Guillaume Leblanc a les Jeux dans la peau

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Le médaillé olympique Guillaume Leblanc est aujourd'hui consultant sur un projet de sécurité au CN.

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(Québec) Le marcheur Guillaume Leblanc a pris part à trois Jeux olympiques. Après avoir récolté une quatrième place à Los Angeles, il a décroché une médaille d'argent à Barcelone. Étonnamment, quand il pense à ses Jeux, ce qui lui vient immédiatement en tête n'a rien à voir avec ses performances.

«Mes souvenirs ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux de monsieur ou de madame Tout-le-Monde», lance celui qui est allé aux JO de Los Angeles, de Séoul et de Barcelone. «Ce qui me vient immédiatement en tête, quand je pense aux Jeux, c'est ce que j'ai ressenti de l'intérieur comme les émotions et les sensations.

«Il y a quelques années, j'ai écouté les Olympiques sur un feed où il n'y avait aucun commentateur. On pouvait entendre la foule, mais aussi les officiels, les coachs parler à leurs athlètes et les athlètes se parler entre eux. C'est allé me chercher davantage dans mes émotions et ça a éveillé en moi des souvenirs incroyables parce que c'était très proche de ce que j'avais vécu.»

Même s'il a accroché ses espadrilles de marcheur il y a presque 25 ans, Leblanc continue de suivre les marcheurs canadiens sur la scène internationale. Il s'enflamme d'ailleurs quand il pense à la délégation qui est aux Jeux de Rio. «Le Canada s'en vient pas pire en marche. Lors des derniers championnats du monde par équipe, Ben Thorne, Inaki Gomez, Evan Dunfee et Mathieu Bilodeau ont terminé deuxièmes au classement général. Et l'année passée, Thorne a gagné le bronze au 20 km des Championnats du monde. Je suis certain qu'à Rio, le Canada aura des tops 10. Et je serais bien content parce que ça fait un bout de temps que ce n'est pas arrivé.

«C'est certain que je vais regarder les épreuves de marche des Jeux, mais je ne me limiterai pas qu'à la marche. L'athlétisme m'intéresse beaucoup, mais je vais regarder un peu de tout. Et les émissions de décoration et les affaires de cuisine de mon épouse vont prendre un petit peu le bord [rires]. On va se concentrer sur les Jeux.»

Une fin hollywoodienne

C'est en 1992, après les Jeux de Barcelone, que Leblanc a pris sa retraite. Avant même de se rendre en Espagne, il avait décidé qu'il en serait à ses derniers Olympiques. Il s'était cependant dit que s'il gagnait une médaille d'or, il ferait un tour d'honneur et compétitionnerait un an de plus. Il est finalement revenu des JO avec une médaille d'argent gagnée au 20 km, lui qui visait la première marche du podium au 50 km, où il a été disqualifié alors qu'il était deuxième.

«J'ai tenté le tout pour le tout. Comme j'avais déjà une médaille d'argent, j'ai poussé et j'ai essayé pour l'or. Je n'ai donc jamais senti de tristesse ou de frustration à la suite de ma disqualification. J'ai eu une fin hollywoodienne parce que je me suis retiré après avoir gagné une médaille.»

On le sait, la vie d'athlète n'est pas toujours facile. Leblanc raconte qu'à la veille de compétitions importantes, il était hanté par la crainte de se blesser. «Quand je descendais un escalier, j'avais les deux mains sur les rampes. Je ne voulais pas tomber ou me virer une cheville et perdre tout ce que j'avais mis des mois à bâtir.»

Ingénieur en technologies de l'information lorsqu'il a pris sa retraite, Leblanc a dû vivre un deuil à la fin de sa carrière d'athlète, ce qui s'est traduit par une petite dépression; mais parce qu'il était marié, et alors père de deux enfants, il n'a pu s'apitoyer sur son sort très longtemps.

«Il fallait que je travaille et que je m'occupe de ma famille. C'est là-dessus que j'ai mis toutes mes énergies. Il y a des choses qui ne me sont pas arrivées dans la vie et c'est bien ainsi. Le sport m'a beaucoup donné, mais il ne m'a pas rendu riche. Il m'a même appauvri. J'ai donc toujours à gagner ma vie et à ne jamais me laisser aller. Si j'avais été un millionnaire du sport, je ne serais pas la même personne que je suis aujourd'hui.»

L'ex-marcheur raconte qu'après avoir pris sa retraite, il a passé 15 ans sans voyager à l'extérieur du pays. Et quand il a finalement pris l'avion, tout avait changé. Mirabel n'existait plus et tout fonctionnait différemment dans les aéroports. «J'ai réalisé que quand j'avais mis fin à ma carrière sportive, je n'avais pas juste laissé l'entraînement et les compétitions, j'avais aussi mis de côté plein d'autres choses.»

C'est à Rimouski que Leblanc a amorcé son après-carrière. Il a travaillé pour Québec Téléphone. À la même époque, il a aussi passé des auditions pour travailler comme analyste à la télévision. «J'aurais dû suivre des cours dans une école spécialisée. Je considérais que l'effort n'en valait pas la peine. Et je suis demeuré en télécommunications, un domaine qui m'a amené à déménager dans la région de Montréal», indique l'ex-marcheur dont le voisinage lui fait parfois penser à un village olympique. Son voisin d'à côté est un Brésilien alors que celui d'en face est d'origine russe.

«Aujourd'hui, je suis consultant sur un projet au CN qui touche essentiellement la sécurité dans les trains, un système qui s'appelle le Positive Train Control. C'est très intéressant.»

Questions/réponses

Q  Moment marquant? 

R  La médaille d'argent que j'ai gagnée aux Jeux de Barcelone. 

Q  Moment le plus amer?

R  En 1991, j'ai fait ce que l'on pourrait appeler un burn out et il a fallu que je cesse de m'entraîner pendant quatre mois. Et là, le doute s'est installé. 

Q  Personnalité marquante?

R  Pierre L'Écuyer qui fut mon seul coach. Il m'a initié à l'athlétisme quand j'avais cinq ans et il était aux Olympiques avec moi quand j'en avais 30. Il a appris à bien me connaître et à bien me doser ses interventions. Il savait que j'avais une certaine indépendance et il savait quand agir et quoi dire et quoi faire.

Q  Ce qui te manque le plus? 

R  Les entraînements hivernaux en ski de fond et le bonheur d'être dehors dans le froid. J'aimais ça me donner de la misère. Ça me permettait d'aller chercher des sensations que je n'avais pas quand je faisais de la marche et de pousser un peu au niveau cardiovasculaire, quelque chose que je ne pouvais pas faire en marche à cause de la douleur qui m'arrêtait.

Q  Ce qui te manque le moins? 

R  Me réveiller la nuit à cause des douleurs musculaires et avoir de la misère à me retourner dans le lit parce que je suis racké.

Q  Le plus important pour toi? 

R  Ma famille.

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