Anne-Marie Lefrançois, l'amour de la montagne

L'ex-athlète olympique Anne-Marie Lefrançois, qui a fait des... (Infographie Le Soleil)

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L'ex-athlète olympique Anne-Marie Lefrançois, qui a fait des études en génie géologique, oeuvre dans les secteurs minier et hydro-électrique.

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(Québec) Pendant presque 20 ans, les montagnes ont fait partie du quotidien de la skieuse Anne-Marie Lefrançois. Pas étonnant qu'au moment de sa retraite en 2005, elle ait choisi de s'installer dans une ville où elles seraient bien présentes et d'étudier dans un domaine ayant un lien avec celles-ci. Demeurant depuis à Vancouver, elle est diplômée de UBC en génie géologique et elle travaille pour la firme Golder Associés.

«J'ai choisi de vivre à Vancouver à cause de mon amour de la montagne», explique la Charlesbourgeoise d'origine. «Mais aussi parce qu'il y avait les JO de 2010 qui s'en venaient et que je voulais demeurer impliquée dans le sport. Au début, je pensais étudier en génie civil. Mais je me suis rendue compte que le béton et l'acier, je trouvais ça plus ou moins intéressant. En revanche, la géologie misait plus sur mon amour des montagnes. C'est pourquoi je me suis retrouvée en génie géologique», ajoute Anne-Marie, dont le retour sur les bancs d'école à l'âge de 28 ans avait constitué un défi.

Experte en mécanique de la roche, l'ex-membre de l'équipe olympique canadienne de 2002 est appelée à travailler à la construction de tunnels et de routes, sur des projets hydro-électriques et même dans le secteur minier. «J'ai passé un an en Australie. J'ai oeuvré sur des projets de mines souterraines et à ciel ouvert.»

Même si de plus en plus de femmes travaillent en génie géologique,  la discipline demeure quand même un milieu d'hommes. Anne-Marie explique que malgré tout, elle n'a jamais eu de difficulté à se faire respecter sur un chantier même si certains contracteurs sont un peu «vieux jeu». «Je me débrouille bien.»

Vivre les Jeux

Souhaitant demeurer impliquée dans le sport à son arrivée à Vancouver, Anne-Marie a réalisé ses ambitions grâce au programme RBC Olympians au sein duquel elle a passé quatre ans. Membre du bureau des relations publiques, elle a eu à partager la passion et l'esprit olympique, notamment lors du relais de la flamme. Pendant les JO de Vancouver, elle a partagé son expérience olympique avec des clients de l'entreprise qu'elle a aussi accompagnés sur les sites de compétitions.

«Ce fut une belle transition. J'ai pu travailler dans une grosse entreprise tout en restant liée à mon sport. Ça m'a peut-être aidée quand j'ai commencé chez Golder Associés. Même si je n'avais pas d'expérience en ingénierie, j'avais une expérience de travail.»

Parlant de sa présence aux  Jeux de Vancouver, alors qu'elle n'était pas dans la peau d'une athlète, Anne-Marie mentionne qu'elle avait été extraordinaire. «Il n'y avait pas la pression», lance-t-elle en riant. J'ai pu profiter de tout.»

Elle ajoute que c'est sans aucune nostalgie qu'elle a vécu ces Jeux. Au moment de prendre sa retraite, elle était prête, car elle avait le sentiment d'avoir été au bout de sa carrière de skieuse. Elle avoue cependant qu'après avoir fait quelques épreuves de ski-cross dont les X-Games, l'idée de prendre part aux Jeux de 2010 dans cette discipline lui avait passé par la tête. «À ce moment-là, ça faisait deux ans que j'étais retournée à l'université. Je savais que si j'arrêtais encore l'école, je n'allais pas y retourner. Et je voulais vraiment terminer mon cours.»

Appelée à comparer les JO aux X-Games, Anne-Marie dit que même si elle a beaucoup de respect pour les athlètes prenant part au grand rendez-vous des sports extrêmes, son expérience olympique demeurera toujours l'évènement ayant marqué sa carrière. «Ils représentent un rêve de jeunesse. Et j'ai dû travailler très fort et très longtemps pour y aller. Les X-Games, c'était plus facile d'y participer», lance celle qui, même si elle était plus ou moins satisfaite de sa carrière au moment de se retirer, en est aujourd'hui très fière.

C'est sous le signe de l'équilibre qu'Anne-Marie vit maintenant sa vie. Maman d'un garçon de deux ans, elle attend une petite fille. «Pendant une vingtaine d'années, tout ce que j'ai fait était en fonction du ski. J'ai réalisé après ma retraite que j'avais besoin d'équilibre pour être heureuse.»

Pratiquant toujours le ski alpin, Anne-Marie fait aussi du ski de fond, le sport de prédilection de son conjoint, un Québécois ex-porte-couleurs de l'équipe nationale qu'elle a rencontré à Vancouver et qui travaille pour la même firme qu'elle. «Avec un jeune enfant, c'est plus facile. Mais on fait aussi du ski alpin... et du vélo de montagne. Mon copain aime l'adrénaline et il n'a pas froid aux yeux.»

La porte-couleurs de l'équipe nationale pendant 10 ans ne cache pas qu'elle s'ennuie du Québec même si elle y revient régulièrement. «On aime encore bien Vancouver. C'est tellement une belle ville. C'est juste pas achetable. On a un petit appartement. Il faut être très créatif pour placer notre équipement de sport et tous nos trucs [rires]. Et avec la famille qui s'agrandit en plus, on va être plus serrés. Quand tu restes en ville, tu t'habitues à moins grand. Tu vas plus dehors. On est ici pour l'instant, mais c'est sûr que l'on a le Québec en tête.»

Questions/réponses

Q Plus grande fierté?

R D'avoir poursuivi mon rêve qui était d'aller aux Jeux olympiques, d'y avoir participé et d'avoir compétitionné avec les meilleures au monde de ma discipline. Je suis fière d'avoir tout mis en oeuvre pour que je puisse me rendre à un aussi haut niveau tout en performant.

Q Fait marquant?

R Ma qualification pour les Jeux Olympiques après avoir eu mes deux top 12 en Coupe du monde. 

Q Des regrets?

R De ne pas avoir assez cru en moi. J'avais l'impression que je n'étais jamais assez bonne. Peu importe le niveau où j'étais, j'avais toujours l'impression qu'il m'en manquait un peu.

Q Ce qu'il te manque le plus? 

R Les amis et les entraîneurs. Ils étaient comme ma deuxième famille. Et les voyages. J'ai aimé ça parcourir le monde avec ma gang. Ce sentiment d'appartenance à une équipe où les gens ont tous les mêmes objectifs, ça me manque beaucoup.

Q Plus grand défaut?

R J'ai toujours été trop dure envers moi-même.

Q Prochain défi?

R Avec ma petite fille qui arrive, ce sera de concilier travail et famille. Continuer ma carrière tout en étant présente à la maison, ça va être mon gros défi des prochaines années.

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