Ann-Marie Pelchat: les skis alpins remisés

L'ex-skieuse olympique Ann-Marie Pelchat a délaissé son sport... (Infographie Le Soleil)

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L'ex-skieuse olympique Ann-Marie Pelchat a délaissé son sport de prédilection parce qu'elle n'avait plus de sensation plaisante sur ses planches.

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(Québec) Pendant plus d'un quart de siècle, Ann-Marie Pelchat a défié la montagne avec des skis alpins aux pieds. En ski alpin d'abord, un sport dans lequel elle a compétitionné jusqu'à l'âge de 12 ans, puis en ski acrobatique, où elle s'est spécialisée en bosses et a pris part aux Jeux olympiques de Nagano. Mais depuis plusieurs années déjà, elle n'utilise plus ses planches.

«Je ne fais plus de ski alpin», lance l'athlète originaire de Lévis, maintenant résidente de Saint-Ferréol-les-Neiges, qui possède toujours ses skis de 2002. «Et bien des gens ne comprennent pas pourquoi. Ils me disent : "Ah c'est parce que tu en as tellement fait..."  Mais ce n'est pas la raison. Je ne fais plus de ski alpin parce qu'il ne répond plus à mes attentes d'athlète et que j'ai découvert de nouveaux sports qui le font.

«Moi, ce que j'aimais, ce qui me faisait vibrer, c'était de m'entraîner pour être en forme, de faire des runs et d'aller rechercher la perfection. J'ai skié un peu après ma carrière. Mais ma forme physique avait baissé, alors que ma technique était encore pas mal là. Et je n'avais pas une sensation plaisante sur mes planches.»

Adepte de vélo de montagne, de vélo de route et de course à pied, Ann-Marie pratique aussi le ski de fond, le ski de fond hors-piste et, depuis peu, le fatbike. Elle avoue parfois s'ennuyer du ski alpin, mais seulement pour la sensation que lui procurait le fait de réaliser de beaux virages. Elle songe cependant à s'adonner à la pratique du ski de haute route. Un sport qui, grâce à un équipement adapté, permet de monter les montagnes avec ses skis et, par la suite, de les redescendre comme on le fait en ski alpin. «Ça prend un excellent cardio pour monter et avoir une bonne agilité pour descendre.»

Déception aux Jeux

Revenant sur sa participation aux Jeux olympiques, Ann-Marie mentionne que cette expérience avait été longtemps synonyme de déception pour elle. Première après la qualification, elle avait dû se contenter de la cinquième place en finale après avoir fait une petite erreur lors de son atterrissage au deuxième saut. 

«Si j'avais terminé cinquième avec la meilleure run de ma vie, j'aurais été très fière et satisfaite. Mais j'avais fait une petite erreur stupide que j'ai longtemps eu de la misère à me pardonner. Cet évènement a eu une grosse influence sur le reste de ma carrière. J'ai eu de la difficulté à refocusser.

«Avec le recul, je suis maintenant fière de ce que j'ai accompli. Mon objectif avant d'arriver à Nagano, c'était de faire un top 5. C'était un gros objectif parce que j'étais 10e-15e au monde. Et même si les JO étaient la compétition la plus stressante que j'ai pu vivre et que je n'avais pas d'expérience, j'ai réussi à faire ma meilleure performance en terme de résultats.

«Je peux aussi dire que j'ai eu une belle carrière, même si je pense que j'aurais pu faire mieux, car je pense que j'avais un beau potentiel.»

Même si, à ses débuts en ski, elle était convaincue qu'elle ne pourrait jamais prendre sa retraite parce qu'elle ne croyait pas être en mesure de faire du 9 à 5, Ann-Marie s'est ensuite dit que le moment de tourner la page sur sa carrière viendrait à partir du moment où elle commencerait à voir son plaisir s'effriter. Parallèlement, elle a commencé à penser à son avenir et à son désir de retourner aux études. Après une année sabbatique, elle a tenté de revenir à la compétition. Mais au moment de partir pour un camp d'entraînement à l'automne 2003, elle s'est rendu compte qu'elle n'avait aucune envie de recommencer à skier.

«Ça ne me tentait pas de faire mes bagages ou de prendre l'avion... J'ai eu ma réponse. Par la suite, je n'ai pas eu de période "Ah mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait là? Je le regrette ou quoi que ce soit". Le deuil que j'ai dû faire, ce fut de ne plus faire de mon entraînement ma priorité.»

C'est en kinésiologie que l'ex-bosseuse est entrée à l'université, elle qui s'intéressait au travail de préparateur physique depuis qu'elle s'était entraînée avec Raymond Veillette quelques années auparavant. Son premier choix était l'ostéopathie, mais les sept d'années d'études après l'obtention du bac l'avaient découragée, elle qui avait alors 27 ans.

«Je suis passionnée par le fonctionnement du corps humain et, dans mon travail, j'aime ça aider les gens. C'est pendant mon bac que j'ai décidé d'entreprendre des études en ostéopathie. Pour moi, la kinésiologie et l'ostéopathie sont deux domaines qui se juxtaposent parfaitement. Quant j'aurai terminé mes études en ostéopathie, un domaine dans lequel j'ai commencé à travailler, je serai une professionnelle très complète. Et comme je suis à mon compte (www.annmariepelchat.com) et que je pratique ici, je peux intégrer l'entraînement dans mon quotidien.

Ann-Marie aimerait beaucoup redonner à son sport un jour. Pourrait-elle y revenir comme entraîneure? «Le ski acrobatique a tellement évolué. Ainsi, quand j'ai quitté, il commençait à y avoir des inversés. Je n'ai pas ces notions-là. Je ne sais pas si mon expertise serait utile.»

Questions/réponses

Q Fait marquant? 

R Quand j'ai gagné mon premier championnat canadien (1995). Ce n'est pas juste ma victoire, c'est la descente que j'ai faite. Les gars qui étaient sur l'équipe nationale à ce moment-là m'en parlent encore. Ma run de qualification aux Jeux de Nagano est un autre fait marquant de ma carrière. 

Q Des regrets?

R Regrets, c'est un gros mot. Mais j'aurais aimé ça me relever de Nagano plus vite. Avec mon expérience de vie, je sais que c'est correct de vivre ses émotions quand on connaît des difficultés, mais à un moment donné,  il faut mettre la switch à positif plutôt que de rester accroché à ses erreurs. 

Q Plus belle surprise?

R Quand j'ai appris que j'avais été choisie sur l'équipe nationale de Coupe du monde. Un moment magique. C'était une surprise, mais c'en était pas une. Je m'y attendais à cause de mes résultats. C'est drôle parce qu'à ce moment-là, je ne me suis pas dit : "je vais compétitionner en Coupe du monde". Je me suis dit : "je vais voyager à travers le monde".

Q Dans 20 ans? 

R Avoir une belle carrière en kinésiologie et en ostéopathie, habiter encore au mont Sainte-Anne, et faire mes sports. J'aimerais peut-être aussi avoir un enfant. Mais j'ai 41 ans, il  commence à se faire tard.

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