Un passé toujours présent pour Patrick Bouchard

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L'ex-patineur de vitesse Patrick Bouchard a profité de sa retraite en 2003 pour entreprendre son doctorat.

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(Québec) Patrick Bouchard est formel. Son passé de patineur de vitesse lui sert toujours même s'il a accroché ses lames il y a plus d'une douzaine d'années et que son travail n'a aucun lien avec sa carrière sportive.

«J'ai toujours vu le sport comme un élément qui allait me marquer à vie», explique le patineur longue piste. J'y ai développé des valeurs comme la persévérance, l'étique de travail, la volonté de me dépasser, la capacité de travailler sous la pression et, ironiquement dans un sport individuel, le travail d'équipe. Ce sont des valeurs qui me suivent partout et qui m'aident dans mon travail.»

Bouchard ajoute que le sport n'a pas uniquement été un terreau fertile pour sa croissance personnelle. Victime d'une myocardite il y a environ cinq ans, il s'en est sorti indemne. «Je peux me tromper, mais j'attribue à ma bonne condition physique le fait d'avoir pu passer au travers de ma myocardite sans avoir gardé de séquelles. Et pour ça, je remercie le sport», lance l'athlète qui pratique depuis sa retraite la course à pied. «Mais pas pour faire de la compétition.»

Fait étonnant, Bouchard n'est pas retourné sur un ovale depuis qu'il a mis fin à sa carrière. C'est une question de performance qui l'empêche de chausser des patins. «Faire 35 s au tour ou même 30 s au lieu de 25 s comme je le faisais avant, je n'arriverais pas à me sentir bien à faire ça.»

L'équilibre

C'est en 2003 que Bouchard a décidé d'accrocher ses lames. Il mentionne qu'il était toutefois clair qu'il n'entreprendrait pas un autre cycle olympique après 2002. «J'avais un tempérament innovateur et je voulais faire une année de plus pour vérifier quelque chose sur les méthodes d'entraînement.»

Très fier de sa carrière, l'athlète originaire de Charlesbourg mentionne qu'il se sentait choyé d'avoir pris part aux Jeux de Lillehammer, de Nagano, où il a fini cinquième au 500 m, un résultat qu'il qualifie d'exceptionnel, et de Salt Lake City. 

«Est-ce que j'aurais voulu faire mieux? Absolument. Quand tu es rendu cinquième, c'est pas mal ingrat. Parce que tu sais que tu aurais peut-être pu pousser un peu plus et arriver à avoir une médaille. Mais je n'ai pas mis bien du temps avant de réaliser que j'avais eu une excellente carrière.»

Bouchard avait méticuleusement préparé sa retraite. Étudiant à temps plein tout au long de sa carrière, c'est avec une maîtrise en génie électrique qu'il a amorcé sa nouvelle vie. Pour lui, il n'y avait rien de plus naturel que de mener de front patinage de vitesse et études.

«On appelle ça l'équilibre. Si on a juste le sport dans sa vie, on finit par le vivre un peu trop intensément. Quand ça va bien, on vit de grands moments. Mais quand ça va moins bien, c'est l'inverse qui se passe. Avoir un centre d'intérêts comme les études te donne quelque chose d'autre auquel te raccrocher quand ça ne va pas comme tu le souhaiterais. Ça te permet de conserver un équilibre, car tu vis moins de montagnes russes d'émotions . En plus d'être très payant après ta carrière.»

Même si elle était bien préparée, la retraite n'a pas été facile à vivre pour Bouchard qui en a profité pour entreprendre son doctorat. «Il y a bien du monde qui me disait : «Ça ne doit pas être si pire que ça. Tu as un autre travail, tu étudies. Ça va bien tes affaires.» Pour bien des gens, je ne pouvais pas être retraité à 29 ans. Mais la retraite, ce n'est pas une question d'âge. C'est une question de ce que tu as fait et de ce que tu as vécu toute ta vie et du changement drastique avec lequel tu dois composer.»

Parlant de son retour aux études, Bouchard a indiqué qu'il avait été une erreur. Le doctorat le destinait à devenir un professeur, une profession pour laquelle il n'avait pas la vocation. Après avoir travaillé quelques années dans le privé pour Axion Technologies, l'ex-patineur a été engagé au Ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation. 

«Je suis coordonnateur d'une équipe à Québec. Je fais affaire avec des entreprises comme Novabus, Bombardier transports, Prévost, etc. Je suis appelé à analyser des projets et à conseiller des entreprises et le gouvernement en matière d'entreprises de transport. J'ai eu des projets comme celui l'autobus électrique.»

Bouchard demeure toujours en contact avec le patinage de vitesse. Membre du conseil d'administration du club de Sainte-Foy, il suit aussi les exploits de ses deux filles qui ont choisi de patiner sur de longues lames. Dans le passé, il a aussi oeuvré comme entraîneur à temps partiel au centre national et au centre régional. «C'était une occasion pour moi de partager mon savoir-faire à une génération de jeunes patineurs.»

S'il passe presque incognito au travail, il préfère demeurer discret sur son passé d'athlète, Bouchard est reconnu par tout le monde à l'anneau de glace. Et il ne rate jamais l'occasion de donner un petit coup de pouce. Récemment, il a montré à des parents comment aiguiser des patins. «Des choses très anodines pour moi. Mais pour des parents qui commencent, elles peuvent faire une grosse différence.»

Questions/réponses

Q Plus beau moment en carrière?

R Mon record canadien au 500 m en 1997, le dernier record canadien réalisé avec des patins traditionnels : 36,01 s. Pour moi, ce fut la meilleure course de ma carrière.

Q Plus beau souvenir?

R J'en ai beaucoup. Je me souviens de plusieurs voyages que j'ai faits à Inzell. L'équipe canadienne demeurait dans une famille d'accueil dans une grande maison bavaroise de trois étages. On était super bien accueillis. On courait jusqu'à l'anneau pour s'entraîner, dans un paysage féérique et une température extraordinaire. Et après ça, on se faisait griller sur le bord de l'anneau. Pour moi, c'est ça le patinage.

Q Le moment le plus dur?

R Une coupe du monde en Corée. À la suite d'un accident très banal, je me suis cogné la jambe sur une table de massage, je n'ai plus été en mesure de patiner. J'ai manqué ma Coupe du monde. Et la veille de celle-ci, mes parents m'ont appris que mon grand-père était décédé. Ç'a été pas mal dur sur le moral.

Q Plus grande qualité?

R L'acharnement. Mais c'était aussi mon plus grand défaut. De mon groupe, j'étais le plus assidu à l'entraînement et le plus motivé. Mais j'avais aussi des idées très fortes. C'était très difficile pour mes coachs de me faire changer d'avis sur une manière de s'entraîner.

Q Dans 20 ans?

R J'espère être à la retraite. Comme j'ai donné dans le voyage, je n'aurai pas comme but de voyager. Ça serait plus une retraite où je ferai un peu d'activité physique et je serai avec ma famille afin de la voir grandir et progresser dans la vie.

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