Fernand «Butch» Houle: une vie remplie après le hockey

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À 87 ans, Fernand Houle a eu une vie bien remplie. Son passage dans le hockey lui aura permis de jouer aux côtés de Gordie Howe et de Sid Able.

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(Québec) Recruté par les Red Wings de Detroit alors qu'il était âgé de 18 ans et par la suite pilier défensif des As de Québec pendant quatre campagnes au début des années 50, Fernand «Butch» Houle n'a jamais eu la chance de jouer dans la Ligue nationale. Mais l'ex-numéro 19 des As n'a pas de regrets. Et il est d'avis que le hockey a joué un rôle déterminant dans ce qu'il est ensuite devenu.

«Si je n'avais pas joué au hockey, il y a bien des portes qui ne se seraient pas ouvertes», lance l'ex-hockeyeur aujourd'hui âgé de 87 ans. «Les gens me connaissaient. Ça me facilitait les choses car quand je leur téléphonais, ils acceptaient de me parler. Et si j'avais quelque chose à leur vendre, je leur vendais. Dans le temps, Québec, ce n'était pas gros comme aujourd'hui. Alors connexion ici, connexion là, j'ai fait mon chemin.»

Fernand Houle a eu une vie bien remplie. Ayant étudié dans le domaine de l'assurance parallèlement à sa carrière de hockeyeur, il a lancé sa première entreprise avant même d'avoir accroché ses patins. C'est d'ailleurs pour se consacrer à celle-ci à temps plein qu'il a tourné la page sur le hockey.

«J'ai eu à choisir entre ma carrière de hockeyeur et mon bureau d'assurances. À l'époque, il n'y avait que six clubs dans la LNH. Et les salaires n'étaient pas bien élevés. Comme j'aimais beaucoup le domaine de l'assurance, mon choix a été assez facile à faire.

«L'ouvrage, ça ne me cassait pas la tête. J'ai travaillé sept jours par semaine. Et ça m'a rapporté. Mon bureau a grossi rapidement. Je suis cependant demeuré associé au hockey, étant entraîneur des As juniors de Gérard Martineau. Les Red Wings m'ont offert d'aller coacher à Indianapolis. Mais ça ne m'a pas intéressé car en plus de mon bureau d'assurance, j'étais devenu propriétaire du club de tennis Belvédère.»

Après avoir vendu son entreprise à une compagnie américaine, Fernand Houle s'est associé à six autres hommes d'affaires et il a fondé, en 1964, la chaîne d'hôtels Auberge des Gouverneurs qu'il a aussi dirigée. L'homme marié et père de quatre enfants s'est ensuite impliqué en politique où il a fait équipe avec sa femme Paule Delage. Il a été échevin à Sainte-Foy, a travaillé pour des députés locaux et il a été très près de plusieurs premiers ministres.

Avec les plus grands

Originaire de la haute ville, M. Houle a joué les dernières années de son hockey mineur à Limoilou. C'est là que le solide et robuste défenseur, à qui on avait donné le surnom de «Butch», un clin d'oeil à Émile «Butch» Bouchard, un joueur qu'il admirait et dont le style de jeu lui avait servi d'inspiration, s'est fait remarquer par l'organisation des Red Wings, qui l'ont envoyé dans leur club junior à Windsor (1947). Victime d'une fracture au poignet, il est revenu au jeu pour terminer la campagne avec le Detroit Bright's Goodyears de la Ligue internationale. Par la suite, il a évolué une saison à Québec et deux à New Westminster puis trois autres avec les As à compter de 1952.

Même s'il n'a jamais joué dans la Ligue nationale, Fernand «Butch» Houle peut se vanter d'avoir côtoyé plusieurs des grands joueurs de son époque. Lors de son passage avec les Spitfires de Windsor, il a joué aux côtés de Gordie Howe et de Sid Able.

«Dans ce temps-là, ce sont tous les joueurs de l'organisation qui participaient au camp d'entraînement, même les juniors. Tout le monde pratiquait et jouait ensemble. Ça m'a permis de développer des amitiés avec plusieurs gars dont Gordie Howe et Sid Able, qui m'a beaucoup aidé quand j'ai joué dans le junior majeur. Et chaque fois que l'un ou l'autre venait à Québec, il me téléphonait et je m'occupais de lui organiser son séjour.»

Son passage avec les As a aussi été marqué de rencontres mémorables. À commencer par celle de Jean Béliveau avec qui il a joué en 1952-1953 et qui est devenu un excellent ami. «Un grand monsieur, une très bonne personne, un homme tellement simple, bon, très intelligent et très généreux. Et tout un joueur de hockey. J'ai eu beaucoup de peine quand il est parti. Il m'a montré ce que c'était la mort. À la fin, il savait qu'il s'en allait. Mais il ne s'est jamais plaint.»

M. Houle, qui a aussi joué avec les Jean-Guy Gendron, Jean-Guy Talbot, Camille Henry et Alger Arbour, n'a presque pas le choix que de se remémorer tous les jours sa carrière de hockeyeur car de son appartement, il a une vue privilégiée sur le Centre Vidéotron et le Colisée qu'il a inauguré alors que les estrades n'étaient pas encore installées. Est-il nostalgique de ses années de hockeyeur?

«Non. Il faut accepter que l'on vieillit. Ça fait partie de la vie. J'ai été chanceux. J'ai grandi dans un environnement extraordinaire. Papa était un maniaque de hockey. Et ma mère aimait le hockey. Ça m'a aidé. Par la suite, j'ai eu des coéquipiers hors de l'ordinaire et des entraîneurs qui m'ont beaucoup appris.

«J'ai été extrêmement chanceux dans ma vie et je le suis toujours. Je suis pas pire en santé et je suis encore avec l'amour de ma vie que j'ai épousée il y a maintenant 65 ans.»

Questions/réponses

Q Plus belle leçon apprise? 

R Tu ne gagnes rien si tu ne travailles pas. Tu dois travailler très fort et tout le temps. Tu ne peux pas arrêter parce que tout le monde autour de toi est bon. Et si tu ne te bats pas, les autres vont te dépasser. Ça m'a beaucoup servi par la suite dans tout ce que j'ai fait.

Q Plus grand joueur côyoyé?

R Gordie Howe. Le plus parfait à tous les points de vue. Il avait un excellent coup de patin et une force herculéenne. Il était très difficile à tasser et il ne se laissait pas faire. Et il déjouait des deux côtés.

Q Le meilleur entraîneur?

R Punch Imlach. Le meilleur en offensive, en défensive et en planification. Un gars extraordinaire, intelligent et humble. Il avait le langage du hockey et il savait mettre les gars en confiance. Mais si ça faisait pas, il te le disait aussi.

Q Plus grande richesse? 

R Paule, mon épouse. Si elle n'avait pas été là, il y a bien des choses que je n'aurais pas fait. Elle avait un très bon jugement. Elle m'a beaucoup aidé à prendre les bonnes décisions. On a toujours travaillé ensemble.

Q Plus grande qualité? 

R J'étais un bon manieur de bâton. Comme défenseur, quand je me lançais en attaque, je pouvais déjouer deux gars avant de faire une passe. J'avais aussi un très bon coup de patin, par en avant mais aussi par en arrière.

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