L'esprit olympique de Guylaine Cloutier

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Même si elle a participé à ses derniers Jeux olympiques il y a 20 ans, l'ex-nageuse Guylaine Cloutier ressent toujours de la passion pour son sport.

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(Québec) Vingt ans ont passé depuis que Guylaine Cloutier a participé à ses troisièmes et derniers Jeux. Mais même si sa vie a changé du tout au tout depuis, l'ex-nageuse est toujours animée par l'esprit olympique et c'est avec assiduité qu'elle suit les compétitions.

«Mon mari est aussi un ancien nageur», explique la spécialiste de la brasse. «C'est sûr que l'on a encore la passion. Et cette année, on est en vacances pendant la première semaine des Jeux. On n'a donc pas pris trop d'engagements pour pouvoir recevoir des amis à la maison et joindre l'utile à l'agréable là. Les JO seront pour nous l'occasion de vivre de beaux moments en famille et entre amis.»

La Magnymontoise raconte qu'elle a suivi avec intérêt les derniers essais olympiques nationaux. Et elle a eu des larmes aux yeux quand Katerine Savard a raté sa sélection. «Même devant la télé, je ressens toute la pression qu'ont les athlètes et les efforts qu'ils doivent faire parce que j'ai vécu la même chose.»

Cette année, il n'y a pas que Guylaine et son conjoint qui ne voudront rien rater des épreuves de natation des Jeux de Rio. Les deux fillettes du couple Alexa et Eva, qui ont 10 et 12 ans, devraient aussi suivre les exploits des nageurs canadiens. Après avoir pratiqué plusieurs sports comme le ski, le plongeon et la gymnastique, et des activités comme la danse et le ballet, elles ont décidé, en septembre dernier, de s'initier à la natation pour laquelle elles ont eu le coup de foudre, mais ont aussi démontré un talent certain. À preuve, Eva est classée 10e au Canada au papillon chez les 12 ans.

«Je suis contente qu'elles aient trouvé une activité qu'elles adorent. De voir jusqu'à quel point elles s'amusent et comment elles ont hâte d'aller à la piscine me rappelle quand j'avais leur âge. Ça m'a beaucoup réconcilié avec mon sport. J'ai eu beaucoup de bonheur et de plaisir à nager, mais à la fin de ma carrière, j'ai beaucoup souffert à cause des blessures. C'est donc pour moi une belle façon de renouer avec la natation.

«Je ne m'attendais cependant pas à ce qu'elles fassent aussi bien, aussi vite. Mais pour le moment, je privilégie l'importance de s'amuser, d'avoir du plaisir, et de ne pas trop se mettre de pression. Tout ça pourra toujours venir plus tard.»

Dans la douleur

C'est en 1996 que Guylaine a pris sa retraite. Une décision que lui a dictée son corps. «J'étais sur le bord d'avoir une hanche artificielle. Aujourd'hui encore, il y a certains sports que je ne peux pas faire comme courir. Ça m'attriste un peu. Mais je peux en pratiquer mille et un autres. 

«Je garde d'excellents souvenirs de ma carrière. Avec la maturité et quand on devient maman, on réalise qu'on ne naît pas champion. On le devient quand on carbure avec le dépassement de soi, la discipline, une attitude positive et la confiance en ses moyens. Et c'est ce que la natation m'a apporté.»

Guylaine a pris part aux Jeux de Séoul, de Barcelone et d'Atlanta. Appelée à confier le souvenir qu'elle gardait de ces trois expériences, elle lance : «Mes premiers Jeux, j'y ai participé. J'étais très impressionnée par les gens qui m'entouraient. Mes deuxièmes sont ceux où je me suis le plus amusée. Ma famille était là. J'ai fini quatrième, cinquième et sixième. D'excellentes prestations, je n'aurais pas pu demander mieux. Et c'est drôle parce que mon entourage était pas mal plus déçu que moi que j'aie raté de peu une médaille dans trois courses. Mes derniers Jeux furent ceux de la souffrance.» 

Appelée à tracer un bilan de ses 15 ans passés au sein de l'équipe nationale et de ses années de compétitions, Guylaine dit qu'elle vit très bien avec le fait d'avoir toujours terminé à l'extérieur des podiums aux JO. «Avoir fait trois Olympiques, ce n'est pas rien. Je suis très heureuse de ma carrière. Elle m'a permis de voyager à travers le monde et de devenir parfaitement bilingue.»

Sortir du bureau

Graduée en marketing, des HEC de Montréal, Guylaine a d'abord travaillé pour les pâtes et papiers Cascades, son commanditaire quand elle était athlète. «J'étais persuadée que ça serait ma vie le marketing. Mais je ne connaissais pas l'autre personne que l'athlète qui était en moi. Et j'ai été un peu surprise de voir que même avec un travail au-delà de mes attentes, ce que je faisais ne correspondait pas à ce que je désirais. J'avais besoin d'un emploi où je ne serais pas confiné dans un bureau à longueur de journée.»

Après avoir travaillé chez Bayer pendant 15 ans, Guylaine est aujourd'hui déléguée médicale en neurologie pour la compagnie Sanofi Genzyme. «Je suis une chargée de compte. Je rencontre des spécialistes en sclérose en plaques dans les gros centres hospitaliers de la région de Montréal et d'Ottawa. C'est un emploi qui me convient parfaitement comme mère de famille puisque j'ai un bureau à la maison à Saint-Sauveur où je gère ma propre charge de travail d'une semaine à l'autre. J'ai à coeur la neurologie parce que ma mère est décédée après avoir combattu la maladie de Lou Gehrig. Ç'a été très dur pour moi de la perdre, car elle n'avait que 65 ans.»

Questions/réponses

Q  Moment mémorable

R  Ma quatrième place au 100 m brasse à Barcelone (1992), une performance que j'ai réalisée devant ma famille.

Q  Regrets

R  Je ne suis pas une personne de regrets. J'essaie d'être positive et j'assume toujours mes actions.

Q  Moment le plus difficile

R  Mon 100 m brasse aux Jeux olympiques d'Atlanta (1996). Après l'épreuve du matin, j'avais toute la jambe engourdie, de la hanche jusqu'au genou. Je ne l'avais d'ailleurs pas sentie pendant la moitié de ma course. Et je me demandais si j'allais être capable de nager le soir.

Q  Personnalité marquante

R  Ma mère. Elle a toujours été ma plus grande supporteur, mais elle le faisait sans être très verbale sur les bords de la piscine. Elle n'avait pas besoin de rien dire. Elle me parlait juste avec son regard. 

Q  Plus grande qualité

R  La franchise

Q  Plus grand défaut

R  Ma naïveté

Q  Dans 20 ans

R  Je me vois retraitée pratiquant son sport selon la saison.

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