La recette de la longévité de Jacques Amyot

Toujours en excellente santé à 91 ans, Jacques... (Infographie Le Soleil)

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Toujours en excellente santé à 91 ans, Jacques Amyot demeure actif. Mais il a laissé tomber la compétition en natation par manque... d'adversaires de son âge.

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(Québec) Les années ne semblent pas avoir d'emprise sur Jacques Amyot qui, à 91 ans - il aura 92 à l'automne -, est toujours droit comme un chène, actif et vif d'esprit. Interrogé sur la recette de sa longévité, l'ex-nageur de longue distance dont le père est décédé à 54 ans répond tout de go. «C'est probablement le sport qui m'a permis d'avoir cette constitution là. De plus, je n'ai jamais fumé ni pris un coup.»

Premier Québécois à réaliser la traversée du lac Saint-Jean (1955) et premier Canadien français à réussir la traversée de la Manche (1956), M. Amyot a aussi été un adepte de cyclisme et de ski de fond, des disciplines qu'il a pratiquées jusqu'à tout récemment. À ses débuts sur les planches, il pratiquait les quatre spécialités de l'époque, soit la descente, le slalom, le ski de fond et le saut à ski. «J'aimais compétitionner et j'aimais aussi beaucoup m'entraîner.»

M. Amyot raconte que dans un monde idéal, il aurait fait carrière en cyclisme. Mais rapidement, il s'est aperçu que son gabarit était davantage celui d'un nageur. Il s'est donc concentré sur la natation longue distance, un sport qu'il avait commencé à pratiquer qu'il eut de suivre son frère. C'est après avoir terminé deuxième lors d'une épreuve de deux milles disputée au lac Saint-Joseph en 1939 que Jos Lachance l'a remarqué et l'a pris sous son aile.

M. Amyot a nagé chez les amateurs jusqu'en 1948. Un statut qui l'a empêché de toucher quelque somme que ce soit pour ses exploits. Comme cette bourse de 17 $ ou 18 $ pour avoir gagné une course de la plage Garneau à la plage Gilmour. Il a fait son entrée chez les pros après avoir pris part aux essais pour les Jeux de 1948.

«À cause de la guerre, il n'y avait pas eu de Jeux olympiques en 1940 et en 1944. Et comme à cette époque il n'y avait pas d'épreuves de longue distance aux JO, j'ai tenté de me classer au 1500 m. Je n'ai pas réussi, mais je n'ai jamais eu de regrets.»

M. Amyot se rappelle qu'à sa première course professionnelle, à l'Abord-à-Plouffe, il avait reçu 100 $ pour sa victoire. Et lors de sa traversée du lac Saint-Jean, on lui avait donné 250 $ pour ses dépenses et on lui avait promis 1000 $ s'il réussissait son défi. «Quand vous venez de vous marier, vous y pensez quand vous êtes dans l'eau. Et c'est une bonne motivation pour réussir.»

En plus de traverser le lac Saint-Jean et la Manche (1956 et 1975), M. Amyot a réalisé plusieurs défis qui ont fait beaucoup parler. Il a fait le tour de l'île d'Orléans, il a traversé à l'île-aux-Lièvres à Rivière-du-Loup, il a aussi nagé de Baie Saint-Paul aux Éboulements, puis après avoir dîné avec le maire, il a traversé à L'Isle-aux-Coudes et il a tenté de revenir à Baie-Saint-Paul. C'est le courant qui a mis fin à ses ambitions. Il a aussi nagé de Sainte-Anne-de-Beaupré à Québec et de Saint-Georges à Vallée-Jonction. Et même s'il a dû nager dans de l'eau très froide, jamais il n'a porté de wet suit

Chevalier de l'Ordre du Québec, M. Amyot a aussi été honoré par la Ville de Québec qui a nommé une piscine et une rue en son nom. À Roberval, la Ville a érigé un buste en son honneur. Et jeudi, lors du Gala de l'athlète, on dévoilera un trophée en son nom.

La fin de la compétition

Même s'il est toujours en excellente santé et en grande forme, M. Amyot a décidé de mettre un terme à certaines de ses activités au cours des dernières années. Il a ainsi arrêté de prendre part à des compétitions de natation. 

«Dans mon groupe d'âge chez les maîtres nageurs, les 85-89 ans, nous n'étions que deux nageurs. Bien souvent, je terminais premier et dernier en même temps [rire]. Moi, j'aimais la compétition et il n'y en avait plus. Alors un beau jour, je me suis dit qu'il était temps que j'arrête. Et ça ne m'a pas dérangé du tout.»

Presque à la même époque, il a aussi graduellement renoncé au vélo. Une décision qui s'est imposée par elle-même. Ayant un peu moins d'équilibre, M. Amyot se sentait un peu moins en sécurité sur sa bécane. «J'avais peur de tomber. Et à mon âge, quand on tombe, les morceaux sont plus longs à recoller [rire]. Le vélo étant mon sport préféré, ça m'a fait beaucoup de peine. J'ai aussi arrêté de faire ski de fond à cause du risque de blessures.»

C'est avec philosophie et sagesse que M. Amyot accepte les conséquences du poids des années. Il ne cache d'ailleurs pas qu'il se fatigue aujourd'hui plus vite qu'il y a quelques années. 

«Même si pour un gars de mon âge, je suis assez en forme, il y a des choses que je ne peux plus faire. Ce qui me fait de la peine, c'est que je ne peux plus travailler comme avant. C'est certain que c'est difficile. Mais on ne peut rien faire contre ça. C'est la nature. C'est plate vieillir mais c'est le seul moyen de vivre vieux [rire]», lance le nageur qui mentionne qu'il recommencera à s'entraîner dans sa piscine dès que le beau temps sera de retour.

«C'est certain, il y en a qui sont plus vite que moi. Mais d'autres sont pliés en deux et ils marchent avec une cane. Je n'ai pas de problème. Et je conduis encore mon auto, sans lunettes, même le soir. Je suis chanceux.»

Questions/réponses

Q Le plus impressionnant?

R Quand on a fait sonner les cloches de la cathédrale de Sainte-Anne-de-Beaupré à mon arrivée dans la municipalité alors que je participais à une parade organisée en mon honneur. Le curé m'avait dit à l'époque que c'était quelque chose de rare, que c'était habituellement réservé aux évêques et aux cardinaux. 

Q Faits marquants?

R Les traversées du lac Saint-Jean et de la Manche ont changé ma vie. Elles m'ont permis de rencontrer beaucoup de gens et j'ai pris goût à ça. Par la suite, j'ai quitté mon emploi de dessinateur pour être représentant. 

Q Personnalités marquantes?

R Jos Lachance qui a été mon professeur de natation. Ben Drouin un nageur comme moi qui est devenu mon entraîneur quand Jos Lachance est mort. C'est avec lui que j'ai traversé la Manche la deuxième fois en 1975. Il y a aussi eu Raymond Roy et Gilles Demers.

Q Le plus satisfaisant?

R La traversée de la Manche, une épreuve reconnue mondialement. Ça m'a permis d'être intronisé au Temple de la renommée de l'International Marathon Swimming Association.

Q Échec le plus amer? 

R Ne pas avoir réussi la traversée du lac Ontario.

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