Le plaisir retrouvé de Ioana Plesu

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Pratiquant maintenant la médecine familiale, Ioana Plesu sort sa raquette à l'occasion pour échanger avec son conjoint.

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(Québec) Figurant parmi les plus beaux espoirs du tennis canadien dans la seconde moitié des années 90, Ioana Plesu a presque remisé complètement sa raquette après avoir amorcé une nouvelle carrière en médecine. Une des raisons qui l'ont poussée à le faire était que son niveau de jeu n'était plus aussi relevé sur le court, ce qui l'agaçait beaucoup. Mais, depuis quelques années, elle a retrouvé le plaisir de jouer au tennis.

«Mon conjoint est devenu assez bon pour que l'on puisse échanger et avoir du fun, confie l'ex-­joueuse. Il y a aussi mes deux plus vieux qui sont assez grands pour frapper la balle et qui aiment venir jouer. Le tennis est pour moi une activité familiale et une manière de faire de l'activité physique. Je peux y mettre l'intensité que je veux pour en retirer de la satisfaction.»

Membre du programme sport-études de l'école Cardinal-Roy et s'entraînant au club Avantage Multi-Sports, Ioana a connu la consécration à l'âge de 15 ans quand elle a remporté le championnat canadien junior. Une performance qui lui a ouvert les portes d'universités américaines qui lui ont offert des bourses d'études.

«Ce que je désirais, c'était une université bien cotée au niveau académique mais aussi au niveau du tennis. Je pense que l'Université Duke état dans le top 5 dans les deux. Et quand je suis allée la visiter, je suis tombée en amour.»

À son arrivée à Duke, la Québécoise s'est vite aperçue que l'ambiance dans laquelle elle évoluerait serait complètement différente de celle qu'elle avait connue jusque-là. Car, bien que ses résultats individuels demeuraient importants, ceux de son équipe l'étaient encore plus.

«À la fin de la compétition, c'est ton équipe qui devait avoir gagné. Si tu avais eu une moins bonne journée, mais que ta formation avait décroché la victoire, tu pouvais célébrer. C'est un aspect qui était bien plaisant. Ce fut une très belle expérience. Mes quatre années à Duke ont passé très rapidement.»

Questionnements

De retour à Québec avec en poche des diplômes (majeures) en biologie et en espagnol. Ioana a pris une année sabbatique afin de se concentrer sur le tennis et de jouer sur le circuit professionnel. Elle a fait quelques voyages et pris part à quelques tournois sans toutefois avoir la conviction qu'elle faisait le bon choix.

«Je pense que je me cherchais un peu. J'envisageais de jouer sur le circuit mais en même temps, je voyais que ça demandait beaucoup d'investissements financiers et de temps. Je m'occupais de tout. Je vivais beaucoup de stress juste pour organiser mes voyages pour que ça ne me coûte pas trop cher et pour me trouver un endroit pas trop dispendieux où habiter pendant les tournois. Et je n'avais pas d'entraîneur avec moi. Quand tu te lances dans une aventure comme ça, il faut que ça marche très bien pour que tu puisses en vivre. 

«J'étais aussi toujours intéressée par des études en langue ou en médecine. Finalement, je me suis inscrite en médecine dans quelques universités. À Laval, on a placé mon nom sur la liste d'attente et j'ai été acceptée en physio. Mais une semaine avant la rentrée, j'ai été acceptée en médecine. Mes parents ont été gentils, ils ont accepté que je demeure chez eux. Ça m'a enlevé ce poids de ne pas avoir à travailler pour devoir me payer de la nourriture et un loyer.»

Pendant sa première année d'études, Ioana a essayé de mener sa carrière sportive en parallèle. Cependant, elle a graduellement laissé tomber le tennis. «À cause du manque d'entraînement, ton niveau baisse tranquillement. Et mes études en médecine étaient tellement intenses que j'avais un autre défi. Je m'y suis consacrée pleinement.»

Après avoir hésité entre l'ophtalmologie et la médecine familiale, Ioana a finalement opté pour la seconde option. «Je revenais tout le temps avec l'idée que je voulais rester large dans mes connaissances et être capable d'aider au niveau de différents problèmes. La médecine familiale me donnait la possibilité de varier ma pratique. Aujourd'hui, je suis à La Malbaie. J'ai mes patients et je commence à connaître leur famille au complet. Je peux faire les suivis. Je l'apprécie beaucoup.»

Ioana étant très discrète sur son passé d'athlète, rares sont ses patients qui savent qu'elle a été championne de tennis. Regrette-t-elle l'époque où elle était sous les feux de la rampe? «C'est sûr que quand tu mènes une carrière sportive, beaucoup de la manière dont tu te perçois et de ton estime de toi vient de ton statut d'athlète et de tes résultats. Mais je me valorise autrement. J'ai quand même un métier où on a de la reconnaissance. C'est certain qu'en médecine, il n'y a pas de points à aller chercher et de matchs à gagner. Mais quand un patient vient te remercier parce que tu l'as aidé à passer à travers une épreuve, c'est comme la petite tape dans le dos ou la petite victoire qui te donne le goût de continuer.»

Maintenant qu'elle a ressorti sa raquette, qui sait où Ioana s'arrêtera? «Je m'étais dit que peut-être un jour, je jouerais sur le circuit senior. J'y pense encore. Mais ça ne sera pas cette année (rires).»

Questions/réponses

Q  Des regrets?

R  Aucun. Peut-être juste une interrogation. Est-ce que j'aurais pu me donner un peu plus de temps sur le circuit professionnel? À quel niveau aurais-je pu me rendre si j'avais poussé pendant deux ou trois ans? Je ne me suis peut-être pas donné la chance de dire «bon, j'ai vraiment tout essayé». Mais en même temps, j'ai pris un autre chemin qui me comble.

Q  Ce qui te manque le plus?

R  Le fait de me fixer un objectif, de l'avoir en tête tout le temps quand j'allais m'entraîner et me servir de la motivation qu'il me donnait pour pousser et me dépasser. Et les victoires. Gagner, c'était le fun.

Q  Ce qui te manque le moins?

R  Les moments toughs quand j'étais dans une mauvaise passe, que je ne performais pas, que je me remettais en question et que j'étais touchée dans mon estime de moi.

Q  Personnalité marquante?

R  Jacques Bordeleau. Il a eu un impact marquant sur ma carrière. Il a été mon premier entraîneur au Club Avantage et presque un deuxième père pour moi. Il a été le premier à croire en mon potentiel et il m'a énormément supportée durant mon cheminement.

Q  Idoles de jeunesse?

R  Steffi Graf, pour son sérieux, sa concentration et son jeu de jambes et ses déplacements sur le court. C'était vraiment une championne. Et Martina Hingis. Elle était jeune et très intelligente sur le court. Même si elle n'était pas très grande et très puissante, elle arrivait à faire des choses magiques sur le terrain.

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