Thomas Rinfret, le touche-à-tout

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L'ancien athlète multi disciplinaire Thomas Rinfret est aujourd'hui réalisateur au sein de l'entreprise Pléhause Films.

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(Québec) Rares sont les athlètes au Québec ayant eu un parcours sportif aussi atypique que celui de Thomas Rinfret. Il a d'abord joué au hockey, puis il a fait du ski nautique et du ski alpin où il a remporté, en 1996, le championnat mondial chez les 13-14 ans (Coupe Topolino). Rinfret a ensuite fait sa marque en wakeboard, en skicross et en freeski.

«J'ai toujours été un touche-à-tout», avoue l'athlète originaire de Lac-Beauport. «Je pense que c'est la clé pour faire les meilleurs athlètes. En tous les cas, ça l'a été dans mon cas. Quand j'arrivais dans une nouvelle discipline, j'avais tellement pratiqué de trucs avant que je réussissais tout de suite assez bien.»

Voué à une belle carrière internationale au même titre que ses coéquipiers Érik Guay et Julien Cousineau, Rinfret a pris tout le monde par surprise au début des années 2000 quand il a abandonné le ski alpin afin d'entreprendre une carrière en skicross. Il explique sa décision en disant qu'il avait l'impression d'être pris dans une structure où tout ce qu'on lui offrait, c'était une course aux millièmes de secondes. Il ajoute qu'inconsciemment, sa victoire en Italie avait peut-être satisfait ses aspirations de skieur alpin.

«Je n'avais évidemment pas à l'esprit que ma carrière en ski alpin était terminée aux lendemains de ma victoire à la Topolino. Mais par la suite, j'ai commencé tranquillement à m'intéresser à autre chose au lieu de demeurer focalisé sur mon sport. Je faisais déjà du freeski pour m'amuser sur une base quotidienne. C'était un nouveau sport où tout était ouvert, un monde de possibilités incroyables où l'effervescence était unique. Et il y avait tout le côté magazines et films qui fut pour moi une espèce d'ouverture sur ce que je fais aujourd'hui. Et je pensais avoir le potentiel de faire quelque chose de bon là-dedans.

«Il y a un moment dans la vie où tu as le choix de rester dans ta case ou de partir à l'aventure. Je viens d'une famille qui a toujours prôné la liberté. Une conjoncture d'éléments et un appel de l'aventure vraiment fort m'ont finalement incité à mettre fin à ma carrière en ski alpin.»

Rinfret ne cache pas que la transition dans sa nouvelle discipline n'a pas toujours été facile. Malgré ses habiletés, il n'était pas au niveau des meilleurs. Et il a dû batailler ferme pour faire sa place. A-t-il eu des regrets d'avoir renoncé au ski alpin? Il s'est maintes fois posé la question.

«Je ne dirai jamais que j'ai des regrets parce que le freeski m'a amené une grande ouverture sur le monde dans lequel je suis aujourd'hui. Et j'adore ce que je fais maintenant. Mais c'est sûr que je réalise qu'en ski alpin, je tenais quelque chose entre les mains.»

C'est alors qu'il faisait du freeski que Rinfret s'est découvert une nouvelle passion. Le cinéma. Avec des caméras achetés dans des pawn shops, lui et ses comparses ont filmé leurs descentes et leurs cascades toujours de plus en plus périlleuses. Les films de leurs exploits ont fait le bonheur des amateurs de freeski aux quatre coins de la planète et leur ont permis d'être appuyés par des commanditaires de prestige.

Rinfret avait 27 ans quand il a décidé de mettre un terme à sa carrière en freeski. Il ne voyait plus la discipline du même oeil après que des gens autour de lui eurent subi des blessures sérieuses sur leurs planches ou eurent même perdu la vie. Et il était aussi hanté par ses propres blessures.

«J'étais rendu trop lucide, trop conscient de ce qui pouvait arriver. Et je dégageais une espèce de crainte qui, je pense, se transposait sur les gens autour de moi.»

Le cinéma

C'est après sa retraite que Rinfret est passé à 100 % derrière la caméra. «Ce qui est le fun, c'est que mes changements de carrière ont toujours été naturels. Ça n'a jamais été une brisure franche. Il y avait toujours quelque chose de mon ancienne carrière dans ma nouvelle.»

Impliqué dans l'entreprise Pléhouse Films, Rinfret s'est découvert une réelle passion pour la réalisation et il a voulu se donner les outils pour exploiter son côté créatif. Il est allé étudier en documentaire à l'Institut national de l'Image et du son. Après avoir obtenu son diplôme, il a travaillé comme réalisateur à Radio-Canada sur Tellement Sport puis à Télé Québec sur divers projets dont la série Ma vie après le sport.

«J'ai fait 4 épisodes sur 12, si je me souviens bien. Tous les athlètes ont vécu des trucs similaires après leur retraite à l'exception de ceux qui avaient bien planifié leur après-carrière. J'espère que cette série-là a eu un impact sur les jeunes.

Rinfret travaille présentement sur trois projets. Il réalise deux séries avec Karina Marceau qui sont en production chez Groupe PVO dont une jette un regard différent sur la religion. Il fait en outre partie d'un projet en développement chez Vélocité Productions et BreakOut Entertainment portant sur la famille de lutteurs Vachon. 

«Mon rêve à court-moyen terme, c'est de vraiment trouver ma forme, ce qui me définit en tant que documentariste. Je ne mets pas une croix sur la fiction. Mais j'ai d'autres choses à faire pour l'instant.»

Questions/réponses

La plus belle leçon apprise de tes parents?

R Ma mère qui est décédée il y a trois ans à l'âge de 54, était malade et très handicapée par sa maladie. Elle ne pouvait travailler, faire du sport ou vaquer à ses occupations. Et j'avais mon père qui avait bien réussi et qui était très libre. Avoir cette perspective en grandissant m'a donné un spectre assez large de ce qu'est la vie. Je savais qu'elle pouvait être d'une manière mais aussi complètement à l'opposé. 

Q Plus grande fierté?

R Avoir réussi dans plusieurs sports à un haut niveau et avoir été capable de mener mes passions à de hauts niveaux, d'en avoir vécu et d'en avoir créé un style de vie. 

Q Ce qui te manque le plus?

R Je dis souvent que ce qui m'a le plus marqué, ce sont les odeurs des endroits. Elles me rappellent ce que j'ai vécu. Et ce qui me manque, ce sont les gens avec qui j'ai vécu toutes ces choses.

Q Ce qui ne te manque pas?

R Avoir à quitter toujours le Québec. J'aime voyager mais j'adore voyager quand j'en ai envie. J'aime trop ma ville de Lac-Beauport pour être toujours parti.

Q Des rêves à réaliser?

R Continuer de vivre de ma passion et le faire avec une discipline qui va me permettre d'atteindre mes objectifs. Aussi d'avoir d'autres enfants et de faire du camping en famille.

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