La dolce vita... en attendant pour Johanne Bégin

Destinée à une carrière dans la police, Johanne... (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Destinée à une carrière dans la police, Johanne Bégin a joué au water-polo jusqu'à 42 ans. Après une longue carrière dans la piscine, elle se la coule douce dans sa résidence, en Sicile.

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Retournée vivre en Italie depuis qu'elle a démissionné de son poste d'entraîneure en chef de l'équipe nationale de water-polo du Canada en septembre, Johanne Bégin apprend à apprivoiser sa nouvelle vie loin de la piscine où elle avait passé plus d'une trentaine d'années. Après avoir vécu à 100 milles à l'heure, elle se livre aujourd'hui aux douceurs du farniente de la Sicile où son conjoint et elle ont leur résidence.

«Je profite de la vie, lance-t-elle. C'est certain, je suis jeune pour être retraitée. Mais j'ai réalisé, après une bonne réflexion, que ce break-là était le bienvenu. Avec l'année que j'avais eue, je le méritais. Tranquillement pas vite, je m'habitue à rester à la maison, à cuisiner, à aller faire mon marché à tous les jours pour me procurer mes produits frais et à lire mon livre les deux pieds sur mon pouf en regardant la mer. Je peux me le permettre parce que j'ai mon conjoint qui travaille et qui prend bien soin de moi.»

La poloïste avait toujours gardé le silence sur les raisons qui l'avaient poussée à démissionner de son poste avec l'équipe nationale. Aujourd'hui en paix avec elle-même, elle lève le voile sur celles-ci. «Je sens que j'ai été forcée de m'en aller parce que l'on ne me faisait plus confiance. On me demandait de modifier mon staff, ma façon de coacher et plein de choses. Après que l'équipe ait pris part aux Championnats du monde en Russie, j'ai voulu faire un ménage drastique. La Fédération n'était pas derrière moi. Je me lançais dans une guerre toute seule. J'ai laissé les choses comme elles étaient et j'ai quitté.»

Johanne avoue avoir eu de la difficulté à digérer la fin de son association avec l'équipe nationale. D'abord parce que ce n'était pas la façon dont elle souhaitait la quitter mais aussi parce qu'elle pense qu'avec ses 12 années passées en Europe, elle était une grande ressource pour Water-polo Canada.

«Après avoir démissionné, je me suis lancée à gauche et à droite pour oublier. J'ai fini par accepter parce que je n'avais pas le choix. J'ai commencé à faire du yoga et j'ai pris des cours de cuisine. Et là, je m'improvise chef. S'il y a quelque chose qui réunit les gens en Italie, c'est bien la bonne table. J'essaie de devenir un point de référence dans la famille de mon conjoint et d'être la personne qui cuisine le mieux (rires).»

De la police au water-polo

Destinée à une carrière de policière, Johanne a joué au water-polo professionnel jusqu'à l'âge de 42 ans. Le tournant de sa carrière est survenu en 2005 quand elle a quitté son travail au Service de police de la Ville de Québec et vendu sa maison afin d'aller faire sa vie en Italie.

«Le sport faisait que je pouvais gagner ma vie en Italie. Mais c'est l'amour qui a guidé ma décision. C'était un gros risque. Un amour peut s'éteindre du jour au lendemain. Mais j'ai choisi le coeur. Et je n'ai aucun regret. M'expatrier m'a apporté beaucoup de bonheur et m'a permis de devenir la femme que je suis.»

Johanne a brillé dans la piscine jusqu'à la fin de sa carrière à l'âge de 42 ans. Elle est d'avis qu'elle a connu ses meilleures années à 40-41 ans. C'est à cette époque que les dirigeants de l'équipe nationale italienne ont profité du fait qu'elle avait un double passeport pour l'inviter à se joindre à leur équipe. Après le camp d'entraînement, elle l'a quittée pour ne pas briser l'esprit d'équipe et ne pas être celle qui pourrait éliminer le Canada lors des qualifs. Deux mois avant les Jeux, elle a reçu une nouvelle invitation des Italiens. Elle l'a refusée, notamment par fidélité pour l'unifolié.

Parlant de sa carrière de policière, la Fidéenne mentionne que ce qui lui manque le plus, c'est l'esprit de corps, la gang et les belles amitiés qu'elle développait avec les gens avec qui elle était en contact. «Aider me manque aussi beaucoup. Je pense être une personne avec un grand coeur et j'étais dans la police pour aider. Mais si j'y étais demeurée, je n'aurais pas eu la qualité de vie que j'ai eue pendant les 15 dernières années.»

Johanne n'a pas fait une croix sur le water-polo. Pourrait-elle coacher en Italie? «Ça va être très difficile. Le water-polo étant un sport professionnel, il y a beaucoup d'ex-joueurs susceptibles d'occuper les postes d'entraîneurs. Mais j'applique aussi sur des postes à l'extérieur de l'Italie. J'ai une grande expertise. Je trouve qu'elle serait gaspillée si je n'étais pas capable de la mettre au service de personnes.»

La policière en elle pourrait-elle renaître? «En Italie, c'est impossible. Je suis trop vieille et tout est différent au niveau des lois. Même quand je suis arrivée en Italie, ce n'était pas quelque chose de possible. Il aurait fallu que je retourne sur les bancs d'école. Et honnêtement, le travail de policière là-bas ne m'attire pas beaucoup.»

Interrogée si elle pourrait revenir coacher l'équipe nationale si on lui en offrait la chance, elle a simplement répondu : «Je serais une folle de ne pas considérer les possibilités. Mais j'aime mieux ne pas m'attendre à rien.»

Questions/réponses

Q Faits marquants?

R Ma médaille de bronze en 2005 à Montréal, lors des Championnats de la FINA. J'avais décidé qu'après cette compétition, ce serait la fin de ma carrière avec l'équipe nationale du Canada. C'était un beau moment pour gagner une médaille. Aussi, mon invitation pour aller jouer avec l'équipe nationale italienne qui prenait part aux qualifications olympiques (2011). À 41 ans, c'était tout un honneur.

Q Personnalité marquante?

R Johanne Gervais. C'est elle qui m'a cherchée dans les piscines quand j'étais toute jeune. À l'époque, je faisais de la natation. Elle s'est acharnée pour m'amener au water-polo. Je t'en suis reconnaissante, ma Jojo.

Q Ce qui te manque le plus?

R La famille et la gang. Toute ma vie, même comme entraîneure, j'ai été entourée de gens. 

Q Comment te décrire comme athlète?

R À mon dernier match avant ma retraite en Italie, on a suspendu sur le bord de la piscine une bannière sur laquelle était inscrit «la leader silencieuse». Ça m'a beaucoup touchée. Partout où je suis passée, j'ai essayé de ne pas être une leader en disant aux autres quoi faire. J'ai préféré donner l'exemple pour que l'on me suive.

Q Plus grande qualité?

R Le respect, des gens et des règles.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer