Caroline Vachon: l'athlétisme comme outil

Caroline Vachon n'a pas totalement tourné le dos... (Infographie Le Soleil)

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Caroline Vachon n'a pas totalement tourné le dos à l'athlétisme. Elle utilise ses acquis dans sa nouvelle carrière d'enseignante en adaptation scolaire.

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(Québec) Une vingtaine d'années après avoir accroché ses crampons, Caroline Vachon profite toujours de ce que l'athlétisme lui a apporté. Bien sûr, les qualités qu'elle y a développées lui sont fort utiles. Mais il y a plus. Son passé lui sert d'outil dans sa carrière d'enseignante en adaptation scolaire au primaire à Charlesbourg.

«Il est souvent question de ma carrière en athlétisme avec mes élèves quand je leur parle de défis, d'efforts, de travail...» lance l'ex-porte-couleurs du Rouge et Or. «L'athlétisme me sert aussi de façon plus concrète quand j'enseigne. Par exemple, quand je parle des dixièmes et des centièmes. Je montre aux jeunes des courses et je leur dis : "Écoutez, si au 100 m on s'arrêtait aux secondes, les trois premiers auraient un temps de neuf secondes et les cinq autres, qui sont dans les 10 secondes, seraient deuxièmes. Ça en ferait, du monde sur le podium! C'est pour ça qu'il y a les dixièmes les centièmes de seconde." L'école, pour nos petits gars, ce n'est pas toujours très motivant. Je sens que ça les accroche quand j'utilise des exemples sportifs.»

Toujours passionnée d'athlétisme, Caroline Vachon l'est autant pour sa carrière d'enseignante. Au plus profond de son âme, elle a toujours eu la vocation pour l'enseignement. «Plus jeune, si je finissais un travail avant les autres et qu'une prof me disait : "Caro, voudrais-tu aider un élève?", c'était un cadeau. J'adorais expliquer. Et ça ne me dérangera pas de répéter. J'avais le souci que l'autre apprenne. D'autres fois, quand j'écoutais l'enseignante expliquer une notion, je me disais : "Moi, je l'expliquerais comme ça." J'adore la clientèle des jeunes qui ont des difficultés. J'essaie de faire en sorte que les élèves se sentent bien dans ma classe, qu'il y ait un beau climat. Je me dis qu'à la base, c'est ce qui fait qu'ils vont avoir le goût de venir à l'école.»

Un choix déchirant

Caroline s'est initiée à l'athlétisme à l'âge de 12 ans. Joueuse de soccer, elle se distinguait par sa rapidité. Après avoir vu un sprint à la télé, elle a dit à sa mère qu'elle aimerait pratiquer cette discipline. Comme il n'y avait pas de club d'athlétisme à Beauport, sa mère a téléphoné au Rouge et Or et a parlé à l'entraîneuse-chef Josée Laforte. «Elle lui a simplement dit : "Ma fille court vite."»

Dirigée vers un club à Sainte-Foy, Caroline, alors benjamine, a donné raison à sa mère en réalisant sur 50 m, lors d'une compétition disputée à l'intérieur, un chrono comparable à celui des meilleures juniors. Elle a alors été invitée à s'entraîner une fois par semaine avec le R et O. «Je n'avais que 12 ans et je me retrouvais avec des grands. Mais ils étaient accueillants et les coachs prenaient soin de moi. Je me sentais bien dans cet environnement-là.»

C'est lors d'une compétition extérieure disputée à Sherbrooke quelques mois plus tard que la Beauportoise est finalement entrée dans la famille du Rouge et Or. Elle a réalisé au 100 m son standard pour le canadien junior. «J'ai commencé avec le 100 m. Plus tard, on a ajouté le saut en longueur parce que j'avais de l'impulsion, puis les haies. Et quand il y avait des relais, j'étais sur l'équipe du 4 X 100m.

Elle ne garde que d'excellents souvenirs de son passage avec le Rouge et Or; elle s'y est fait de nombreuses amies. Et au niveau sportif, la présence de coéquipières très performantes fut pour elle très stimulante : «Il n'y avait pas de rivalités malsaines parce qu'on avait chacune nos spécialités.»

Caroline Vachon a pris sa retraite en 1997, quand elle a obtenu un emploi à temps plein en éducation. «J'ai dû prendre une décision difficile. J'étais qualifiée pour les Jeux de la francophonie de Madagascar qui avaient lieu en septembre. Devais-je aller voir mon nouvel employeur pour lui dire que je ne serais pas là pour la rentrée scolaire? J'ai décidé d'y aller avec mon emploi parce que je revenais d'une blessure et que je n'étais pas à mon top. J'étais en paix avec ma décision. Comme j'avais un nouveau défi très stimulant, ma transition s'est faite assez facilement. Mais, à l'occasion, j'ai dû vivre de petites périodes de nostalgie.»

Même si elle n'a jamais réalisé son rêve de prendre part aux JO, la Beauportoise se dit très satisfaite de sa carrière. Mais parce qu'elle a pris sa retraite à 22 ans et qu'en sprint, les femmes performent jusqu'à 30 ans, elle se demande parfois où elle se serait rendue si elle avait décidé de poursuivre sa carrière et d'y consacrer tout son temps. «Ce n'est pas un regret. Quand j'y pense, je ne ressens pas de tristesse. C'est juste un questionnement.»

Elle dit que ce fut difficile pour elle de se trouver une nouvelle passion sur le plan sportif; elle a opté pour 5 km, et même des 10, sauf qu'elle a dû revoir ses objectifs. «Quand tu es habituée de performer ou de gagner, bien des fois, tu dois te parler. Et ce n'est pas naturel au début [rires]. Mais j'ai l'impression que j'ai tellement été dans la compétition que j'ai assouvi mon besoin de performance au niveau sportif. Je peux me présenter à une course avec l'idée de faire de mon mieux.»

Questions/réponses

Q Moment marquant?

R Ma course à Sherbrooke, où j'ai réalisé un record provincial au 60 m. J'ai eu comme une autre vitesse. C'est un feeling que j'ai beaucoup aimé.

Q Compétition marquante?

R Les Jeux de la francophonie à Paris, ma première compétition internationale. Le voyage, la cérémonie d'ouverture, etc., ça m'avait bien impressionnée. Et d'un point de vue sportif, j'avais assez bien performé au saut en longueur. 

Q Plus grande déception?

R Le relais des Jeux du Canada à Kamloops. J'étais troisième relayeuse et Sonia Paquet, quatrième. Et ça allait. On montait sur le podium. On a raté notre échange. Je ne pourrais pas dire c'est la faute de qui. En plus de la déception de ne pas avoir une médaille, j'avais aussi un peu le poids de l'équipe sur moi.

Q Ce qui te manque le moins? 

Quand, à la suite d'une performance insatisfaisante, tu n'arrêtes pas de te demander pourquoi et de chercher les raisons. Toutes ces idées-là qui me trottaient dans la tête, ça me grugeait.

Q Des idoles?

Je n'avais pas d'idoles, mais j'avais beaucoup d'admiration pour Simone Lemieux, une fille très forte physiquement qui allait au bout de ses capacités, qui savait surmonter les moments difficiles, qui analysait bien ses performances et qui avait une bonne écoute.

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