Liza Racine: Lac-Sergent tatoué sur le coeur

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Liza Racine habite aujourd'hui dans la région de Toronto où elle travaille comme professeure d'éducation physique dans une école primaire.

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(Québec) CHRONIQUE / Même si elle habite dans la région de Toronto, Liza Racine n'a pas oublié Lac-Sergent. Non seulement elle y revient régulièrement avec sa petite famille, mais depuis l'année dernière, elle est impliquée avec le club de canoë-kayak où elle avait amorcé sa carrière il y a une trentaine d'années.

«J'ai Lac-Sergent tatoué sur le coeur», confie l'ex-porte-couleurs de l'équipe canadienne. «Depuis cinq ans, on vit à Oakville. Mais je tiens mordicus à revenir passer les étés au chalet au Lac-Sergent. Je veux que mes enfants voient leurs grands-parents et leur famille. Et je trouve ça très important qu'ils connaissent la culture québécoise et qu'ils soient beaucoup exposés au français. Quand ils arrivent au lac, ils sont chez eux. On vient aussi dans la région en hiver. Je fais mon ski à Duchesnay et au mois de mars, je suis à Stoneham et au Mont-Sainte-Anne.»

Ayant marqué l'histoire du club de canoë-kayak de Lac-Sergent, Liza explique que c'est la baisse du recrutement des jeunes lors des dernières années qui l'a incitée à s'impliquer au sein de son conseil d'administration et à travailler à son développement.

«Dans la vie, quand il y a beaucoup de monde qui t'ont donné, c'est naturel de redonner un jour. Pour moi, c'est vraiment facile de le faire et c'est très valorisant. Des futures Liza Racine, il y en a à la pelletée au club de Lac-Sergent, tant chez les filles que chez les gars. Il faut juste être capable de mieux les épauler. Je suis bien privilégiée de faire partie de cette famille-là.»

Ne jamais abandonner

Tout au long de sa carrière, Liza a souvent dû naviguer contre vents et marées. «Mais mon adage a toujours été de ne jamais abandonner. Ce fut un privilège de ramer avec les Caroline Brunet, Maxime Boilard, Fred Jobin et cie. Je garde de très bons souvenirs de cette gang-là.»

N'ayant pas de partenaire d'entraînement de son calibre à Lac-Sergent, Liza a dû quitter un environnement qu'elle aimait plus que tout au monde pour aller s'entraîner à Lac-Beauport à des dizaines de kilomètres de chez elle. Par la suite, son rêve de compétitionner aux Jeux de Sydney s'est écroulé quand l'équipe nationale l'a reléguée au rôle de réserviste. Une décision qu'elle a eue du mal à digérer. «L'ouverture des Jeux a été marquante pour moi. C'est là que j'ai commencé à apprécier le moment et à faire un petit peu mon deuil parce que je me suis dit : "Écoute, t'es quand même rendue là la grande".»

Confiante d'aller à Athènes à la suite des résultats qu'elle avait obtenus, la kayakiste a malheureusement dû mettre abruptement fin à sa carrière en 2003. À cause d'une hernie discale cervicale, elle ne sentait plus ses bras ni ses mains.

«Mon corps m'a dit: ça s'arrête là. J'ai fait trois tentatives de retour mais ça n'a pas marché. À ce moment-là, mes études m'ont sauvée. J'avais commencé un bac en enseignement en éducation physique que j'ai mis sept ans à compléter. Je n'ai pas eu le temps de m'apitoyer sur mon sort parce que j'ai clanché ce qu'il restait de mon bac en un an. Et si j'ai été capable de faire mes études, c'est à cause d'une seule et unique personne, Claude Savard, le directeur de la faculté à ce moment-là. Il m'a beaucoup épaulée.

«Si j'avais des choses à refaire, probablement que je ferais plus attention à mon corps dans le sens que je l'écouterais davantage. J'avais des problèmes de dos mais je continuais à pousser. Des fois, j'avais même des symptômes nerveux. J'aurais aussi dû consulter davantage des psychologues sportifs compétents parce que je me suis aperçue, après ma carrière, que je souffrais d'anxiété de performance. J'aurais aimé mieux gérer ça.»

Toujours aux prises avec des séquelles de sa blessure, Liza doit faire attention à sa posture et bien choisir ses activités physiques. Fini le kayak de performance ou la course à pied. Elle peut cependant pratiquer le ski de fond, sa nouvelle passion, où elle retrouve les joies de se dépasser.

«Athlète un jour, athlète toujours. Sauf que je suis plus équilibrée. Quand ça ne marche pas dans une pente, je m'arrête et je regarde les oiseaux. Avant, il fallait que je grimpe ma montagne et que je me crache le coeur.»

Heureusement pour la Québécoise, ces séquelles ne l'empêchent pas d'exercer sa profession de prof d'éducation physique. Après avoir enseigné au Collège Notre-Dame à Montréal, elle le fait maintenant dans une école primaire d'Oakville. «Mon Dieu que c'est important le primaire pour les enfants au niveau du développement et la perception de soi et de la confiance.

«Dans le gymnase, il est souvent question avec mes élèves de ne jamais abandonner. C'est quelque chose qui peut avoir un impact partout dans leur vie et la plus belle richesse que je peux leur donner. Parce que déjà très jeune, la persévérance, c'est important. On ne parle pas beaucoup de mon passé olympique parce que je ne veux pas que l'attention soit là-dessus. Et il n'est pas question de performance. Je dis aux parents que s'ils en veulent pour leur enfant, ils n'ont qu'à les inscrire dans un club de compétition.»

Questions/réponses

Q Fait marquant 

R Ma première victoire en canoë-kayak. J'étais toute petite, j'avais 8-10 ans. On était au Lac-Sergent. Je me rappelle, ils m'ont mise dans un kayak, j'ai fait ça comme une championne et j'ai gagné.

Q Personnalité marquante

R Ma mère. C'est incroyable tout ce qu'elle a fait pour moi. Et elle ne m'a jamais mis de pression. Elle était toujours là pour moi, mais si j'avais dit: "Maman, c'est fini", elle aurait dit OK. Je pense que c'est à cause de ça que c'était si simple et c'est grâce à elle si j'ai pu faire tout ce que j'ai fait.

Q Un regret 

R Que ma mère ne m'ait jamais vue compétitionner au niveau international.

Q Moment très difficile 

R L'ouverture des Jeux d'Athènes. Ç'a tellement été dur de la regarder à la télé. Mon mari était assis sur le sofa avec moi et il me tenait la main. J'ai braillé ma vie. Depuis, je pleure chaque fois que je regarde les cérémonies d'ouverture des Jeux. J'ai même pleuré lors des derniers Jeux d'hiver même si ça n'avait pas rapport. C'est ma corde sensible.

Q Plus grande qualité 

R Je n'abandonne jamais. Je suis très persévérante.

Q Dans 20 ans 

R Je souhaite profiter de la vie avec mon mari qui est extraordinaire et mes enfants qui le sont aussi, être en santé et faire du ski de fond, aller au gym et être en contact avec la nature.

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