La vie équilibrée de François Leboeuf

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L'ex-biathlète François Leboeuf est aujourd'hui enseignant en Suisse, où il a adopté la pratique de la course à pied.

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(Québec) Enseignant au primaire, père de famille de trois enfants et athlète de pointe, François Leboeuf mène une vie bien remplie qui le comble à tous les niveaux.

«Pour moi, c'est l'équilibre», lance-t-il. «Et c'est ce que j'ai toujours recherché. Je n'ai jamais été le genre de personne capable de se concentrer sur une seule affaire. Je dois faire une foule de choses en même temps pour me sentir bien et être heureux.»

Ex-membre de l'équipe nationale de biathlon, Leboeuf a pris sa retraite officielle au printemps de 2009 au terme de sa deuxième saison chez les seniors. Il n'avait que 23 ans. Il confie que c'est peut-être ce besoin de s'impliquer dans plusieurs domaines en même temps qui avait freiné sa progression dans sa carrière sportive et qui, en fin de compte, y avait mis fin prématurément.

«Je mettais beaucoup de pression. J'avais l'impression que je pouvais faire plus. Et j'étais toujours déçu. Au niveau où j'étais, il fallait que je me donne à fond dans mon sport. Et c'est très difficile de garder un équilibre. L'école était cependant trop importante pour moi. J'avais besoin de travailler sur différents fronts et de sentir que j'avais un impact un peu partout.»

Leboeuf ne cache pas que sa décision de mettre fin à sa carrière fut déchirante. Lui qui n'avait jamais été aux Olympiques faisait-il une erreur en renonçant à tenter de se qualifier pour les prochains Jeux? «Ce qui a rendu ma décision un peu plus facile, c'est qu'autant j'aimais mon sport, autant je n'étais pas heureux en ne faisant que ça. 

«Ce fut quasiment une libération quand j'ai arrêté et que je me suis rendu compte que la vie continuait et qu'il y avait d'autres défis qui m'attendaient. J'amorçais mes stages en enseignement à l'université et c'était très motivant. Je savais que j'allais aimer enseigner.»

L'ex-biathlète confirme qu'il n'a jamais regretté avoir mis fin à sa carrière, même si ses compagnons de longue route ont poursuivi la leur et y ont connu du succès. Marc-André Bédard et Jean-Philippe Le Guellec, avec qui son frère Maxime et lui ont remporté une médaille d'argent au relais des Championnats du monde jeunesse junior de biathlon à Haute-Maurienne en France en 2004, ont tous deux pris part aux JO. Le Guellec est même devenu le premier Canadien à remporter une épreuve de la Coupe du monde en 2012.

«Je ne peux me comparer à Jean-Philippe. Il avait une tête de coureur et un talent fou. Mais je pourrais le faire avec Nathan Smith, avec qui je me suis entraîné pendant deux ans. Au niveau du talent, il était plutôt comme moi. Ça lui a pris des années de persévérance pour arriver où il est.

«Peut-être que si j'avais mis autant de temps que lui dans le biathlon, j'aurais pu en faire plus. Mais pour moi, le sacrifice était trop gros. Je n'ai donc pas de regrets. Aujourd'hui j'ai une femme, j'ai des enfants et je ne pense pas que j'aurais eu tout ça si j'avais passé plus de temps en biathlon.»

L'âme en paix

En paix avec lui-même, Leboeuf mentionne qu'il a toujours la piqûre pour le biathlon. Il ne manque jamais la télédiffusion des épreuves de la Coupe du monde qui sont présentées sur Eurosport.

Expatrié en Alberta à l'âge de 19 ans afin de s'entraîner au centre national à Canmore et de perfectionner son anglais, Leboeuf y a terminé ses études en enseignement et y a ensuite travaillé pendant cinq ans dans des écoles francophones.

Il a d'abord enseigné à des élèves de sixième année puis il a été au niveau junior high où, parallèlement à son travail, il a été responsable du programme Apple School, où, en plus de s'occuper des activités sportives, il coordonnait un programme de santé avec un groupe d'élèves.

C'est lors de son passage à Canmore qu'il a rencontré l'amour de sa vie, une fondeuse membre de l'équipe B de la Suisse. Le couple a vécu dans l'Ouest canadien jusqu'en 2014. Il a ensuite pris la décision de déménager en Suisse afin de se rapprocher de la famille.

«Même si les premiers mois ont été difficiles, plein de défis nous attendaient. Ça valait le coup,» explique Leboeuf, qui réside à Vevey, non loin de Lausanne. «Nous. Québécois, avons beaucoup de similarités avec les Européens au niveau du rythme de vie et des valeurs. Et au niveau qualité de vie, c'est imbattable. On a les montagnes d'un côté et on est sur le bord du lac Léman.»

Parlant de son travail de prof, le Québécois explique qu'il aime beaucoup la rigueur du système d'enseignement suisse. Il ne cache cependant pas qu'il s'ennuie beaucoup de sa famille, avec laquelle il peut heureusement garder un contact constant grâce aux Facebook et Skype de ce monde. Aujourd'hui adepte de la course à pied, il se spécialise dans les épreuves en montagne.

«Ce que j'aime avec la course à pied, c'est que ce n'est pas compliqué. Pour t'entraîner, tu n'as qu'à mettre tes souliers de course et à  sortir de chez vous. Et il y a vraiment de belles courses à faire.»

Questions/réponses

Q Fait marquant en carrière? 

R Notre médaille d'argent en relais aux Championnats du monde jeunesse et junior. Et ma première Coupe du monde à Oberhof. J'y ai vu un côté du biathlon que je ne connaissais pas. L'arrivée dans le stade se fait devant 30 000 personnes. C'est une fête, un gros spectacle. 

Q Personnalités marquantes?

R René Lévesque, qui m'a mis sur les skis et qui m'a appris toutes les bases du ski de fond, et Daniel Lefebvre, qui nous a fait vivre la passion du biathlon pendant plusieurs années. 

Q Plus grande fierté?

R Il y a mes enfants. Je suis aussi fier que ma conjointe et moi nous ayons réussi à nous intégrer aussi rapidement en Suisse. Ça, c'était une inquiétude pour nous deux. Ma femme est suisse-allemande et on est dans la partie française. Il y a des différences culturelles assez importantes même si c'est le même pays.

Q Le prochain défi? 

R Sportif, ce sera d'améliorer mon rang à la Sierre-Zinal, la plus grosse course de montagne en Suisse. En 2015, j'ai fini 20e. J'aimerais cette année être dans les 15 premiers. Au niveau professionnel, je suis content avec ce que j'ai. Mais j'aimerais ça, quand mes enfants vont grandir, trouver une manière de m'impliquer de nouveau dans le sport avec le coaching.

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