La recette du bonheur de Pierre Côté

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L'ancien joueur de volleyball du Rouge et Or de l'Université Laval Pierre Côté travaille aujourd'hui dans le milieu de la publication.

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(Québec) Depuis 2006, le nom de Pierre Côté est associé à l'indice relatif de bonheur, une mesure d'évaluation qualitative et quantitative du niveau de bonheur des individus et des populations qu'il a créée et qu'il ne cesse d'approfondir. Mais bien avant de se lancer dans ce grand projet, il avait sa recette du bonheur bien à lui. Pendant une quinzaine d'années, il a vécu en parallèle deux passions, soit son travail dans le milieu de la publicité et sa carrière de volleyeur.

«C'est une richesse incroyable d'avoir pu mener ces deux carrières-là en même temps», explique Côté, qui a porté les couleurs du Rouge et Or de l'Université Laval pendant deux saisons avant de connaître les belles années du volley senior.

«Le volleyball a été une passion folle. J'ai pu y jouer jusqu'à l'âge de 37 ans. Je n'étais pas pro, mais avec l'Essor, puis avec les Panthères de Mérici, on s'entraînait trois fois par semaine et on était en tournoi à tous les week-end. Parallèlement à cela, j'avais une carrière en publicité. Chez Cossette au début, puis avec mon agence, Olive Communication. Je vivais à 100 milles à l'heure.»

Côté est d'avis que le volleyball avait un effet libérateur. Quand il entrait dans le gymnase, il oubliait tous les problèmes du boulot. Et le fait de se défoncer sur un court lui permettait de chasser le stress et les frustrations de la journée. Il y a joué jusqu'à ce que son corps ne puisse plus lui permettre de le faire. Obligé de composer avec de nombreuses blessures, il a enduré tant qu'il le pouvait la douleur. «On accepte difficilement d'être moins bon parce que l'âge et les blessures nous ralentissent. Et à un moment donné, tu es tanné de te battre contre la douleur.»

Côté est allé jusqu'au bout de sa passion en volley. C'est sans hésiter qu'il a décidé d'arrêter de jouer. Son deuil fut de courte durée. «Ce qui m'a aidé, c'est que mes enfants, mon gars surtout, ont commencé à faire du sport. Au même moment, j'ai vendu mon entreprise et je suis parti à mon compte comme consultant [Côté communication-conseil]. J'avais donc de quoi m'occuper.»

Côté explique qu'à partir du moment où il a arrêté de jouer au volley, plusieurs de ses blessures ont disparu, ce qui lui a permis de faire d'autres activités et, surtout, de continuer à s'entraîner. «Ça fait partie de mon ADN. C'est nécessaire à mon équilibre. Je suis un bon cycliste, un bon skieur de fond (classique et patin), et je suis un maniaque des escaliers du Cap-Blanc.»

La télé mène à tout

Côté avait 48 ans quand, après avoir écouté une émission de télévision, il a eu l'idée de travailler sur un indice relatif du bonheur statistique et mathématique. Pendant neuf mois, il a mené des tests et fait des sondages.

«Le jour du lancement de l'indice, 6600 questionnaires ont été remplis en 36 heures. Et 10 ans plus tard, il y a plus de 200 000 Québécois qui ont répondu à plus de 1000 questions. Je suis maintenant capable de dire que le bonheur est devenu quelque chose de mathématique dont on peut se servir avec les données financières et économiques quand vient le temps de juger de l'état d'une société ou d'une collectivité. On est en mesure de diagnostiquer le niveau de bonheur des gens et je pense, sans vouloirêtre prétentieux, que l'on est capables d'agir sur celui-ci.»

C'est à cause de ses recherches que Côté a été invité à participer à la série Le Naufragé des villes à RDI, Dans laquelle un homme et une femme devaient vivre pendant deux mois au centre-ville de Montréal avec le montant que leur aurait alloué l'aide sociale. Une collaboration qui a changé sa vie. «Quand j'ai fini ça, j'ai écrit mon premier livre et j'ai été récupéré par le milieu social et communautaire au Québec. J'ai été appelé à m'impliquer dans une foule de dossiers et à donner plein de conférences. Cette expérience-là m'a shaké. J'ai réalisé toute la force de la toile communautaire et de ces gens qui avaient un don que je n'ai pas, celui de donner sans compter, sans chercher à recevoir. Le fait de les côtoyer m'a permis d'être un peu plus ouvert, de travailler sur mes préjugés et surtout de comprendre toute la force que peut avoir une société tolérante.

Côté mentionne qu'au niveau de l'indice de bonheur, son expérience lui avait donné l'occasion de poser de nouvelles questions et de comprendre certaines choses qu'il ne comprenait pas. «Je suis devenu avec une connaissance très pointue de la société québécoise. Ça m'a permis de sortir un deuxième livre en 2012 [Québécois 101 notre portrait en 25 traits]. Et récemment j'ai publié Bonheur mis à nu, qui est tout ce que j'ai cumulé depuis 10 ans à étudier le bonheur. C'est un livre qui donne de l'information et chacun prend ce qui fait son affaire.»

Appelé à parler de son prochain défi, Côté a lancé : «C'est de faire en sorte que l'indice relatif du bonheur soit reconnu par les institutions et qu'il soit utilisé dans le but vraiment spécifique de contribuer à l'amélioration du bonheur des collectivités.»

Questions/réponses

Q Plus beau moment sportif? 

R Une victoire en tournée européenne au Luxembourg contre une équipe qui devait nous battre. Dans l'avion, les hôtesses de KLM ont rempli de champagne la coupe que nous avions gagnée. Celle-ci s'est promenée partout dans l'avion et tout le monde a pu boire du champagne dedans. 

Q Fait marquant?

R Le lancement de l'indice du bonheur. Je pense que j'ai fait 78 entrevues en 24 heures. Ce fut un succès de participation et un succès médiatique. Le pari que j'avais pris a marché au-delà de toutes mes plus folles espérances. De la grosse adrénaline. 

Q Plus grande déception?

R Lors d'un championnat canadien où on nous avait injustement classés deuxièmes. On considérait que l'on avait gagné le match qui nous permettait d'aller en finale. Mais Garth Pischke a contesté une décision de l'arbitre et nous avons été obligés de retourner sur le jeu pour reprendre le point. On a perdu. C'était à pleurer. On était tellement frustrés d'avoir l'impression de s'être fait voler une participation à la finale.

Q Dans 20 ans? 

R J'espère juste être en santé et être capable encore de faire une vie active. Si c'est ça, je vais être heureux. Moi, j'ai peur de vieillir parce que j'ai peur de le faire en étant malade ou en étant un boulet pour les autres.

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