Un texte prophétique pour Jean-Philippe Lanthier

L'ancien demi de coin du Rouge et Or... (Infographie Le Soleil)

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L'ancien demi de coin du Rouge et Or de l'Université Laval Jean-Philippe Lanthier s'est lancé à son compte en droit criminel en mai dernier.

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(Québec) En novembre 2004, Jean-Philippe Lanthier faisait la une du cahier des sports du Soleil en compagnie de Jean-Philippe Abraham et Matthieu Proulx. Les trois membres de la défensive du Rouge et Or, tous étudiants en droit, y étaient en vedette dans un reportage intitulé les «Avocats de la défense». Un papier aux allures de prophétie pour l'ex-numéro 2 qui, en mai dernier, s'est lancé à son compte en droit criminel.

«Ça fait drôle de penser que je suis rendu avocat de la défense pour vrai, lance Lanthier. À l'époque, "les avocats de la défense", c'était quelque chose que l'on avait parti à l'interne. Nous étions "la Firme". C'était plus symbolique qu'autre chose. Ça nous permettait d'avoir du plaisir lors des entraînements. Je ne savais cependant pas si j'étais destiné à faire ça. Je réalise aujourd'hui que je suis dans mon domaine. Défendre des gens, ça fitte tout à fait avec moi.»

Lanthier a fait un grand détour avant de trouver sa destinée. Après avoir terminé son Barreau, il a d'abord travaillé comme avocat au civil. Il s'est ensuite laissé guider par sa passion pour le football et il a accepté de diriger le programme de foot du Petit Séminaire de Québec. Puis au lendemain de la campagne 2011, il s'est vu offrir la chance d'aller travailler comme procureur de la Couronne. Il a dû faire un choix déchirant.

«J'adorais ma job au Petit Séminaire. J'aimais mes joueurs, mes patrons, l'ambiance. Mais je voulais voir si le droit était fait pour moi. Et c'était ma chance d'aller en criminel. J'ai accepté un contrat de quatre mois. J'ai finalement été quatre ans et demi procureur de la Couronne. En mai, j'ai décidé d'aller à la défense. Être plus proche de la personne et aider les gens, c'est quelque chose qui m'avait toujours intéressé. Aujourd'hui, je travaille en collaboration avec Me Rachel Gagnon et Me Charles Levasseur.»

Pour l'ex-numéro 2, il existe de nombreuses similitudes entre son rôle de demi-défensif et son travail d'avocat de la défense. À l'époque, il décortiquait les attaques rivales. Aujourd'hui, il décortique le dossier de ses clients. Dans les deux cas, le but est le même : trouver les points faibles de l'autre afin d'élaborer une stratégie qui lui permettra de s'imposer et de gagner sa cause. «Toutes les qualités développées au football me servent. Je suis aussi passionné de droit que je l'étais de football.»

En tant qu'avocat de la défense, Lanthier est-il prêt à plaider toutes les causes? Non. Il avoue qu'il refuserait celles dans lesquelles il serait impliqué émotionnellement parlant. «Si une cause vient te chercher, automatiquement, tu n'es pas un bon avocat pour t'en occuper.»

Décision la plus importante

Montréalais d'origine, Lanthier a pris la décision la plus importante de sa carrière quand il a accepté de déménager dans la Vieille Capitale afin de jouer avec le Rouge et Or. «Ça n'a été que du positif pour moi. J'ai eu une très belle carrière, j'ai gagné deux Coupes Vanier, je me suis fait des amis incroyables et j'ai rencontré ma femme. Après toutes ces années, je demeure toujours à Québec.»

Lanthier se rappelle très bien ses débuts avec le Rouge et Or en 2001. Il avait dû remplacer Pascal Masson, victime de crampes, en fin de rencontre d'un match face aux Stingers. Il avait d'abord rabattu la première passe lancée en direction du joueur qu'il couvrait, puis il avait réussi une interception. Deux jeux qui lui avaient permis de gagner la confiance de Glen Constantin et de jouer régulièrement par la suite. «C'est une fierté pour moi de dire j'ai eu une belle carrière même si je ne mesurais que 5'9'' et demi et que je ne pesais que 175 livres.»

Victime de blessures aux chevilles ayant nécessité des opérations, l'ex-numéro 2 avait fait le deuil d'une carrière chez les pros quand, au lendemain de la défaite du R et O en demi-finale canadienne en 2005, Glen Constantin l'a contacté pour lui dire qu'il pourrait lui avoir un essai avec les Alouettes. Il a décliné l'offre. «Physiquement, j'étais brûlé. Je ne me sentais pas capable d'y aller. J'avais l'impression de m'être rendu au bout de ce que j'avais. Je préférais me concentrer sur mes études.

«La transition a quand même été difficile. J'avais joué au football pendant 18 ans. Et du jour au lendemain, c'était fini. Comme personne, ce qui me manquait le plus, c'était la compétition, jouer au football. Et comme athlète, c'était de sentir qu'il y avait des milliers de personnes derrière moi. C'est incroyable l'énergie que ça m'apportait. Si on me donnait la chance, je reviendrais jouer un match n'importe quand.»

Aujourd'hui, Lanthier retrouve une partie de l'adrénaline que lui apportait un match de football lorsqu'il plaide devant un juge. À un moindre niveau, il la ressent aussi quand il pratique le golf, sa nouvelle passion, où il a découvert le plaisir d'être en compétition avec lui-même. «Chaque fois que tu vas au golf, tu peux t'améliorer. J'aime jouer mais j'aime aussi beaucoup pratiquer. Le golf me permet de me détendre. J'adore être dans la nature.»

Questions/réponses

Q Moments marquants? 

R La passe lancée dans la zone des buts que j'ai fait dévier du bout du doigt alors qu'il restait quelques secondes à faire à la demi-finale canadienne de 2003 contre les Marauders (voir la vidéo). Un jeu qui nous a permis d'aller à la Coupe Vanier. Je me dis que mon père, décédé alors que j'étais jeune, m'a alors donné le petit coup de pouce qui m'a permis de toucher au ballon. Et ma première Coupe Vanier, que nous avons gagnée la semaine suivante. 

Q Personnalité marquante?

R Denis Touchette, mon coach au Collège Notre-Dame. Il m'a donné le goût d'aller plus loin, m'a bien guidé et m'a donné de bonnes habitudes de travail. Glen (Constantin) et Marc (Fortier) m'ont aussi marqué. Marc, alors coach des demis défensifs, a eu un impact majeur sur ma carrière.

Q Une déception? 

R Mon dernier match en carrière en 2005. On a perdu la demi-finale canadienne face aux Huskies de la Saskatchewan sur le dernier jeu du match. Cette année-là, on tentait de gagner une troisième Coupe Vanier d'affilée. Finir une carrière comme ça a été très difficile.

Q Idole de jeunesse? 

R Deion Sanders. Je pense qu'il a été le plus grand corner [demi de coin] de l'histoire de la Ligue nationale de football.

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