La nouvelle identité marquante de Martine Albert

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L'ancienne biathlonienne et athlète olympique Martine Albert est aujourd'hui animatrice à la radio.

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(Québec) Associée pendant une vingtaine d'années au biathlon, une discipline qu'elle a pratiquée sur la scène internationale, notamment lors des Jeux olympiques de Turin, Martine Albert fait aujourd'hui carrière dans le monde de la radio de Québec. Sa nouvelle identité est telle qu'elle a presque relégué aux oubliettes son passé d'athlète d'excellence.

«Ma nouvelle carrière est aux antipodes de celle que j'avais avant, explique la coanimatrice du 5 à 7 à CHOI Radio X. Mais il y a quand même un lien entre les deux. C'est grâce à mon sport que j'ai découvert le milieu des communications. J'ai toujours adoré donner des entrevues aux journalistes. Et la première fois que je suis allée dans une station de radio, j'ai vraiment aimé ça. Je me suis dit qu'y travailler, c'est quelque chose que j'aimerais peut-être faire un jour.

«J'avoue cependant que c'est parfois difficile de ne pas avoir de reconnaissance pour ce que j'ai fait dans ma carrière sportive. Mais ce n'est pas un combat de tous les jours parce qu'à un moment donné, on vient à le digérer. Quand on prend notre retraite d'un sport dont on parle peu et qu'on n'est pas une médaillée olympique, on a beau avoir fait partie des meilleurs Canadiens à l'international, ça veut pas dire que l'on va se faire reconnaître dans la rue. Il faut se dire que ce qui va nous servir le plus dans la vie, ce sont les qualités et les valeurs que nous avons développées dans notre sport et non notre popularité.»

L'ex-biathlonienne explique qu'il n'avait jamais été question pour elle de profiter de son statut d'olympienne pour se trouver du travail. Avant de se lancer dans l'aventure de la radio, elle est retournée sur les bancs d'école. «À l'âge de 34 ans, je suis allée faire un cours au CRTC. Je me suis donnée pratiquement corps et âme parce que j'étais de loin la doyenne du groupe.»

Même s'il existe d'énormes différences entre sa carrière sportive et celle qu'elle mène derrière un micro, Martine y trouve quand même des similitudes. Comme la compétition féroce, l'insécurité et le risque de perdre sa place si les résultats ne sont pas au rendez-vous. Elle ajoute que la biathlonienne en elle n'est jamais bien loin quand vient le temps de défendre la cause des athlètes.

Si elle s'est terminée par une participation aux JO, la carrière de Martine Albert a failli se finir sur une note plus sombre. En 2004, après avoir raté par des poussières ses qualifications pour les Jeux de Nagano et de Salt Lake City, la Rimouskoise s'est retirée de la compétition puis elle a sombré dans une profonde dépression.

Moments difficiles

«À ce moment-là, il a fallu que je fasse le point sur ma vie. Je me suis aperçu que je m'en demandais beaucoup et que j'étais très perfectionniste. Je suis encore exigeante envers moi-même, mais à un moment donné, je sais que c'est important de lâcher prise afin de garder un équilibre. 

«Aujourd'hui, je me sens vraiment bien. J'accepte tout ce qui m'est arrivé. Je ne suis pas une médaillée olympique. Mais je crois que ce ne sont pas les deux semaines que j'ai vécues aux JO qui font qui je suis. Ce sont les 20 ans que j'ai passés à travailler pour atteindre cet objectif. Pour moi, le processus est beaucoup plus important que la finalité.»

Presque 10 ans après avoir pris sa retraite du biathlon, Martine est plus en mesure d'apprécier ce qu'elle a réalisé. Championne canadienne à répétition, elle a pris part à plusieurs Coupes du monde et à huit Championnats mondiaux de même qu'aux JO. Elle a aussi mérité une médaille de bronze lors des Championnats du monde militaire.

«Je dois être fière de ce que j'ai fait. Le bilan de ma carrière, c'est une vie que je ne pourrai jamais regretter. Je n'ai pas de multiples diplômes universitaires, mais j'ai un parcours qui m'a fait vivre des choses que la majorité des gens ne vivront jamais.

«Ma carrière m'a aussi permis d'apprendre énormément sur moi, a-t-elle ajouté. Je sais que je suis capable de me relever quand il y a des embûches. Et la résilience fait aujourd'hui partie de mon quotidien.»

Martine ne cache pas que sa carrière de biathlonienne a été synonyme de sacrifices et qu'aujourd'hui encore, elle doit vivre avec les conséquences d'y avoir consacré 20 ans. «J'ai fait du sport jusqu'à l'âge de 34 ans et j'ai mis de côté des choses... Je n'ai pas d'enfants, je ne suis pas en couple non plus. Mais je suis bien. J'ai un train de vie normal. Eille, j'avais hâte de planter des fleurs, d'avoir un animal à la maison. Ce que je ne pouvais pas faire quand j'étais toujours sur la route. Pour moi, c'est comme si j'étais en train de m'enraciner. 

«Je n'ai surtout pas de regrets. J'accepte mon sort et les choix que j'ai faits. Parce que si tu veux continuer à avancer dans la vie, il faut que tu acceptes», conclut Martine qui avoue qu'elle souhaiterait avoir plus de temps afin de s'impliquer auprès de jeunes biathloniens à Valcartier, elle qui garde un lien serré avec son sport, notamment en étant analyste à la télévision pour les compétitions de biathlon lors des Jeux olympiques d'hiver.

Questions/réponses

Q Personnalités marquantes? 

R Mes parents bien sûr qui m'ont inspirée à faire du sport. Mais au niveau de ma carrière, il y a Lyne Marcoux, la propriétaire de Desrosiers Toyota qui est devenu Rimouski Toyota. Quand je suis allée la voir pour une commandite à l'âge de 17 ans, elle m'a prêté une voiture. Elle ne m'a jamais lâchée part la suite. Ce fut la relation la plus durable de toute ma vie. 

Q Plus grande réalisation?

R Ma qualification pour les Jeux olympiques. Ce fut mon objectif de départ quand j'ai commencé à faire du sport à 10 ans et c'est ce que j'ai atteint à 32 ans. Une médaille internationale, ç'a sa valeur aussi. 

Q Plus grande fierté?

R Avoir réussi en 2016 à retrouver une paix intérieure, une sérénité. Aussi, tout mon cheminement de vie et mes réalisations malgré les embûches.

Q Plus grande qualité? 

R Je suis très généreuse et je suis déterminée.

Q Prochain rêve? 

R J'aimerais peut-être ça participer à un show de télé. Quand j'étais athlète, je regardais l'émission La vie est un sport dangereux et je voulais être à la place d'Annie Pelletier. C'est le genre d'émission que j'aimerais faire. Moi qui suis une boute-en-train, j'aimerais aussi faire de l'humour et avoir mon one woman show. Mais ça, c'est rêver en couleurs.

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