Stéfanie Vallée: rendez-vous avec la Chine

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(Québec) La troisième fois a été la bonne pour Stéfanie Vallée. Ayant raté ses deux premiers rendez-vous avec la Chine du temps où elle pratiquait le kayak en eau vive, elle s'est vu offrir en 2008 une nouvelle opportunité de se rendre dans l'Empire du Milieu. L'artiste, aussi femme d'affaires, l'a saisie et elle l'a exploitée au maximum.

«En 2012, les autorités chinoises m'ont choisie pour être l'ambassadrice culturelle des Jeux olympiques de la jeunesse d'été à Nanjing», explique la Québécoise qui réside à Shanghai. «Ils avaient trouvé mon parcours professionnel inspirant pour les jeunes. J'étais la preuve qu'après le sport, on pouvait avoir une carrière professionnelle prospère tout en ayant des intérêts diversifiés. C'était presque surréel de me retrouver dans le musée de Nanjing et d'y voir sur les murs mes tableaux et des photos géantes de moi en kayak.»

C'est le destin qui a mené la championne canadienne de kayak en eau vive à 10 reprises en Chine. Elle y a accompagné son conjoint de l'époque, qui y avait trouvé un emploi sur mesure. «J'étais convaincue de réussir en Chine sans trop de problèmes. J'avais acquis tellement d'outils pendant ma carrière d'athlète. Mais il ne faut jamais sous-estimer le dragon chinois (rires).» 

L'adaptation de Stéfanie n'a pas été facile. Elle pouvait se débrouiller en anglais, mais elle ne parlait pas le business english. Et elle n'avait aucune notion de chinois. «J'avais un double défi. Je voulais développer ma compagnie et je rêvais d'exposer mes tableaux. Tout le monde me disait que ça serait impossible. Ce qui est génial en Chine, c'est qu'il y en a plein de gens qui tentent cette transition, qui échouent et qui recommencent. Ici, manquer son coup, ce n'est pas une honte, c'est un processus. Mais c'est quand même dur à prendre.»

En mars 2011, Stéfanie a tenu sa première exposition dans le M50 (Moganshan lu), le quartier des artistes de Shanghai. Elle a écoulé toutes ses toiles en deux semaines. En 2013, elle a vendu à Ma Huateng, le cinquième homme le plus riche de la Chine, lors d'une soirée-bénéfice, un tableau au montant de 1,9 million de renminbis, soit 320 000 $CAN.

Suivre les remous

Consultante en communications et coach en entreprise, Stéfanie oeuvre auprès de dirigeants de compagnies figurant dans le Fortune 100. La recette qui lui a permis de se démarquer consiste à tracer un parallèle entre le kayak d'eau vive et la dynamique de l'eau et la réalité des affaires. «Tu ne peux pas décider où la rivière va passer. Et il ne faut pas lutter contre le courant. Mais il faut que tu tires profit des vagues et des remous.» 

Aujourd'hui, la Québécoise a ajouté la peinture à son enseignement. «Il y a beaucoup de gens qui ont le désir de développer leur créativité, mais qui ne savent pas comment s'y prendre. La peinture permet aux gens de tomber dans leur zone créative. Ils ressentent des choses qu'ils n'ont pas ressenties depuis longtemps et ils se remettent à avoir du plaisir.» 

Stéfanie avait abandonné son rêve de prendre part aux Jeux de Pékin en 2006. «Je voyais les efforts qu'il me restait sans savoir si j'en récolterais des dividendes. Le risque était trop grand. Et j'ai choisi de démarrer ma business de consultante en communications comme m'encourageait à le faire ma mentore de l'époque, Renée Hudon.»

Déménagée en Chine et croyant sa carrière de kayakiste terminée, la Québécoise a eu la surprise de se voir offrir par l'équipe canadienne la possibilité de prendre part à des épreuves de descente sur la scène mondiale. 

«Je ne m'entraînais plus en kayak et je ne faisais presque plus de sport. Mais je faisais beaucoup de visualisation. En entraînant plus mon mental, c'est comme si le corps n'avait pas décroché de sa forme physique. OK, je trouvais ça dur la première journée de me réadapter à l'équilibre, au rythme, au coup de pagaie, etc. Mais ça revenait. Et j'ai commencé à m'améliorer. J'ai fait mon premier top 10 en Coupe du monde puis j'ai grimpé dans le top 5. À mes derniers championnats du monde, j'ai fini quatrième. À ce moment, je ne coursais plus pour me prouver que j'étais capable d'accomplir quelque chose dans le sport. Je me concentrais juste sur les plaisirs qu'il était possible de vivre.»

Installée en Chine pour quelques années seulement, Stéfanie a remis à quelques reprises son retour au Québec. En 2012, elle a prolongé son séjour à cause de problèmes de santé. Pendant cette période, les affaires de son entreprise ont commencé à décoller. Puis elle est tombée en amour avec une petite orpheline qu'elle a décidé d'adopter, des procédures qui se sont étirées sur trois ans.

«Mon intention était de revenir au Québec une fois que le dossier d'adoption de ma fille serait réglé, ce qui est arrivé en décembre dernier. Mais je suis davantage établie comme professionnelle ici. Et deux de mes clients se sont montrés intéressés à ce que je collabore avec eux. C'était difficile de dire non. Et est survenu un dénouement amoureux. J'ai commencé un nouveau chapitre de ma vie, un nouveau livre peut-être.»

Questions/réponses

Q Fait marquant comme athlète 

R Quand j'ai été championne nord-américaine (2007). Au début de l'année j'avais eu des ennuis personnels et j'avais eu toutes les raisons d'abandonner la compétition. Et jusqu'à la fin de ces championnats, qui se sont déroulés sur trois semaines, ce fut embûche après embûche. Mais j'ai continué.

Q Plus grande fierté

R Ma fille est une très grande fierté, mais je te dirais que ce dont je suis la plus fière c'est le courage dont je sais faire preuve dans les moments d'adversité et qui me permet de ne jamais baisser les bras.

Q Dans 20 ans

R J'aimerais bien être ministre. Je suis dans un contexte hyper effervescent qui me permet de rencontrer des leaders mondiaux et d'être aussi à la fine pointe des innovations et des tendances. J'aimerais pouvoir faire en sorte que tout ce bagage-là serve à mon pays pour être davantage compétitif. 

Q Personnalité marquante

R Manon Jutras. Elle avait un grand talent pour le vélo, mais elle était avant tout une pharmacienne. Elle avait une grande sagesse à cause de son détachement par rapport au sport de haut niveau. Si je ne l'avais pas rencontrée, je n'aurais jamais continué à faire du sport et je ne me serais pas rendue dans le

top 5 mondial.

Q Plus grandes leçons apprises

R La nature sera toujours plus forte que l'homme. J'ai aussi appris l'humilité en Chine.

Q Un rêve

R J'aimerais avoir une émission de télé où j'inviterais les leaders de compagnies à discuter de leurs défis d'industrie et managériaux afin de permettre aux gens de comprendre la mentalité qui est en haut et de ne plus voir ces leaders comme les méchantes personnes qui sont les patrons des grandes corporations.

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