Le rêve de Charles St-Hilaire toujours présent

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Même s'il n'a pas obtenu son passeport pour les Olympiques pendant sa carrière, l'épéiste Charles Saint-Hilaire n'est pas amer. Maintenant entraîneur, il espère aider des athlètes à atteindre «les plus hauts niveaux».

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(Québec) Même s'il a fait partie des meilleurs épéistes de la scène nationale et qu'il s'est signalé au niveau international, Charles St-Hilaire n'a jamais réalisé son objectif ultime de prendre part aux Jeux olympiques. Presque 10 ans après avoir pris sa retraite, il n'a cependant pas renoncé à son rêve.

«J'ai choisi de devenir entraîneur et de transmettre ma passion aux jeunes», explique le Fidéen. «Je veux aider les athlètes à atteindre les plus hauts niveaux. J'ai le désir d'emmener quelqu'un là où moi je n'ai pas pu aller. Et si je réussis un jour à le faire, ça va être pour moi un bel accomplissement, aussi satisfaisant que si je l'avais moi-même réalisé en tant qu'athlète.»

St-Hilaire indique que du temps où il compétitionnait, il n'envisageait pas de devenir entraîneur à la fin de sa carrière. À ses dernières années comme athlète, il a cependant aidé Guy Boulanger, son coach au club Estoc, dans l'encadrement des plus jeunes lors des camps d'entraînement et des compétitions. Il s'est aperçu qu'il aimait s'occuper des athlètes et qu'il avait du plaisir à le faire.

«Quand j'ai pris ma retraite, une décision qui n'était pas planifiée, j'ai eu le goût de poursuivre dans le domaine du coaching en escrime. J'ai travaillé quelques années au sein du programme sport-études de l'école Cardinal-Roy. Mais pour moi, c'était clair, je voulais faire du coaching à temps plein parce que je voulais m'occuper de l'élite, des athlètes qui ont besoin qu'on leur consacre beaucoup de temps. J'ai ouvert mon club [STH club d'escrime de Québec] en 2011 avec comme objectif de donner à mes jeunes des conditions d'entraînement que peut-être je n'avais pas eu la chance d'avoir.»

Depuis qu'il a décidé de fonder son club, le Fidéen a dû porter plusieurs chapeaux. Car même si son objectif premier était de développer l'élite, il a aussi travaillé à faire connaître l'escrime dans les écoles et à développer un volet participatif tant chez les jeunes que chez les adultes. Il avoue cependant que la transition entre l'athlète et l'entraîneur n'a pas toujours été facile.

«Ce n'est pas tout le monde qui rêve aux plus hauts niveaux. Et c'est difficile de voir quelqu'un qui a beaucoup de talent ne pas vouloir pousser plus loin. Mais il faut que je respecte ça. Et mes attentes envers elles doivent être plus basses. Une autre personne me dit qu'elle veut se rendre à l'équipe nationale, ben là, ma job c'est d'être plus dur avec elle. Changer ma manière de faire à toutes les cinq minutes tout dépendant à qui je parle et moduler ma façon d'intervenir, c'est un défi. J'imagine qu'avec le temps, on devient meilleur pour le faire.»

Blessure récurrente

C'est en 2007 que St-Hilaire s'est retiré de la compétition. Obligé de prendre une pause d'entraînement à cause d'une blessure récurrente au dos (double hernie discale), il a été, à son retour à la compétition, écarté de l'équipe qui allait aux championnats panaméricains, épreuve de qualification olympique de la zone des Amériques, par le bureau de la Fédération canadienne d'escrime.

«Par la suite, ma seule chance d'obtenir mon laissez-passer pour les Jeux de Pékin aurait été de remporter des épreuves sur le circuit de la Coupe du monde ou lors des championnats mondiaux. Et je n'avais pas de chance de le faire. Face aux épéistes européens, mon niveau n'était pas assez élevé.»

C'était la deuxième fois que St-Hilaire voyait son rêve d'aller aux JO s'évanouir. En 2004, il avait obtenu ses standards olympiques de la Fédération internationale d'escrime. Il n'avait cependant pu répondre à un des standards initiés par le Canada dans le but d'envoyer aux JO les athlètes ayant les meilleures chances de performer. Mais même s'il n'a pu vivre les Jeux, St-Hilaire n'est pas amer.

«Les Jeux olympiques, c'est l'évènement le plus médiatisé et le plus prestigieux. Mais ce n'est pas, côté escrime, la compétition la plus difficile à gagner. Tu as quatre matchs à faire. Tu les gagnes et tu es champion. Dans une compétition de Coupe du monde régulière, tu as environ 11 combats à faire. Mais c'est sûr que n'importe quel athlète ayant gagné une médaille en Coupe du monde préférerait l'échanger contre une médaille olympique.»

St-Hilaire confie qu'il garde un excellent souvenir de sa carrière et qu'il en est très fier. Au cours de celle-ci, il a été 13 fois champion canadien, il a été sélectionné 9 fois pour prendre part aux championnats du monde, il a obtenu plusieurs tops 16 en Coupe du monde en plus d'aller 3 fois aux Jeux mondiaux universitaires.

«Si on m'avait dit au début de ma carrière "regardes, tu vas faire ça, tu vas accomplir ça, tu vas réaliser ça, mais tu vas aussi rater ça et ça, tu vas essayer d'aller aux JO pendant toute ta carrière et tu n'iras pas", je recommencerais quand même. Tout ce que j'ai vécu, les gens que j'ai rencontrés, les épreuves que j'ai réussi à surmonter, c'est super. Prendre part aux Olympiques, ça aurait été la cerise sur le sundae. Mais je referais n'importe quand ce beau voyage qui a duré pendant presque 20 ans.»

Questions/réponses

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents, c'est sûr. Ils m'ont appuyé tout le temps, pas juste sur le plan financier. Et jamais je n'ai senti de pression de leur part. Guy Boulanger, l'entraîneur qui m'a fait découvrir l'escrime quand j'étais enfant et qui m'a coaché jusqu'à la fin de ma carrière. Mais aussi les entraîneurs de l'équipe nationale, les préparateurs physiques, mon physio, etc.

Q Le fait marquant de ta carrière?

R Ma septième position aux Jeux mondiaux universitaires, une compétition tenue à Palma de Mallorca [1999]. J'avais connu une super journée. Et j'étais passé à une touche d'une médaille.

Q Choses que tu aimerais changer?

R Si on me donnait la chance de recommencer, je doublerais d'ardeur. Tant qu'à m'avoir investi autant en escrime, il me semble que ça aurait été le fun d'en faire un petit peu plus encore. J'aurais pu travailler plus fort, m'entraîner davantage et être plus sérieux.

Q Autre sport si tu n'avais pas fait d'escrime?

R J'ai été beaucoup impliqué en soccer. J'ai presque toujours été capitaine de mes équipes. J'étais quelqu'un qui mettait beaucoup d'ardeur au jeu et lors des entraînements et les coachs avaient l'air à aimer ça.

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