Jean-Philippe Abraham: souvenir récurrent

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L'ex-joueur de football du Rouge et Or de l'Université Laval Jean-Philippe Abraham est aujourd'hui avocat dans l'équipe du cabinet Stein Monast.

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(Québec) C'est mardi qu'a eu lieu le repêchage de la Ligue canadienne de football. Et Jean-Philippe Abraham n'est pas resté insensible à l'événement.

«Chaque année, quand le mois de mai arrive et que j'entends parler des gars qui ont attiré l'attention des recruteurs de la Ligue canadienne ou même de la NFL, je me remémore mon année de repêchage en 2006, lance l'ex-numéro 97 du Rouge et Or. Et ça demeure toujours un souvenir extrêmement spécial pour moi car étant jeune, j'avais un rêve : celui de devenir un joueur professionnel. J'avais maintenu ce rêve tout au long de ma carrière même si j'étais réaliste et que je savais que ce ne sont pas tous les joueurs qui peuvent jouer professionnel.»

Choix de quatrième ronde des Eskimos d'Edmonton, le 34e au total, le secondeur n'a joué qu'une saison dans la LCF (2006). Deux semaines avant le début du camp d'entraînement de 2007, l'équipe lui a fait savoir qu'il ne faisait plus partie de ses plans. Abraham avoue avoir alors ressenti une grande tristesse et avoir dû amorcer un deuil. Mais aujourd'hui, il ne ressent aucune amertume. «Quand tu regardes le nombre de joueurs de football universitaire qui aspirent aux rangs professionnels sans jamais y accéder, tu te dis qu'une année pro, c'est quand même exceptionnel.

«En même temps, quand ma carrière a pris fin, j'avais un plan B dans le sens que j'avais mon bagage scolaire qui me permettait de me dire qu'au moment où le football se terminerait, j'amorcerais ma seconde carrière. C'est sûr que j'aurais aimé faire plus d'années au niveau professionnel. Par contre, avec du recul, je me dis : ça aurait peut-être un peu hypothéqué ma carrière d'avocat. Je n'aurais assurément pas eu les mêmes opportunités de pratique quelques années plus tard et je ne serais pas rendu là où je suis rendu aujourd'hui.»

Passionné de sport, il aurait été tout naturel pour Abraham d'étudier en sciences de l'activité physique à l'université. Mais c'est par besoin de sortir de sa zone de confort qu'il s'est inscrit en droit.

«Je recherchais un domaine où j'allais vraiment être challengé et qui me permettrait d'apprendre de nouvelles choses dans un nouveau domaine. Le droit, c'était vaste. Et je ne me suis pas trompé parce que j'apprends encore aujourd'hui.»

Faisant partie de l'équipe du cabinet Stein Monast, Abraham est spécialisé en litige civil et commercial, le domaine dans lequel il a oeuvré quand il a été recruté à sa sortie de l'université et dans lequel il s'est rapidement plu. 

Trouver des solutions

«On représente de petites, de moyennes et de grandes entreprises mais aussi certains particuliers. Moi, j'aime aider les gens à essayer de trouver des solutions à leurs problèmes. Ça fait partie de moi et de qui je suis.»

L'ex-secondeur indique qu'il lui reste un bagage important de sa carrière de footballeur. À commencer par les gens qu'il a rencontrés et avec qui il a vécu des moments spéciaux, et les amis précieux qu'il s'est faits et sur lesquels il peut compter, peu importe les circonstances. Il ajoute que l'expérience qu'il a acquise à donner des entrevues aux représentants des médias, alors qu'il devait trouver les bons mots pour bien expliquer les choses, lui sert quotidiennement dans son travail. Les moments sportifs qu'il a vécus peuvent aussi lui servir de comparatif pour des situations auxquelles il doit faire face et l'aider à surmonter certaines difficultés.

Questionné sur ce qui lui manquait le plus du football, Abraham explique que c'est de se retrouver sur le terrain et de jouer, mais aussi le sentiment que ça lui apportait et l'adrénaline qu'il y ressentait. Il ajoute qu'il s'ennuie aussi de l'esprit d'équipe et de la notion des joueurs en mission et qui travaillent dans le même but, soit de gagner le championnat.

«J'ai maintenant d'autres passions. J'ai ma famille et mon travail où je retrouve une partie de l'adrénaline que je ressentais quand je devais performer comme joueur quand je dois aller en procès et plaider devant un juge. J'ai aussi d'autres hobbys et j'essaie de me garder en forme. Je joue au hockey et au soccer et je fais un petit peu de course. Mais rien d'extrême, pas de marathons ou de choses comme ça.»

Analysant sa carrière de footballeur au cours de laquelle il a gagné un Bol d'or scolaire (Blizzard du SSF), deux collégiaux (Cougars de Lennoxville) et deux coupes Vanier à Laval (2003 et 2004), Abraham ne cache pas qu'il a été un peu chanceux de s'être retrouvé dans de bonnes équipes au bon moment, mais aussi d'avoir été repêché.

«Il y a probablement des gars qui ont fait de moi un meilleur joueur grâce à la manière qu'ils ont joué, des gars qui auraient pu être repêchés autant que moi, mais qui ne l'ont pas été. C'est juste que ç'a fitté, c'est moi...

«Une chose est sûre, ma carrière de footballeur, c'est une fierté qui est toujours là. Et même si ça fait 10 ans qu'elle est terminée, elle a encore un impact pour moi. Les gens continuent à m'associer au football. Et ils m'en parlent tous les jours.»

Questions/réponses

Q Personnalités marquantes? 

R Mon père. Il est arrivé au Canada de l'Érythrée à l'âge de 17 ans avec presque rien. Il a surmonté tous les obstacles, les épreuves et les défis qu'il a rencontrés. Il est une inspiration pour moi. Évidemment, les entraîneurs que j'ai eus comme Luc Savoie (SSF), Tony Addona (Lennoxville) et Glen Constantin (Laval). Des hommes qui m'ont aidé à devenir qui je suis. 

Q Faits marquants?

R Chacun des championnats que j'ai remportés. Mais la Coupe Vanier 2004 et le repêchage de la Ligue canadienne sont probablement les deux les plus marquants. Le repêchage, c'était un peu la concrétisation de toute ma carrière.

Q Échecs les plus amers?

R Notre défaite en demi-finale canadienne en Saskatchewan (2005). On essayait d'y aller pour trois championnats de suite et je faisais partie des vétérans de l'équipe. Et évidemment, quand je me suis fait retrancher par les Eskimos en 2007.

Q Dans tes rêves? 

R J'aimerais que mes enfants trouvent une passion dans laquelle ils pourront performer et se dépasser. J'aimerais les accompagner là-dedans et dans leur vie et les aider autant que mes parents l'ont fait pour moi dans ma jeunesse.

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