Le rêve au jour le jour de Patrick Couture

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L'ancien gardien des Remparts Patrick Couture est aujourd'hui copropriétaire de Glaces CT, une entreprise de patinoires réfrigérées démontables.

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(Québec) Contrairement à plusieurs hockeyeurs avec qui il a évolué dans les rangs mineurs, Patrick Couture n'a jamais été étiqueté comme étant dans une classe à part. Tout au long de sa carrière, il a accédé à des niveaux auxquels il rêvait mais dans lesquels bien peu de gens le voyaient jouer et s'imposer. Qu'à cela ne tienne. Après avoir écrit une page de l'histoire des Remparts en 1998, il a évolué une douzaine d'années chez les pros, dont cinq en Allemagne.

«J'ai été coupé partout où je suis passé», lance le copropriétaire de Glaces CT. «Mais j'ai aussi joué partout. Je pense que la clé de mon succès a été de vivre mon rêve au quotidien. Je ne savais pas combien de temps ça durerait. Mais chaque jour, je me donnais au maximum et j'essayais d'aller chercher la petite affaire qui me permettrait de continuer. Quand j'accédais à un niveau supérieur, j'étais heureux de voir que ma carrière progressait.

«Aujourd'hui, dans ma business, j'ai la même philosophie. Je préfère ne pas essayer d'imaginer où je serai dans 10 ou 15 ans. Le joueur de hockey en moi se dit que l'on a plus de chances de rêver éventuellement à la Coupe Stanley si on est capable de rêver à la prochaine victoire.»

Repêché par les Harfangs de Beauport en 1995, Couture a dû attendre à sa troisième campagne dans la LHJMQ avant d'avoir la chance de faire ses preuves. Acquis par les Remparts des Foreurs à l'hiver 1997-1998, il a cumulé une fiche de 23-3-4 et aidé les Diables rouges à terminer premiers au classement général. Une saison mémorable qui a fait de lui un Remparts à jamais. À preuve, il travaille à la formation de l'association des anciens Remparts de la seconde génération.

«Je m'identifie davantage aux Remparts parce que je suis un gars de Québec et que j'ai pu jouer devant ma famille. S'ajoute le fait que nous étions la première édition des nouveaux Remparts et que nous avons connu des succès inattendus. Et parce que nous étions plusieurs gars de la Vieille Capitale sur l'équipe, nous sommes restés très proches.»

Couture a mis fin à sa carrière en 2009. Se retrouvant sans contrat après la faillite de la formation de Regensburg, il a évolué dans la Ligue nord-américaine en espérant recevoir un S.O.S. d'une formation européenne qui n'est jamais venu. «J'ai pris ma retraite quand j'ai arrêté de rêver ce que je ne pouvais pas faire dans la LNAH même si j'avais la chance de jouer à un bon niveau.»

Couture explique qu'il est très fier de sa carrière. «Je n'ai pas joué dans la Ligue nationale. Mais j'ai évolué dans la East Coast, la West Coast, dans la Ligue américaine, j'ai fait des camps dans la Ligue nationale et j'ai eu une belle carrière en Allemagne. J'ai gagné de l'argent et j'ai pu en mettre un petit peu de côté, ce qui m'a permis de réaliser mon autre rêve qui était de devenir un homme d'affaires.»

Reconnaissant envers tous ceux qui l'avaient bien entouré, Couture a souligné l'importance de Raymond Bolduc qui lui a fait confiance avec les Harfangs, les Remparts et les Citadelles.

Vivre un deuil

Comme bien des athlètes, le cerbère a vécu un deuil à la fin de sa carrière. Obligé de composer avec le grand vide laissé par l'absence de hockey, il a aussi dû se chercher une nouvelle identité. «Des années très difficiles. Et mon rêve de devenir un homme d'affaires n'était pas très défini. Je me suis impliqué au niveau du hockey mineur et j'ai donné des cours de gardien de but. Il y avait de la demande pour ça dans le privé mais j'étais incapable de louer des heures de glace pour donner mes cours.» 

Couture s'est donc mis à la recherche de solutions. Il a regardé ce qui se faisait au Canada avant de se rappeler qu'il avait vu en Europe des patinoires réfrigérées démontables. Après avoir pris ses informations et fait ses devoirs, il s'est associé à Yannick Tremblay, un ancien coéquipier chez les Harfangs, pour fonder Glaces CT. 

«On a acheté de l'équipement fabriqué en Autriche et on s'est lancé dans le vide. C'est là que j'ai compris c'était quoi être un entrepreneur. C'est gérer des problèmes. Et des problèmes, on en a eu. Il fallait bâtir quelque chose tout en gérant des équipements qu'il fallait apprendre à faire fonctionner, et des employés.»

Après avoir fait une première patinoire extérieure au Centre des congrès de Lévis, où a été présentée la première classique hivernale du midget AAA, le duo a continué son expansion en décrochant des contrats à l'anneau de glace des Plaines, à la Fête des neiges du parc Jean-Drapeau, au Stade olympique, au Crashed Ice du Minnesota, lors de la classique hivernale de la LHJMQ organisée à Saint-Tite, etc. Aujourd'hui, Glaces CT est une référence.

«Je suis vraiment fier de ce que nous sommes devenus. Toute l'expertise que nous avons développée fait que nous sommes uniques dans notre domaine. Je pense que le fait que Yannick et moi ne l'ayons jamais eue facile au hockey nous garde terre à terre. On parle le même langage et nos bases sont solides et similaires. On est capables d'aller à la guerre ensemble, de surmonter l'adversité et de gagner.»

Questions/réponses

Q Plus grande satisfaction? 

R Quand on s'est assuré du championnat de la ligue avec les Remparts (1998). À la fin du match disputé au PEPS, je me souviens d'avoir levé les bras dans les airs et d'avoir vu tous mes coéquipiers venir me rejoindre sur la patinoire. C'est un moment qui est resté gravé dans ma mémoire et pour lequel je ressens toujours une grande fierté. Et d'avoir joué en Allemagne. J'ai eu la chance de traverser les frontières et d'aller en Europe où j'ai vécu de très belles expériences. 

Q Plus grande déception?

R De ne pas avoir joué dans la Ligue nationale de hockey.  

Q Des regrets?

R Non. Dans le temps, j'ai fait ce que je pouvais avec ce que j'avais. Et je suis très fier de la carrière que j'ai eue.

Q Personnalités marquantes?

R Roberto Luongo et Steve Bégin. Des gens avec qui j'ai joué et des personnalités qui ont travaillé très fort, qui ont connu du succès et qui m'impressionnent.

Q Ce qui te manque le moins?

R Les blessures. Être incapable de jouer, être incapable d'aider ton équipe, c'est dur à vivre.

Q Dans 20 ans?

R Mon rêve, c'est d'avoir réussi. Avec mes enfants, avec ma famille et dans ma carrière d'homme d'affaires aussi..

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