Le premier amour de Martin Lavigne

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L'ancien de l'organisation des Dodgers Martin Lavigne est aujourd'hui président à la Financière Banque Nationale.

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(Québec) Adolescent, Martin Lavigne rêvait de jouer au baseball professionnel. Plus d'un quart de siècle après avoir signé un premier contrat professionnel avec les Dodgers de Los Angeles, il est aujourd'hui président de la Financière Banque Nationale - Gestion de patrimoine, la division courtage de la Banque Nationale. Mais même si la haute finance fait maintenant partie de son quotidien, il n'a pas oublié son premier amour pour autant.

«Le baseball demeure pour moi une grande passion même si j'en parle d'une manière différente», lance le Fidéen d'origine. «Il n'est plus question d'y faire ma vie, c'est aujourd'hui comme un hobby. Mais j'ai des photos de baseball dans mon bureau et j'ai aussi un bâton de baseball et des balles. Je me promène probablement tous les jours avec mon bâton de baseball ou une balle dans les mains. J'aime aussi toujours autant assister à des matchs de baseball et en parler. Même si je ne joue plus au baseball, celui-ci vit avec moi tous les jours.»

Au moment où Lavigne a été recruté par les Dodgers, les Canadiens n'étaient pas admissibles au repêchage du baseball majeur. C'est à titre de joueur autonome que le lanceur gaucher a été signé en 1990. «Un évènement extraordinaire. Ça faisait quelques années que le baseball majeur n'était plus juste un rêve. C'était devenu un objectif. Signer mon premier contrat professionnel, ce n'était pas une fin en soi, c'était le début de quelque chose.»

La belle aventure de Lavigne avec les Dodgers a duré trois saisons. Après avoir disputé sa première campagne dans la Ligue des recrues, il a ensuite évolué dans le A fort avec Bakersfield et Vero Beach. Pendant son passage dans l'organisation des Dodgers où il a côtoyé de futures vedettes des majeures comme Pedro Martinez, il a compilé un dossier de 16 victoires et 16 revers et une moyenne de points mérités de 4,18. Victime d'une blessure à l'épaule, Lavigne a été libéré par la formation californienne. C'est le 23 décembre 1993 qu'il a appris la nouvelle au téléphone. «L'appel a probablement duré 17 secondes. La personne au bout du fil m'a dit : "Oui, Martin, nous voulons te remercier pour les trois dernières saisons. Nous ne renouvellerons pas ton visa de travail pour la prochaine année. Bonne chance dans ta vie et merci" et ç'a raccroché.

«Moi, je suis très blanc et noir. J'avais eu des offres pour aller jouer ailleurs. Mais je ne savais pas si mon épaule allait être bonne pour revenir. J'ai décidé que le baseball, c'était fini et je suis retourné à l'école. J'ai fait mon bac en administration à l'Université Laval où j'ai développé une passion pour les affaires et la finance. Et depuis que j'ai gradué, je travaille dans les services financiers.»

Lavigne garde un souvenir impérissable de son expérience dans le baseball affilié. «J'ai vécu des années extraordinaires. J'y repense tous les jours. Les trois ans que j'ai passés dans l'organisation des Dodgers et les deux pendant lesquels j'ai évolué avec l'équipe nationale ont été une étape importante dans ma vie. Je leur dois une grande partie de ce que je suis devenu.»

Lavigne avait accroché son gant depuis quelques années quand il a accepté de revenir au jeu à temps partiel avec les Capitales afin de dépanner l'équipe. Entre 1999 et 2002, il a effectué 13 départs au Stade municipal et conservé un dossier de deux gains contre quatre revers. «Mon passage avec les Capitales m'a permis de boucler la boucle avec mon sport. Sentir l'adrénaline monter quand l'hymne national part, c'est imbattable comme sentiment. Tu es au monticule, il fait beau, tu as une balle dans tes mains, puis là tu essaies de focuser. Puis tu te retournes et la foule est là. J'ai lancé pour les Capitales d'abord pour aider l'équipe mais aussi pour avoir du plaisir.»

Gérer des actifs de 90 milliards $

Président de la Financière Banque Nationale - Gestion de patrimoine, Lavigne est à la tête d'une équipe qui compte environ 1800 employés au Canada dont 900 conseillers qui gèrent des actifs de l'ordre de 90 milliards $. L'ex-baseballeur indique qu'il utilise encore tous les jours dans sa nouvelle carrière les valeurs que le sport lui a enseignées comme la passion, la discipline et le désir de vaincre et les outils comme son habileté à gérer la pression et son éthique de travail. Toute cette expérience, il la partage aussi avec les jeunes qu'il rencontre à la Fondation de l'athlète de l'excellence du Québec où il oeuvre comme membre du conseil d'administration.

«Je n'avais pas véritablement l'objectif de me rendre là où je suis rendu. Ce que je voulais, c'était me lever chaque matin et me dire que j'aimais ce que je faisais. Mon but, c'était de trouver un travail qui allait me passionner, me donner le goût de venir au bureau et de m'accomplir dans mon travail. Ce sont les services financiers qui me permettent de vivre ça au quotidien. C'est comme quand j'allais au terrain de balle, que je mettais le pied sur le terrain pour m'en aller vers le monticule. J'avais tout le temps le sourire. Ça me tentait tout le temps.»

Questions/réponses

Q Moments marquants? 

R Les moments forts de ma vie, c'est sûr que c'est la naissance de mes enfants. Ma famille, c'est une grande fierté et la naissance de mes enfants a été quelque chose d'extraordinaire. Au niveau baseball, ce sont toutes les fois que j'ai eu une opportunité de gagner un championnat. 

Q Conseil marquant?

R À ma première journée au camp des Dodgers, Guy Conti m'a dit : «Martin, je vais te donner un conseil : sois toujours le premier à sauter sur le terrain et le dernier à le quitter.» J'ai compris que pour réussir, il n'y avait pas que le talent qui comptait, ça prenait aussi une bonne éthique de travail. 

Q Rencontre marquante?

R Au baseball, ma rencontre de 10 minutes avec Sandy Koufax. Je m'en rappelle encore comme si c'était hier. Je pense que je me souviens de chacune des secondes de celle-ci. Ç'a été extraordinaire. Cette rencontre m'a marqué.

Q Regrets ou chose que tu aimerais changer? 

R Je n'ai aucun regret. Et je n'ai jamais vécu avec des «j'aurais donc dû». J'ai toujours vécu à plein régime, passionné et très authentique. Demain on me dirait : «Mais Martin tu ne t'es jamais rendu jusque dans les majeures, tu n'as jamais touché à la vraie gloire. En sachant que tu ne te rendrais pas dans les majeures, referais-tu ces trois années-là?» Je dirais oui, sans hésiter.

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