Lucie LaRoche revient aux sources

L'ancienne championne de ski alpin Lucie LaRoche est... (Infographie Le Soleil)

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L'ancienne championne de ski alpin Lucie LaRoche est de retour dans son patelin d'origine, Lac-Beauport, après avoir passé une vingtaine d'années à Toronto.

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(Québec) Résidant depuis 20 ans à Toronto, Lucie LaRoche a décidé, au début de l'été, de revenir à Lac-Beauport. Une décision qu'elle mûrissait depuis quelques années et qui lui a permis de retrouver l'environnement dans lequel elle avait grandi.

«J'étais en train de mourir là-bas», lance l'ex-porte-couleurs de l'équipe canadienne de ski alpin. «Je vivais comme dans une tornade et j'étais quasiment rendue malade à cause de l'anxiété et du stress. J'avais le goût d'avoir une vie simple, de vivre dans la paix et la tranquillité. J'avais aussi besoin de revoir ma mère et de passer du temps avec elle. Mes enfants avaient grandi, c'était le temps. Il fallait que je revienne à mes sources parce que les racines, c'est la santé.»

C'est avec plein de projets en tête que Lucie est arrivée à Lac-Beauport. Déjà propriétaire de deux entreprises, dont Lucie Advertising/Les publicités Lucie, qu'elle a lancée en 1989 parallèlement à sa carrière de skieuse, l'ex-championne a décidé de retourner aux études. Car même si elle avait acquis beaucoup d'expérience en entrepreneuriat, en comptabilité et en administration, elle n'avait pas le diplôme lui permettant de répondre aux exigences scolaires des postes qu'elle pourrait convoiter.

«Au début, le futur me faisait peur. Je recommençais ma vie et j'amorçais une nouvelle carrière à presque 50 ans, un âge où les gens commencent à parler de retraite. Mais cette crainte ne m'a pas empêchée de foncer. Rapidement, je me suis aperçue que j'étais bien entourée par les membres de ma famille et des gens proches de celle-ci. Et cette crainte a diminué de jour en jour.

«Je ne sais pas encore dans quel domaine je vais aller travailler une fois mon certificat terminé. J'ai beaucoup d'énergie à donner et je suis encore très dynamique. Une chose est sûre, je vais opter pour un emploi qui m'offrira beaucoup de flexibilité. J'aimerais demeurer dans le domaine du sport. J'aime la qualité et la mentalité des gens que l'on y retrouve.»

Difficile fin de carrière

C'est en 1993, alors qu'elle connaissait ses années les plus fastes sur le circuit de la Coupe du monde, que Lucie a dû, à cause de blessures aux genoux, mettre fin à sa carrière. A suivi une période très difficile pendant laquelle elle a dû retrouver son identité perdue.

«Une journée, tu es sur la montagne et tu es championne et le lendemain, tu n'es plus rien. Et il n'y avait pas de préparation pour ça. La transition n'était pas vraiment couverte et supportée. Et tant qu'athlète de haut niveau, j'avais un peu honte de dire : "Ça ne va pas" et de consulter.

«Mais chez les LaRoche, on a toujours eu comme principe de regarder en avant. Quand ça ne marche pas, on se réorganise. Je suis passée au travers, j'ai eu une super belle famille et j'ai élevé trois enfants qui m'ont gardée très occupée. J'ai été choyée d'être capable de travailler de la maison, ce qui m'a permis de demeurer avec eux et de les élever en québécois.»

Presque 25 ans après avoir accroché ses skis, Lucie indique qu'elle ne retient que les beaux souvenirs de sa carrière, comme ses participations aux Jeux de Calgary et d'Albertville, ses médailles en Coupe du monde, ses victoires au niveau nord-américain et national, ses voyages et les gens qu'elle a rencontrés. Elle dit cependant regretter de ne pas avoir, comme ses frères l'ont fait, créé des liens plus forts avec ses rivales du circuit mondial. «J'étais trop concentrée sur les compétitions. Peut-être que Facebook me donnera l'occasion de retrouver mes amies de ski.»

Très active malgré les sérieuses blessures qu'elle a subies au cours de sa carrière, la Québécoise indique qu'elle a cependant dû s'adapter et choisir des activités qui lui permettraient de ménager ses genoux.

«Je n'ai jamais eu l'impression de me mettre des limites ou d'en faire moins. Pour moi, c'était de faire différemment. Je fais du patin à roulettes ou du vélo au lieu de faire de la course à pied. Au tennis, je joue en double plutôt qu'en simple. Et au golf, je joue mon deuxième neuf en cart. C'est juste ça. Quand on m'a remplacé le genou 1986, on m'avait dit que je serais bonne pour 20 ans. On est en 2016 et je n'ai pas de problème.»

Depuis son retour à Lac-Beauport, l'ex-championne n'est pas passée inaperçue. Non seulement les gens la reconnaissent mais ils sont unanimes pour lui dire qu'elle n'a pas changé. Et signe qu'ils sont nombreux à ne pas l'avoir oubliée, elle a récemment reçu une lettre d'un fan autrichien qui, ne sachant pas où elle demeurait, l'avait postée au centre de ski Le Relais. «Tout ça fait énormément plaisir.»

En attendant, Lucie ne cache pas qu'elle a bien hâte de recommencer à skier, une activité qu'elle n'a pas pratiquée depuis quelques années. «J'ai hâte d'aller faire une journée au mont Sainte-Anne ou au Relais avec mes amis ou ma famille. Ce que j'ai hâte de retrouver, ce n'est pas la descente. C'est la camaraderie, le plaisir d'aller faire, par exemple, trois ou quatre descentes avec mes frères et d'en profiter ensemble. C'est ça qui me manque du ski.»

Questions/réponses

Q Fait marquant?

R La marche dans le Stade olympique lors des Jeux de Calgary. Émotivement parlant, représenter son pays aux Jeux olympiques dans son pays, c'est le top. Et ma première médaille en Coupe du monde (1990).

Q Personnalité marquante?

R Mon frère Yves. De le voir s'en sortir après avoir été dans un coma profond et ensuite de le voir vouloir marcher et parler et de voir comment lui, il travaillait et comment il s'appliquait, ç'a été un exemple pour moi. Ça m'a permis de vivre une croissance personnelle. Par la suite, j'ai connu mes meilleures saisons en Coupe du monde.

Q Plus grande déception?

R De ne pas avoir eu la chance de retourner compétitionner après mes dernières blessures. Mentalement, j'avais une maturité pour aller gagner beaucoup plus que ce que j'avais fait jusque-là.  Mais physiquement, c'était fini. 

Q Plus beau souvenir?

R La tranquillité des sommets que j'ai visités un peu partout dans le monde et la beauté de la nature que l'on voit tout autour. La montagne me parle. 

Q Plus grandes qualités?

R J'ai justement posé la question à ma fille cet été. Elle m'a répondu : ma spontanéité et ma personnalité.

Q Endroit qui est allé le plus te chercher?

R Le sommet de la Grande Motte, en France, qui surplombe le plus grand territoire skiable au monde. La Grande Motte, Tignes, Val-d'Isère, en hiver, c'est le paradis.

Q Dans 20 ans?

R Je me vois près de la nature, en santé j'espère, entourée de gens positifs. Je me vois grand-mère. J'ai hâte de partager avec mes petits-enfants ce que j'ai donné à mes enfants et de leur transmettre mes passions.

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