Maxime Boilard, entrepreneur dans l'âme

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Maxime Boilard, ancien spécialiste du canot qui a pris le quatrième rang aux Jeux de Sydney en 2000, dirige aujourd'hui l'entreprise CANU.

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(Québec) Lorsqu'il a fondé l'entreprise CANU en 2007, Maxime Boilard n'a pas réalisé que sa carrière d'entrepreneur s'était amorcée longtemps avant qu'il décide de se lancer en affaires. Ce n'est que quelques années plus tard, en 2013, qu'il en a pris conscience.

«J'avais toujours mené ma carrière d'athlète en canoë à la manière d'un entrepreneur, lance-t-il. Au lieu d'attendre après les autres, j'avais décidé de chercher moi-même mes commanditaires. Et quand on m'avait dit que j'avais besoin d'être plus connu pour être financé, j'avais commencé à appeler les journalistes. J'avais un but, j'organisais ma vie en fonction de celui-ci et j'allais chercher de l'aide dont j'avais besoin. C'est avec le temps que je me suis aperçu que comme entrepreneur, je faisais la même chose.»

Diplômé en finances-marketing de H E C Montréal, Boilard a aussi suivi une formation intensive à l'Institut Iacocca, aux États-Unis, où il a réalisé que son caractère compétitif pourrait le servir ailleurs que dans le sport et compris qu'il aurait son entreprise à lui. C'est de retour d'un voyage de quatre mois au Pérou au début de 2007 qu'il a décidé de passer à l'action.

«Quand j'ai dit : O.K. je pars la business, j'ai recommencé à me sentir comme je me sentais à 11 ans, quand j'ai découvert le canot et que tout était devenu clair pour moi. Je me réveillais à 6 h le matin et j'avais l'impression que mon rêve avait avancé pendant la nuit.

«J'ai démarré ma business en mars et en juin, j'ai fait un projet pilote. J'ai invité une vingtaine de mes chums et on a testé l'idée que j'avais. À 1h du matin, il y a des participants qui m'écrivaient encore pour me parler de leur expérience. Là, j'ai eu l'impression que je touchais à quelque chose.»

S'étant toujours intéressé à la performance et à la notion mentale de celle-ci, le natif de Lac-Beauport explique que c'est son désir de bien comprendre ce que l'on entend par accomplissement et préparation pour la performance et de trouver ce qui permet de créer un environnement simple et nourrissant qui lui a permis de guider son choix vers le domaine dans lequel il souhaitait travailler.

«Il y avait aussi comment je pouvais intégrer la première partie de mon existence à la deuxième, dans quel milieu je pourrais avoir le terrain de jeu pour être vraiment heureux et quelle était la contribution la plus précieuse que je pouvais emmener. Je sentais qu'elle était en lien avec le talent que j'ai d'accompagner les leaders et les équipes qui visent des changements d'importance historique.»

CANU n'a pas mis de temps à gagner ses lettres de noblesse et à devenir une référence. Au fil des années, Boilard et son équipe ont été appelés à travailler avec plusieurs clients prestigieux comme l'équipe canadienne de lutte, la formation paralympique de ski alpin, la Brasserie sportive La Cage, Premier Tech, la Banque TD, etc.

Échec amer

C'est sur un échec amer que s'est terminé la carrière en canoë de Maxime Boilard. Lors de la dernière qualification pour les Jeux d'Athènes, au dernier coup de pagaie avant de franchir la ligne d'arrivée, son embarcation a chaviré et il est tombé à l'eau. Son rêve olympique venait de prendre fin, lui qui quatre ans plus tôt, avait terminé quatrième à Sydney.

La retraite n'a pas été facile pour Boilard. Il raconte que son premier gros défi a été de se regarder dans le miroir et de se dire qu'il avait perdu. «Dans les semaines et les mois qui ont suivi mon échec, ce n'était pas clair si j'arrêtais ou non. J'avais besoin de vivre avec le perdant que je pouvais être afin de le savoir. Ce qui a été difficile aussi, ce fut de vivre ma transition entre ma vie d'athlète et celle de personne "normale" et de faire face à l'inconnu.»

De retour sur les bancs d'école, Boilard a préféré cacher son passé. «J'étais amer de ma défaite, je ne voulais pas en parler. Et j'avais besoin de savoir qui j'étais à l'extérieur du monde du sport de manière à ce mon prochain projet de vie ne soit pas un compromis sur mes passions.»

Douze ans après avoir accroché sa pagaie, Boilard a fait la paix avec le canoë. Il avoue parfois s'ennuyer des gens qu'il côtoyait mais il ajoute être demeuré en contact avec son coach Fred Jobin et Sean Cannon, dont la plus jeune fille est sa filleule. Adepte de course à pied, il va régulièrement travailler en courant. Pour lui, c'est une façon de joindre l'utile à l'agréable. Il s'est fixé comme objectif de faire un marathon en moins de trois heures pour ses 40 ans. Il en aura 38 en juin. Son meilleur chrono est de 3h19. Et il s'est beaucoup amélioré depuis. Appelé à revenir sur sa carrière, il ne cache pas qu'il en est très fier. 

«Je suis content de ma carrière d'athlète. Et aujourd'hui, je ne dis pas que ça s'est terminé sur une déception. Pour moi, Sydney a été la réussite et Athènes, l'échec. Ma carrière aurait été incomplète si elle s'était terminée sur une victoire. Il fallait que je connaisse un cuisant échec pour vivre la transformation qui a suivi.»

Questions/réponses

Q Personnalités marquantes? 

R Mon père qui m'a toujours aidé à regarder le canoë d'une manière qui me mettait en confiance. Sans jamais me mettre de pression. Fred [Frédéric Jobin], mon coach. On a fait nos meilleurs et nos pires coups ensemble. Puis Sean [Cannon], mon meilleur ami dans ce temps-là et qui l'est toujours. 

Q Faits marquants?

R La première fois que je suis embarqué dans un canoë et la sensation que j'ai alors éprouvée. Les Jeux de Sydney, pour le vent de 80 km/h et ma belle quatrième place. Ce fut encore plus marquant parce que mes parents étaient là. Et l'échec inoubliable d'Athènes. 

Q Si c'était à refaire?

R Je pense que je serais moins rigide par rapport à ma vision de la performance. Je serais moins contrôlant et plus ouvert et je me ferais plus d'amis.

Q Si tu n'avais pas fait de canoë, vers quel sport te serais-tu tourné? 

R J'aurais sûrement pratiqué un sport semblable, un sport qui fait mal dans les mêmes zones. Quelque chose qui brûle. Ça aurait pu être du patinage de vitesse ou du bike, mais dans un vélodrome.

Q Dans 20 ans?

R Je pense que je vais continuer à mener la vie que j'ai envie de mener, soit être au service de ce en quoi je crois et être entouré des gens que j'aime.

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