La passion du vélo de Jacques Landry

Jacques Landry s'est retiré de la compétition en... (Infographie Le Soleil)

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Jacques Landry s'est retiré de la compétition en 1998, fier d'une feuille de route bien remplie. Il est resté en tant que directeur dans l'équipe nationale.

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(Québec) Dès le jour où il a joint les rangs de son premier club cycliste de compétition en 1985, Jacques Landry est devenu un passionné de vélo. À preuve, sa carrière de coureur sur route terminée, il a choisi de devenir entraîneur. Trente et un ans plus tard, il vit toujours au rythme de sa passion, lui qui est directeur haute-performance et entraîneur-chef à Cyclisme Canada.

«Mon travail consiste à m'assurer que les programmes olympiques et paralympiques fonctionnent bien, tant au niveau de la route que de la piste, du BMX, du vélo de montagne et du paralympique, explique Landry. Je dois voir à ce que les systèmes soient bien en place afin que les coachs aient tout ce qu'il faut pour fonctionner et qu'ils soient équipés pour offrir un milieu d'entraînement optimal.»

Comme c'était le cas alors qu'il était coureur, Landry voyage toujours beaucoup, surtout lors des deux dernières années d'un cycle quadriennal culminant par des Olympiques. L'année dernière, il a passé près de 280 jours loin de la maison afin d'aller rencontrer les entraîneurs aux quatre coins du pays et de déterminer les petits changements dans la préparation des athlètes qui pourraient faire une grande différence. Un horaire qui a limité ses contacts avec son fils de 12 ans qui vit en France.

«À un certain âge, les garçons deviennent ados puis... ils sont plus à l'aise avec leur père. Éventuellement, il se pourrait qu'il vienne habiter avec moi. Je devrai donc être plus présent. Je m'adapterai en conséquence, je trouverai des solutions pour faire en sorte que les programmes ne soient pas affectés et que ma vie familiale ne le soit pas non plus.»

Si c'était à refaire

Landry s'est retiré de la compétition en 1998 fier d'une feuille de route assez bien remplie. Représentant du Canada lors des Jeux de Barcelone (1992) et d'Atlanta (1996), il a fini troisième au classement général du Tour de Beauce de 1992 avant de gagner l'épreuve deux ans plus tard. S'ajoutent des victoires au Circuit des régions flamandes, au Tour des régions italiennes de 1991 et de 1994 et lors du contre-la-montre du Grand Prix des nations en 1994 de même que de nombreux autres podiums, notamment lors des Championnats canadiens.

«Quelques facteurs ont influencé ma décision de mettre fin à ma carrière. Je n'arrivais pas à trouver un assez bon contrat pour continuer au niveau que je voulais. Même si j'avais décroché quelques grosses victoires en Europe, il n'y avait pas d'opportunités pour moi de signer avec une formation professionnelle européenne. Et il n'y avait que deux équipes nord-américaines à l'époque. Et puis dans les années 90, le cyclisme était assez pourri au niveau de l'utilisation de substances illicites. Moi, je courais au naturel et ce que je voyais était pas mal décourageant. Finalement, j'en étais rendu au point où je désirais avoir une famille, un travail plus régulier, une maison...»

Désireux de demeurer dans le monde du cyclisme, Landry avait été aiguillé par Pierre Hutsebaut, le directeur haute performance de l'équipe canadienne à l'époque, qui lui avait parlé de son désir de créer un poste de coach au niveau développement. L'ex-coureur a donc suivi ses formations d'entraîneur et a finalement été la première personne à occuper le nouveau poste. Il ne cache cependant pas que son deuil de la compétition a été long à faire.

«Je ne pense pas que l'on peut sortir de quoi que ce soit sans regret», avoue Landry qui croit que, même s'il n'en a pas la preuve, le fait de toujours avoir refusé de se doper avait nui à ses chances de se trouver un contrat en Europe. «Tu regardes ce que tu as accompli et ce que tu aurais pu faire de plus. Et je pense que 28, c'est relativement jeune en cyclisme. J'aurais pu persévérer jusqu'à l'âge de 32-33 ans et faire un autre cycle olympique. Ça, ça m'a pesé longtemps. Aujourd'hui, je ne regrette pas d'avoir pris le chemin que m'avait proposé Pierre Hutsebaut. Mais même si ça fait 15 ans que je ne suis plus sur le vélo, je rêve encore quand je dors que je fais des courses.»

Coach avec l'équipe nationale, Landry est ensuite allé travailler comme entraîneur-chef de l'équipe sur route de la Nouvelle-Zélande (2004 à 2008). Il avait basé sa formation dans le sud de la France où il vivait six mois par année. Et il a pris part aux Jeux d'Athènes et de Pékin.

«Ce fut un peu difficile d'arriver aux Olympiques avec les couleurs et la fougère néozélandaise. C'était le fun de voir les Canadiens performer mais en même temps, ma job, c'était de faire performer les Néo-Zélandais même si j'avais un petit pincement au coeur.»

C'est à son retour de Pékin que Landry a décidé de revenir au pays. Au moment de prendre sa décision, il avait trois autres offres sur la table. Il aurait pu continuer avec la Nouvelle-Zélande, accepter le poste d'entraîneur de l'équipe féminine sur route de l'Australie ou travailler pour le Centre mondial de cyclisme en Suisse. Mais il a finalement accepté le poste de directeur haute-performance et d'entraîneur-chef avec l'équipe nationale.

Questions/réponses

Q Fait marquant de ta carrière

R Au Canada, ma victoire au Tour de Beauce (1994). En Europe, ce fut de gagner le contre-la-montre du Grand Prix des nations en 1994 et mes victoires d'étape lors du Tour des régions italiennes où j'ai fini cinquième au cumulatif.

Q Personnalité marquante 

R Mes parents ont été mes plus grands supporteurs sans être nécessairement présents à toutes mes courses. Ils étaient là quand j'avais besoin d'eux mais ils n'étaient pas omniprésents. Et Steve Bauer qui fut un peu comme une idole. Il était pour moi le coureur canadien qui avait percé en Europe. Il m'a vraiment donné la flamme pour le cyclisme.

Q Défaite la plus amère

R J'aurais aimé avoir mon chant du cygne lors des Jeux du Commonwealth en 1998. Je n'avais pas été choisi sur l'équipe canadienne parce que je n'avais pas eu de bons Nationaux. Par la suite, j'avais super bien marché. Je pense que je méritais ma place sur la formation. Mais je n'avais pas fait appel de la décision. J'avais laissé les entraîneurs, qui sont les experts, décider.

Q Plus grande qualité

R Ma résilience. 

Q Plus grand défaut

R Je suis parfois trop passionné. Et il arrive que ma passion gère trop mes actions. Je dois me retenir, trouver l'équilibre entre le rationnel et le passionnel.

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