La carrière presque oubliée d'Elizabeth MacKay

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(Québec) Fin des années 1970, début des années 1980, Elizabeth MacKay était synonyme de plongeon. Championne canadienne, elle avait même été choisie sur l'équipe canadienne qui devait prendre part aux Jeux de Moscou. Trente-cinq ans plus tard, cette belle carrière sportive semble avoir sombré dans l'oubli. Et c'est plutôt à cause de la solide réputation qu'elle s'est forgée dans les milieux politiques qu'elle est maintenant reconnue.

«C'est surprenant, mais il y a encore des gens qui m'abordent et qui me disent : "Ce n'est pas toi qui faisais du plongeon?"», lance d'abord la déléguée du Québec à Los Angeles. «Mais une majorité de personnes ignorent mon passé d'athlète. Et je ne me suis jamais posé la question si j'aurais aimé qu'il en reste davantage. Je suis depuis longtemps passée à autre chose qui me satisfait au niveau professionnel et personnel avec ma famille, mon mari, mes enfants, etc.

«Même s'il ne semble rien rester de ma carrière sportive, ce n'est pas le cas. J'étais la personne pour qui c'était important que ça rapporte. Et c'est à elle et à ce qu'elle m'a appris que je dois d'être rendue là où je suis.»

Elizabeth a pris sa retraite du plongeon en 1983. Aux prises avec une dislocation de l'épaule, elle a dû renoncer à son objectif de prendre part aux Jeux de 1984. Elle a quand même été à Los Angeles en tant que journaliste pour Radio-Canada.

«On avait tellement parlé Sylvie [Bernier] et moi, sur le bord de la piscine, comment ça devait être extraordinaire de recevoir une médaille olympique et d'entendre notre hymne national que lorsqu'elle a eu sa médaille d'or sur le podium, j'ai vécu le moment avec elle, assise dans les estrades. J'ai été extrêmement chanceuse d'être là.»

Que de souvenirs

Elizabeth ne garde que de beaux souvenirs de sa carrière de plongeuse, et ce, même si elle a été marquée par une grande déception, le boycott des Jeux de 1980 par le Canada.

Celle qui devait y plonger à la tour et au tremplin de 10 m indique que si on lui proposait de refaire en tous points la même carrière, elle la recommencerait sans hésiter. Mais même si elle en garde d'excellents souvenirs et qu'elle est demeurée en contact avec des amies athlètes comme Hélène Morneau et Sylvie Bernier, Elizabeth avoue qu'elle ne s'ennuie pas du plongeon. Elle pratique d'autres sports qui lui permettent de retrouver l'adrénaline que lui procurait le fait de s'élancer dans le vide de la tour de 10m. Le ski, par exemple. «L'adrénaline, on la retrouve quand on se rend à la limite de ce que l'on peut faire.»

Toujours très active, Elizabeth ne s'impose cependant pas de routine dans sa pratique du sport. «Je marche en forêt, je cours un petit peu, je nage, je fais du ski et plein d'autres choses. Quand vient le temps de bouger, j'y vais selon mes aspirations.»

Mère de trois garçons maintenant adultes, Elizabeth avoue qu'elle n'a jamais souhaité voir l'un de ses fils suivre ses traces. À cause des comparaisons, d'abord. «Mais aussi parce que j'aurais été une coach mom, lance-t-elle en riant. Je ne pense pas que j'aurais été très agréable sur le bord d'une piscine. Mais mes garçons n'ont jamais été attirés par le plongeon. Ils ont fait du sport de compétition [ski] et à un moment donné, ils ont préféré se concentrer sur leurs études.»

Diplômée en communications, Elizabeth a mené une carrière qui lui a permis de travailler tant dans l'entreprise privée qu'au gouvernement, où elle a notamment été directrice de cabinet à plusieurs reprises et sous-ministre adjointe aux ministères du Tourisme et des Finances. Mais malgré son amour pour le monde de la politique, jamais elle n'a songé à en faire de manière active, et ce même si elle a été approchée à quelques reprises pour se présenter comme députée.

«J'ai énormément de respect pour tous ceux qui vont en politique. Mais mon intérêt pour la politique a toujours été pour les choses qui nous concernent. Je n'y ai jamais travaillé en me disant : "un jour je vais me présenter". Moi, ce que j'aimais, c'était d'être conseillère. Quand on est fonctionnaire, on est quand même très près de l'action. Et j'ai adoré ça.»

C'est en tant que déléguée du Québec à Los Angeles que l'ex-championne oeuvre depuis septembre. La délégation a pour mission de faire la promotion des intérêts du Québec en Californie, mais aussi dans les 13 États de l'Ouest américain, incluant l'Alaska et Hawaii.

«Notre rôle est d'aider les entreprises du Québec à faire de l'exportation, à venir s'implanter de ce côté-ci. On est aussi là pour faire des liens avec les institutions gouvernementales, les institutions d'enseignement supérieur et le milieu culturel. Nous devons aussi être en veille afin d'être capables de voir les opportunités d'affaires des entreprises d'ici qui pourraient vouloir aller s'installer au Québec», mentionne Elizabeth, qui rappelle les nombreux liens qui unissent le Québec et la Californie en matière de changements climatiques et en matière de bourse du carbone. «Des dossiers qui sont super intéressants.»

Questions/réponses

Q Plus beau souvenir? 

R J'en ai tellement. Chaque endroit où je suis allée, les gens que j'ai rencontrés font partie de mes souvenirs. Faire les Jeux du Commonwealth au Canada en 1978 en fut un. Ç'a été quelque chose pour moi de pouvoir y compétitionner et d'être à la cérémonie d'ouverture devant les gens de chez nous. 

Q Personnalité marquante?

R C'est sûr que mon coach Jean Plamondon a joué un rôle important dans le succès que j'ai pu avoir. On a fait une bonne équipe. Il a cru en moi et il m'a permis de performer et de me rendre au niveau où je me suis rendue. 

Q Fait saillant de carrière?

R J'ai vécu les hauts et les bas en 1980. D'abord la joie d'être choisie sur l'équipe olympique à la tour et au tremplin de 10 m. Puis, l'énorme déception à la suite du boycott des Jeux de Moscou en 1980. Deux extrêmes.

Q Le plus beau moment? 

R En 1977, quand j'ai finalement réussi à me tailler une place sur l'équipe nationale de plongeon, après avoir gagné le championnat canadien à Montréal.

Q Plus grandes qualités?

R Je suis honnête, entière et déterminée.

Q Plus grand défaut?

R Je ne suis pas une bonne perdante. J'ai tendance à me fâcher contre moi-même quand je fais des mauvais coups. Au golf, par exemple. C'est en moi.

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