Marie-Claude Savard-Gagnon: Home sweet home

Bien installée dans Charlevoix, sa région natale, Marie-Claude... (Photo fournie par Marie-Claude Savard-Gagnon et Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Bien installée dans Charlevoix, sa région natale, Marie-Claude Savard-Gagnon consacre la majeure partie de son temps à ses deux enfants.

Photo fournie par Marie-Claude Savard-Gagnon et Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Obligée de quitter la maison à l'âge de 14 ans, Marie-Claude Savard-Gagnon n'avait qu'un désir au lendemain de sa retraite. Retourner à Baie-Saint-Paul afin de retrouver les membres de sa famille et de rattraper une partie du temps perdu. Une quinzaine d'années plus tard, elle y est toujours.

«Je ne savais absolument pas que j'allais m'établir dans Charlevoix», explique la patineuse qui compétitionnait en couple avec Luc Bradet. «Tout ce que je savais, c'est qu'il fallait que je reste à Baie-Saint-Paul pendant un petit bout. Mais les chances que je demeure là étaient bien minces. Il fallait que mon conjoint, qui est originaire de Toronto, accepte de venir avec moi, mais aussi que l'on soit capables de gagner notre vie.»

Adeptes de plein air, Marie-Claude et son conjoint ont rapidement été charmés par Charlevoix. «Vivre à Baie-Saint-Paul, c'est l'idéal pour nous. Et pour élever des enfants, c'est génial.»

Aujourd'hui maman à temps plein à la maison de deux enfants, Rose, 9 ans, et James, 11 ans, Marie-Claude travaille aussi à temps partiel. Elle enseigne l'anglais dans une école primaire, elle donne des cours de power skating et elle enseigne le patinage artistique à sa fille de même qu'à une autre élève. Elle explique que dès son retour parmi les siens, elle avait profité de moments privilégiés. Avec son père, par exemple, qui venait de prendre sa retraite. «On a fait beaucoup de ski de fond ensemble. On partait des après-midis entiers. Rien d'extraordinaire mais c'était très plaisant.

«Ce que j'ai tout de suite apprécié, c'est de retrouver l'atmosphère familiale et de pouvoir profiter des petits bonheurs de la vie, en toute simplicité, à chaque jour. Ça pouvait être aller porter un pain à ma mère ou recevoir une invitation à souper de mon frère. Et mes parents apprécient beaucoup que l'on puisse se voir. Quand je suis partie, ils m'ont toujours encouragée et jamais ils ne m'ont fait sentir qu'ils s'ennuyaient. Là, je sens qu'ils sont heureux que je sois là.»

La retraite

C'est à l'automne 1999 que Marie-Claude et son partenaire Luc Bradet ont accroché leurs patins. Ayant réalisé ses objectifs au niveau amateur, le duo pensait bien faire des spectacles professionnels mais le projet ne s'est pas concrétisé. Ayant le goût de l'aventure, la Charlevoisienne est partie en voyage au Népal avec son conjoint pour bien marquer la coupure entre sa carrière de patineuse et son retour à une vie «normale». Un voyage de trois mois qui, même s'il fut exigeant au niveau physique, lui a permis de se ressourcer.

«Faire la transition entre sa carrière et sa nouvelle vie demande quand même du temps. Ce qui est difficile, c'est de ne plus savoir à l'avance ce qui va se passer. Quand j'étais athlète, je me levais le matin et tout était clair. Je ne me posais pas de questions. Je savais souvent ce que j'allais faire un an plus tard.»

Même si le patinage artistique avait pris presque toute la place dans sa vie pendant plus d'une douzaine d'années, la championne canadienne avoue qu'elle n'a pas vécu de crise d'identité dans les mois qui ont suivi sa retraite. «Je ne m'étais jamais juste identifiée à mon sport. Je ne sais pas si c'est parce que je viens de Baie-Saint-Paul ou si c'est parce que j'avais eu une grande famille. Chez nous, je n'étais pas Marie-Claude la patineuse. J'étais Marie-Claude. J'ai toujours su que j'avais le potentiel de faire autre chose et j'avais d'autres rêves. C'est sûr que l'après-­retraite demande du temps pour savoir comment te refocuser. Mais ce fut pour moi un passage plus tranquille qui a fait du bien.»

La patineuse confie que le côté le plus difficile de sa retraite a été d'être séparée de Bradet. «Sa présence m'a beaucoup manqué. On avait tout vécu à deux. Et on se connaissait parfaitement. On n'avait presque pas besoin de se parler pour se comprendre. Luc est aussi une personne très drôle. Je ne passais pas une journée sans rire.

«En même temps, cette séparation m'a permis de redevenir moi-même et elle m'a appris à m'affirmer.»

Médaillée à trois reprises en duo lors des Championnats canadiens, soit le bronze en 1996, l'or en 1997 et l'argent en 1998, et 16e lors des Jeux de Nagano en 1998, la Charlevoisienne admet qu'elle ne réalise pas complètement encore l'ampleur de ce qu'elle a accompli. Ce qu'elle en retient, c'est la réalisation d'un rêve qu'elle avait eu à neuf ans.

«Un rêve impossible. Je n'avais aucune idée dans quoi je m'embarquais. Je ne savais même pas c'était quoi les Jeux olympiques, les championnats du monde et même les championnats provinciaux. Et je venais de Baie-Saint-Paul où il n'y avait même pas d'entraîneur de couple. Ce n'est pas comme si on avait eu toutes les chances de notre côté.

«Mais j'avais des gens qui me supportaient et qui m'encourageaient. Comme mes parents sans qui je n'aurais jamais pu patiner parce que ça coûte les yeux de la tête.

«Aujourd'hui je sais que si tu as un rêve, il n'y a rien d'impossible. Il faut juste s'asseoir et décider comment on va le réaliser.»

Questions/réponses

Q Plus beau souvenir

R Les Championnats canadiens de 1997 présentés à Vancouver. Une performance parfaite. Quand on a fait notre programme long, on était les derniers à patiner, il y avait 17000 personnes debout dans le building.

Q Personnalité marquante

R Mes parents qui m'ont appuyée de toutes les manières possibles mais aussi Paul Martini et Mary-Jane Stong, nos deux derniers entraîneurs. Ils sont allés chercher la petite fille que j'étais et qui aimait le patin et ils m'ont redonné le goût de patiner. Je ne serais pas la même personne si je n'avais pas terminé ma carrière avec eux.

Q Idoles

R Paul Martini et sa partenaire Barbara Underhill. Ce sont eux que Luc et moi, quand on a commencé à patiner à Baie-Saint-Paul, on regardait sur vidéos pour apprendre. À ce moment-là, on n'avait pas de coach de couple.

Q Qu'est-ce qui te manque le plus?

R Le feeling de la vitesse, la glisse et le vent sur mon visage. Aussi le feeling de savoir que peu importe le mouvement que je devais faire sur la glace, je n'avais pas à m'inquiéter, Luc serait là.

Q Prochain objectif

R Recommencer à courir des marathons. J'en ai fait quatre jusqu'ici, soit Boston (2014), Lowell (2) et Toronto. Mais comme j'ai moins de temps pour m'entraîner, je fais des demi-marathons. C'est à cause de mon frère David que j'ai commencé à courir et puis à faire des marathons.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer