Pascal Robitaille: page difficile à tourner

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Aujourd'hui spécialisé dans le sauvetage nautique et le sauvetage sur glace, l'ex-Rouge et Or Pascal Robitaille est instructeur au Service des incendies.

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(Québec) Passionné de football jusqu'au plus profond de son âme, l'ex-Rouge et Or Pascal Robitaille l'avoue sans détour: tourner la page sur sa carrière de footballeur ne s'est pas fait en claquant des doigts.

«Ce fut très difficile de dire: "c'est fini"», explique Robitaille, aujourd'hui pompier au Service des incendies de la Ville de Montréal. «Au point que quand ma carrière universitaire s'est terminée, j'ai continué à jouer pendant 13 ans dans des ligues seniors. C'est à l'âge de 38 ans que j'ai dit: "c'est assez". Mais ça ne voulait pas dire que c'était pour moi la fin de ma passion.»

L'ex-receveur de passes explique que c'est son corps qui lui avait envoyé des signaux qu'il était temps qu'il arrête. Aux prises avec des petits bobos et conscient qu'il risquait davantage de se blesser, il était de plus en plus craintif sur le terrain. Et il n'aimait pas le joueur qu'il devenait. Finalement, c'était devenu très exigeant pour lui de monopoliser des fins de semaine au complet. 

«J'avais déjà songé à accrocher mes crampons, mais je n'avais pu m'empêcher de me les remettre dans les pieds. Le coup de grâce a été lorsque je me suis fracturé un doigt et que je n'ai pu travailler pendant cinq mois. C'est là que j'ai décidé de me concentrer sur mon travail et ma famille.»

Membre de la première édition du Rouge et Or en 1996, Robitaille avait choisi de se joindre à la formation pour le défi que représentaient la perspective de faire partie d'un nouveau programme et l'opportunité qu'il aurait de s'y tailler un poste rapidement. Mais à son arrivée avec l'équipe, il fut un joueur parmi les autres.

«On m'avait donné le chandail numéro 69, un chandail de joueur de ligne XXXL que j'avais dû resserrer avec des ficelles. Je n'étais pas un gars qui était extrêmement talentueux, mais j'étais persévérant et déterminé. Je n'avais pas été habillé lors du premier match et c'est du long des lignes que j'avais vu mon frère Carl-Éric réussir une interception qu'il avait ramenée sur 25 verges pour marquer le premier touché officiel du Rouge et Or. La semaine suivante, je m'étais donné corps et âme à l'entraînement et j'avais joué contre Carleton.»

Partant à compter de l'affrontement contre les Ravens, Robitaille fut le meilleur receveur de passes en 1999 avec 32 réceptions pour 471 verges. Lors du match de la Coupe Vanier, il a capté quatre passes pour 114 verges dans le gain des siens contre St-Mary's. «Une victoire qui m'a fait oublier toutes les défaites subies au collégial dans les matchs du Bol d'Or. Et quand je pense à mes années passées à Laval, je n'en retiens que du bonheur.»

L'après Rouge et Or

Détenteur de certificats en science de l'enseignement, en science de l'éducation, en informatique et en administration, Robitaille a d'abord travaillé avec son frère Carl-Éric dans une boîte informatique montréalaise. Au printemps 2000, il a pris part à un camp «invitation» des Alouettes, une journée au cours de laquelle il a attiré l'attention, mais pas suffisamment pour se faire offrir un contrat pro.

«Je n'avais pas de grandes attentes. Mais je suis content de l'avoir fait. J'y suis allé et je l'ai vécu tout en étant conscient que j'avais des limites. Ça demeure un excellent moment dans ma vie, dans ma carrière.»

S'ennuyant de la vie d'équipe et de la camaraderie, l'ex-numéro 5 décide, en 2004, de réorienter sa carrière. Suivant les conseils de son frère, il s'inscrit à l'Institut de la protection des incendies du Québec où il étudie pour devenir pompier. Dix mois plus tard, il est engagé au Service des incendies de la Ville de Longueuil. Par la suite, il se joint au Service des incendies de la Ville de Montréal où il travaille quelques mois dans la même caserne que son frère. 

«Il y a énormément de similitudes entre le travail de pompier et le football : la camaraderie, la vie de groupe, le travail d'équipe, etc. La seule différence, c'est que mon adversaire [le feu] est pas mal plus imprévisible que tout ce que j'ai pu voir au football.»

Aujourd'hui spécialisé dans le sauvetage nautique et le sauvetage sur glace, Robitaille est instructeur au Service des incendies. Il travaille aussi pour la compagnie SIFA (Service d'intervention et de formation aquatique) où il donne des formations en prévention en milieu riverain pour le travail à proximité de l'eau et en sauvetage.

«Le sauvetage est aux antipodes de ce que je fais en tant que pompier. J'aime enseigner, c'est stimulant. Mais il n'y a rien comme l'adrénaline que me procure le fait d'être au feu et de réaliser des sauvetages. Mon travail de pompier a cependant d'autres facettes. En tant que premiers répondants à Montréal, on fait beaucoup d'appels médicaux.»

Suivant toujours les activités du football universitaire, Robitaille garde cependant une certaine distance. «Je n'en mange pas comme j'en mangeais dans le temps. Je ne veux pas me faire mal. Mais c'est certain que si j'avais plus de temps, je serais entraîneur.»

Questions/réponses

Q Fait marquant?

R Notre victoire à la Coupe Vanier. La saison 1999 dans son ensemble demeure encore pour moi très particulière et magique. 

Q Personnalité marquante?

R Justin Ethier. Quand je suis arrivé à Laval, ça faisait juste deux saisons que j'avais fait la transition de demi défensif à receveur de passes. Il a fait de moi le receveur que je suis devenu.

Q Un regret?

R L'entrevue que j'ai donnée à un journaliste d'une radio anglophone après le match de la Coupe Vanier. Je parlais pourtant très bien l'anglais. Mais j'étais complètement euphorique et j'avais perdu le contrôle. M. D'Amboise m'avait convoqué dans son bureau pour me faire écouter l'entrevue. Il y avait pas mal de beep. J'avais vu beaucoup de déception dans ses yeux. Ce n'est vraiment pas le genre d'image que je voulais laisser. Encore aujourd'hui, ça me dérange.

Q Idoles de jeunesse?

R Barry Sanders, un porteur de ballon des Lions de Detroit. Je le trouvais spectaculaire malgré sa petite taille.

Q Plus grande déception?

R Notre défaite contre Concordia en 1998. On avait une très bonne équipe et on avait triplé les verges offensives de Concordia. Après avoir vu la prestation des Stingers à la Coupe Vanier, ce fut vraiment frustrant de penser qu'on aurait pu se rendre là et qu'on aurait probablement fait une meilleure job

Q Dans 20 ans?

R À la retraite avec possiblement des petits-enfants, à mon chalet sur le bord de l'eau à Labelle.

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