement physique et sportifs des militaires. Il siège aussi au sein du comité national des sports en tant que représentant des bases québécoises. Ce comité planifie l'organisation des 18 championnats militaires dans 14 disciplines qui sont présentés annuellement.

L'ex-Harfangs était revenu à ses anciennes amours lorsqu'il était devenu gestionnaire avec la firme PSP sur la base de Valcartier en 2011. Entre 1997 et 2005, il y avait travaillé en tant que moniteur au conditionnement physique, coordonnateur adjoint à l'entraînement et même coordonnateur. Mais à cause de son jeune âge, ses chances d'avancement étaient inexistantes. Et il avait décidé de relever de nouveaux défis ailleurs. 

Membre de l'édition des Gouverneurs de Sainte-Foy classée pour la Coupe Air Canada de 1989, Toupin a été repêché par les Tigres de Victoriaville. Il a cependant tourné le dos à la LHJMQ pour aller jouer avec les Hawks de Hawkesbury (CJHL) dirigés par Bob Hartley. «Je voulais poursuivre dans une université américaine. Mais Bob et moi n'étions pas sur la même longueur d'onde. Après une saison, je suis allé à Victo. Mes parents avaient cependant imposé des conditions très sévères aux Tigres au niveau des études. Pour mon père, c'était très important que parallèlement au hockey, je puisse aller à l'école.»

Le séjour du Fidéen à Victo a été de courte durée. En novembre 1990, il a été échangé aux Harfangs de Beauport où il a amassé 17 points, dont six buts. L'année suivante, il a totalisé 91 points dont 45 buts et il a remporté le trophée Guy-Lafleur remis au joueur-étudiant par excellence. Cette campagne s'est cependant déroulée en montagnes russes du côté des émotions.

Émotions à fleur de peau

«Mon père a appris qu'il souffrait d'une maladie incurable. C'était mon plus grand supporteur, mon plus grand ami. Il me suivait partout. Il est décédé au mois d'avril. Ç'a été rough. Mais je suis ressorti plus fort de tout ça. J'ai constaté que malgré les difficultés, j'étais capable de repousser mes limites et de tenir le cap.»

Toupin mentionne qu'il avait retiré une grande fierté de sa nomination au titre de joueur-étudiant par excellence, fierté partagée par son père et sa mère. Il ajoute que cette conquête avait probablement été aussi satisfaisante que d'avoir gagné le championnat des marqueurs.

«Chez nous, l'éducation avait toujours été quelque chose de primordial. C'était dans nos valeurs, notre culture. Mon père m'a toujours dit qu'il fallait que j'aie le plus d'outils possible dans mon coffre afin d'avoir le plus de portes à débarrer devant moi. Étudier et jouer au hockey n'a cependant pas toujours été évident. Ça demandait beaucoup de discipline, de maturité et un excellent support de mes parents.»

Ignoré à sa première année d'admissibilité au repêchage de la LNH, Toupin l'a aussi été à sa deuxième. Et son objectif d'être invité à un camp pro s'est évanoui quand il n'a pas connu une campagne à la hauteur des attentes lors de sa saison à titre de joueur de 20 ans.

«Ça ne s'est pas terminé comme je le souhaitais dans le junior majeur. J'ai donc choisi d'aller jouer au niveau universitaire où j'avais reçu 11 offres des quatre coins du Canada. J'ai choisi les Patriotes de l'UQTR. C'était un excellent programme. Et je voulais demeurer près de ma mère qui était seule. Mais après une saison et demie, j'ai arrêté de jouer. Je n'avais plus la flamme.»

Toupin n'est pas demeuré loin de la patinoire bien longtemps. Il a d'abord arbitré et il a même frappé aux portes de la LHJMQ. Cette carrière de 10 ans s'est arrêtée quand il a commencé à coacher son fils qu'il a dirigé pendant cinq saisons. «Aujourd'hui, je suis assis dans les estrades à boire mon café pendant que j'assiste aux matchs de mon fils. 

«Ce qui me manque du hockey, c'est de me retrouver en gang et la camaraderie. L'arbitrage me manque aussi. Il m'a permis de rester connecté au hockey et de joindre l'utile à l'agréable. Voire à la discipline et maintenir l'ordre, c'était un volet du travail qui m'attirait. Et c'était une belle occasion pour moi de redonner pour ce que j'avais reçu.»

Questions/réponses

Q Plus beaux moments? 

R Quand on s'est classés pour la Coupe Air Canada. J'avais marqué le but gagnant en troisième prolongation contre les Cantonniers de Magog. Et quand j'ai été élu joueur-étudiant de la LHJMQ. Ils m'ont remis une bague. Je n'ai pas de bague de la Coupe Stanley mais j'ai une bague de ça. 

Q Des idoles?

R Mario Lemieux. J'ai toujours aimé les joueurs qui pouvaient changer l'allure d'un match et rendre les autres meilleurs. Il était électrisant au possible. Joe Sakic a aussi été une inspiration. 

Q Des regrets?

R J'aurais souhaité être invité à un camp pro et que l'on me permette de me mesurer aux meilleurs. Avec le talent et le potentiel que j'avais, ça ne se peut pas que je n'aurais pas été capable de recevoir une passe, de marquer un but ou de faire un beau jeu. C'est un regret, mais ce n'était pas un must. Je pense avoir eu une belle carrière et j'en suis fier.

Q Dans 20 ans? 

R Je vais être rendu proche de ma retraite. Mes enfants vont être élevés. Parce que je fais attention à moi au niveau de la santé et que je peux m'entraîner à tous les jours, je me vois avec une belle retraite. Mais comme j'ai un travail que j'adore avec de belles conditions, je me vois le faire pendant encore 15, 20 ans.

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