Bruno Prud'homme au labo comme sur le terrain

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Passeur pour le Rouge et Or football pendant cinq ans, Bruno Prud'homme est maintenant chercheur au Département de reproduction à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

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(Québec) Chercheur au Département de reproduction à l'hôpital Maisonneuve-­Rosemont, plus précisément dans le domaine de l'infertilité masculine, Bruno Prud'homme ne se sent jamais bien loin du terrain de football lorsqu'il se retrouve dans son laboratoire. Car même si son travail n'a rien à voir avec le football, il y voit de nombreuses similitudes.

«Les gens pensent parfois que la recherche, c'est un travail de solitaire, explique l'ex-quart-arrière du Rouge et Or qui, après avoir obtenu son bac en biochimie, a fait une maîtrise en physiologie-endocrinologie. «C'est certain que l'on a chacun une affectation très précise. Mais c'est un peu comme au football où on a chacun nos responsabilités. Et comme c'est le cas sur un terrain de foot, on a un objectif d'équipe dans un laboratoire. On travaille pour un résultat commun que l'on arrive à obtenir grâce à l'implication de tout le monde.»

Prud'homme mentionne que le bagage qu'il a acquis lors de son passage avec le Rouge et Or, comme son éthique de travail et sa persévérance, lui servent quotidiennement. Il ajoute que le fait d'avoir été coaché par d'excellents pédagogues, à commencer par Glen Constantin, l'aide à bien partager son savoir avec les étudiants de son laboratoire.

«Avoir été quart-arrière est aussi un atout. J'ai un patron mais c'est un peu moi le général du laboratoire. Je m'occupe de la gestion de l'équipement, des projets des étudiants, de leur encadrement, des commandes, etc. Je dois donc être ordonné et capable de bien décortiquer et d'analyser. Ce que je faisais comme quart.»

Rien d'acquis

Prud'homme a évolué cinq saisons avec le Rouge et Or au cours desquelles il a toujours dû se battre bec et ongles pour son poste. Jouant d'abord dans l'ombre de Benoît Groulx, il a même été muté comme receveur de passes à sa troisième campagne. Il a ensuite eu la pression d'avoir comme dauphin Tristan Grenon, désigné comme le futur général de l'attaque lavalloise.

«Quand je suis arrivé avec l'équipe, j'avais la chance d'apprendre du meilleur. Et tout le temps que Benoît a été là, j'ai dû me botter le derrière pour essayer d'atteindre son niveau. Quand Tristan est arrivé, ce fut un autre genre de défi. Il me poussait dans le dos. Je savais que pour garder mon poste, il fallait que m'entraîne en conséquence et que je fasse le boulot sur le terrain. Je ne pouvais pas me permettre le moindre relâchement et il ne fallait pas que je lui laisse un pouce. C'est ça, la compétition interne. Mon éthique de travail et ma persévérance ont toujours a été ma marque de commerce. C'est comme ça que j'ai montré mon leadership.»

L'ex-numéro 12 indique qu'il garde d'excellents souvenirs de son passage avec le Rouge et Or, même si celui-ci s'est terminé par un revers de 41-38 en deuxième prolongation face aux Marauders de McMaster lors du match de la Coupe Vanier. Une rencontre folle où Laval avait regagné son vestiaire en retard de 23-0 à la demie. Il ne cache pas qu'il avait mis du temps à soigner les blessures découlant du revers, qu'il avait analysé et réanalysé la rencontre et qu'il s'était posé de nombreuses questions, à savoir ce qu'il aurait pu faire de plus ou différemment afin d'aller chercher la victoire.

«Tu essaies toujours de trouver. Mais c'est en en parlant et en discutant autour de toi avec les collègues, les coéquipiers, les entraîneurs et la famille que tu finis par arrêter de te poser des questions. C'est sûr que c'est difficile finir une carrière de cette manière. Mais au bout du compte, il faut que tu regardes les points positifs. Je pense que dans ce match-là, j'ai beaucoup appris en tant que joueur et que personne. Tu dois parfois faire face à des défis comme celui-là au travail et/ou dans ta vie. Et des expériences comme ça te permettent de trouver les moyens pour passer à travers.»

Si Prud'homme n'a pas de difficulté à meubler avec ses études les temps libres résultant de la fin de carrière de footballeur, il a quand même dû vivre un deuil causé par la perte de sa gang et de l'esprit de famille qui régnait au sein de l'équipe lavalloise.

«Tranquillement, je suis passé à autre chose. Je suis quelqu'un qui aime bouger et voyager. Cet aspect-là de ma personne, j'étais bien heureux de le retrouver après tant d'années de sacrifices. Ça faisait juste du bien. Car même si j'ai beaucoup aimé le football, il y a une vie après celui-ci. Et je suis bien heureux de pouvoir en profiter.»

Aimant toujours se garder en forme et adepte d'entraînement, l'ex-quart lavallois a d'abord pratiqué le crossfit. Aujourd'hui, il s'entraîne sur des circuits et il joue au hockey dans une ligue de garage.

«J'ai toujours aimé le hockey mais je n'ai jamais eu la chance d'évoluer dans une ligue quand j'étais jeune. C'est vraiment le fun de se retrouver en équipe, de ressentir l'esprit de camaraderie et de batailler un objectif commun. Ça me rappelle le football. Sauf que lorsque l'on gagne un championnat, au lieu de sortir les bouteilles de champagne, on célèbre avec des bouteilles de bière [rires].»

Questions/réponses

Q  Fait marquant?

R  Notre victoire à la Coupe Vanier de 2010. C'était la première fois que l'on disputait ce match à Québec. Et j'y ai joué comme quart partant. Et certainement mon premier match à Sherbrooke (2007) et ma première passe de touché complétée à Julian Feoli Gudino.

Q  Personnalité marquante?

R  Luc Savoie qui m'a amené à jouer au football et Dave McKay (les deux du Séminaire Saint-François) qui m'a proposé d'évoluer comme quart-arrière - j'étais receveur de passes et porteur de ballon - ce qui, l'année suivante, a mis les bases de ce que j'allais devenir. Et évidemment Glen (Constantin), un mentor au niveau universitaire.

Q  Idoles de jeunesse?

R  Brett Favre. Sa présence dans la pochette et sa précision m'impressionnaient.

Q  Plus grande qualité?

R  Mon éthique de travail. Quand j'étais sur le terrain ou dans le gymnase, je donnais toujours mon maximum.

Q  Ce qui te manque le moins?

R  Les entraînements cinq jours par semaine, les séances vidéo, les réunions et toutes les autres choses qui n'avaient pas lieu le jour d'un match (rires).

Q  Ce qui te manque le plus?

R  Être entre boys, l'esprit d'équipe, l'adrénaline la veille et le jour d'un match et l'entrée sur le terrain du Stade TELUS-UL sous les applaudissements des amateurs.

Q  Un défi?

R  J'ai commencé à faire de la course à pied. Mon objectif, c'est de pouvoir courir un jour un marathon.

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