Sylvie Piché, coach de l'après-carrière

L'ex-patineuse artistique Sylvie Piché, que l'on voit ci-haut... (Infographie Le Soleil)

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L'ex-patineuse artistique Sylvie Piché, que l'on voit ci-haut avec son frère Serge, aide aujourd'hui les jeunes athlètes à préparer leur après-carrière.

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(Québec) Même si les lendemains de sa carrière de patineuse furent très difficiles, Sylvie Piché était destinée à oeuvrer dans un domaine qui la remettrait en contact avec le sport. Détentrice d'une maîtrise en orientation, elle a ensuite suivi une formation qu'elle a adaptée et qui lui permet de travailler comme coach de carrière.

«Avant la fin de mon bac, une de mes amies m'avait dit : "Si un jour tu ne retournes pas à tes athlètes, je vais être bien surprise"», raconte l'ex-patineuse spécialisée en danse. «Mais ça ma pris du temps avant que je me réoriente vers les athlètes. Aujourd'hui, je sais que je n'aurais pas pu vivre sans le sport. Pas au niveau de la pratique parce que je ne suis pas très active [rire]. Mais, c'était sûr que j'allais y revenir. Je suis à 100 % dedans. Je suis passionnée et j'adore ce que je fais.»

C'est à force de rencontrer des jeunes que Sylvie a peu dévié de son travail d'orienteuse et qu'elle a ajouté à son expertise celle de coach de carrière. Elle indique que peu importe le sport d'élite qui est pratiqué, il y a toujours une fin. Mais même si les athlètes profitent d'un excellent encadrement leur permettant de poursuivre leurs études, ils ne voient pas toujours la pertinence de préparer leur après-carrière sportive.

«Une carrière, ça peut se terminer du jour au lendemain. Je l'ai vécu. Mais quand j'ai abandonné le patin, il ne me restait qu'une année d'études avant d'obtenir mon bac. 

«Comme coach de carrière, j'explore un peu le passé de l'athlète et je vais de l'avant. Je lui propose des avenues avec lesquelles il est confortable. Mais je n'impose rien.»

Au cours des années, Sylvie a vu plusieurs des jeunes ayant sollicité son aide prendre un nouveau départ. Elle parle d'un jeune hockeyeur qui rêvait de gagner sa vie avec le hockey, mais qui avait perdu confiance en ses moyens. Les interventions de Sylvie lui ont permis de retrouver sa confiance et d'aller jouer dans la NCAA, puis pro en Europe. Aujourd'hui, il oeuvre dans un domaine connexe au hockey. Il y a aussi ce volleyeur qui avait tout remis en question, tant ses études que sa vie personnelle. Mais grâce au travail de la spécialiste il a pu trouver ses véritables aspirations et, aujourd'hui, il exerce une profession qui le rend heureux. 

C'est avec son frère Serge, avec qui elle formait un duo, que Sylvie a mené sa carrière de patineuse. Elle indique que les liens familiaux qui l'unissaient à son partenaire de danse comportaient de nombreux avantages, mais aussi des désavantages. «Il y avait une très belle chimie entre nous. Mais on avait aussi des méga-disputes comme tous les frères et les soeurs de notre âge à l'époque en ont. Quand ça arrive, tu es une journée sans te parler et tu annules les entraînements. Le lendemain, tu bougonnes, mais tu retournes t'entraîner et éventuellement ça revient. Serge [Beaudoin], notre coach, était notre médiateur. Mais c'était clair que si nous finissions par ne plus nous entendre, mon père ne paierait plus pour que nous patinions.»

Difficulté perturbante

C'est lors d'une compétition d'été disputée en 1998 à Ottawa que la carrière de Sylvie Piché a pris fin. Affectée mentalement par un élément difficile qui la rendait instable sur ses patins, elle a chuté au moment de l'exécution. Elle a été incapable de retourner patiner par la suite. S'en est suivi une longue et profonde dépression. «La culpabilité d'avoir laissé tomber mon frère. Heureusement, celle-ci na pas duré longtemps. Mais il y avait aussi une grande tristesse. J'ai été un an à ne plus regarder le patinage artistique et j'ai même arrêté d'aller voir mon chum faire du patinage de vitesse. C'était juste;"foutez-moi la paix, je ne suis plus capable".»

Seize ans après sa retraite, Sylvie est d'avis que sa carrière, qui s'est officiellement terminée en 1998 même si le couple a patiné quelques mois en 1999, lui a apporté beaucoup. «Le patin, mais surtout la compétition, m'a permis d'avoir une grande connaissance de moi. Sans lui, je doute que je ferais le métier que je fais présentement.»

L'ex-patineuse indique qu'elle recommencerait sans hésiter sa carrière avec son frère. Et même si elle n'a pas réalisé ses rêves, elle en est très satisfaite. «On n'a jamais pu faire l'équipe nationale et on n'a jamais gagné de championnat canadien. Mais on y est allés cinq fois. Est-ce que l'on aurait pu faire mieux? Non. Je pense que j'ai vraiment tout donné, physiquement et intellectuellement. Je n'avais juste pas le pourcentage de talent pour que ça passe.

«Avec le recul, c'est tout ce que l'on a apporté ici à la région qui me rend fière. On a amené les clubs à réviser leurs façons d'offrir de la danse, d'avoir des examens de danse, etc. Et ma médaille olympique, c'est d'avoir reçu une ovation des 10 000 spectateurs à la suite de notre gigue lors de notre programme libre des championnats canadiens de 1997 et de les avoir entendus huer les juges parce que les notes qu'on nous avaient décernées ne reflétaient, selon eux, pas la performance que l'on venait d'offrir.»

Questions/réponses

Q Personnalités marquantes?

R Tous mes entraîneurs. Mais aussi mon chum Patrick [Bouchard]. Il a vraiment été mon pilier. Je pense que si je ne l'avais pas eu, je n'aurais pas patiné aussi longtemps. Il a été là dans les hauts et les bas de ma carrière. J'ai appris beaucoup avec lui. 

Q Plus grande fierté?

R Mes enfants, c'est certain. Mais aussi d'avoir survécu au patin. D'être passée au travers de ma dépression, d'en être ressortie plus forte et de retirer aujourd'hui les bénéfices de ma carrière sportive. 

Q Des regrets?

R De ne pas avoir goûté à la scène internationale. Nous devions nous rendre en Slovénie. Mais la compétition était sanctionnée par l'ISU et elle ne nous supportait pas. La Fédération slovène a même été menacée de sanctions si elle nous acceptait.

Q Dans 20 ans? 

R Cent pour cent à mon compte. J'aimerais être reconnue par les athlètes de n'importe quel calibre et me faire dire : «Je fais appel à vos services pour mon après-carrière parce que c'est vous la top

Q Ce qui te manque le plus? 

R Le plaisir que j'avais à faire des compétitions avec mon frère Serge et les aventures que l'on a eues ensemble. Et bien sûr tous nos voyages. C'était trippant de dire : «je suis allée à Munich, je suis allée là, là et là».

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