Les véritables aspirations d'Annick Routhier-Labadie

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Annick Routhier-Labadie travaille aujourd'hui chez Mobius Executive Leadership et oeuvre aussi au sein de Pour 3 Points.

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(Québec) Fascinée par les sciences depuis son adolescence, Annick Routhier-Labadie se destinait à une carrière de médecin. Étudiante à l'Université d'Oxford, où elle a obtenu deux maîtrises en génie biomédical, elle était sur le point d'arriver à ses fins quand le destin l'a confrontée à ses véritables aspirations et l'a obligée à revoir son choix de carrière. Aujourd'hui, elle est spécialisée en développement de leadership et en gestion de changement.

«Quand on est jeune, compétitive et performante, on se fixe souvent les objectifs les plus élevés possible», explique la jeune femme qui travaille chez Mobius Executive Leadership en plus d'oeuvrer au sein de Pour 3 Points, un organisme à but non lucratif de Montréal qui offre des programmes de développement de leadership aux entraîneurs. «Et on oublie parfois à bien se connaître. Quand je suis allée à l'Université Seton Hall, j'ai choisi de faire un bac en physique, le bac que je trouvais le plus difficile. Mais j'aurais dû me demander qu'est-ce qui m'intéresserait le plus.»

C'est quand elle a été appelée à travailler dans un hôpital avec des patients ayant subi des AVC qu'Annick s'est aperçue qu'elle n'était pas faite pour être médecin. «Ma mère avait toujours dit que j'étais une âme sensible. Et je m'en suis vraiment rendu compte.»

Même si elle devait faire le deuil de plusieurs années d'études, la jeune Québécoise alors âgée de 25 ans n'a pas sombré dans la déprime. «Je me retrouvais à Oxford avec plein de personnes intéressantes et passionnées dans toutes sortes de milieux. Ç'a fait exploser mes horizons», mentionne la Carougeoise qui est alors allée oeuvrer pour McKinsey & Compagnie, une firme en management. «Je suis partie d'un milieu académique à un milieu de business pendant presque deux ans et demi. J'ai vu l'intérieur d'une dizaine de compagnies et j'ai fait des projets de toutes sortes. J'ai vu ce qu'était la vraie vie.»

Le basketball

Très performante sur les bancs d'école, Annick l'a aussi toujours été sur un court de basketball. Mais même si elle était la fille d'une mère qui responsable des sports au Collège St. Lawrence (Dominique Routhier) et d'un père entraîneur (Mike Labadie), elle indique qu'elle n'avait jamais senti de pression à performer de la part de ses parents.

«Je pense que ma famille m'a servi d'inspiration. J'ai vu à travers mon père ce qu'était la joie et la beauté de créer quelque chose quand il a parti le programme de football du Rouge et Or. Mais en même temps, j'ai entendu des gens le critiquer à la radio ou dans les estrades. J'ai vu à quel point ça pouvait être dur et cruel d'avoir des rêves. À ce moment-là, je me suis dit que moi aussi, je voulais créer quelque chose même si les gens me disaient que ce n'était pas possible.»

Très fière de sa carrière de basketteuse, Annick mentionne que celle-ci lui avait permis de vivre des expériences incroyables mais aussi de faire de très grands apprentissages bien au-delà du domaine sportif. «À l'Université Seton Hall, 80 % de mes coéquipières étaient des Américaines noires qui avaient grandi dans des endroits assez tough et qui avaient vécu des affaires que je ne croyais pas possibles de vivre. Cela a élargi mes horizons au niveau culturel et m'a fait réaliser comment j'étais privilégiée», mentionne-t-elle.

La Carougeoise a joué un an pour le Rouge et Or avant de se diriger vers Oxford où elle a renoncé au basket après une campagne. Une cassure facile à faire pour elle. «J'étais rendue au point où j'avais hâte d'essayer autre chose. À chaque minute où j'étais sur un terrain de basket je me disais : "Il y a tellement d'autres choses que je pourrais faire, il y a tellement de choses à découvrir sur cette belle planète..."

«Ça doit faire trois ans que je n'ai pas touché à un ballon. Et ça ne me manque pas du tout. Mais je ne suis pas en train de dire que j'ai tout jeté par la fenêtre. Je garde précieusement tous mes jerseys de basket, mes médailles, mes bannières, etc.»

Annick s'est adonnée à plusieurs sports, comme l'aviron et le cyclisme sur route après avoir renoncé au basket. Aujourd'hui, elle est adepte de triathlon et fait des demi-Ironman. «J'ai appris à nager l'hiver dernier. C'était tellement le fun d'apprendre quelque chose de nouveau en sport. Comme je suis encore très compétitive, il y a un petit côté de moi qui se fâche quand je me fais dépasser par 50 femmes dans une course. Mais ça ne me dérange plus vraiment tant que ça.»

Annick va plus loin, elle est d'avis que son désir d'ultra-performance lui avait parfois nui. «L'hyper-performance, ça pousse et ça aide, mais ça peut finir par te limiter. D'abord parce que tu prends beaucoup plus de temps que tu devrais en prendre pour réaliser certaines choses. Mais aussi parce que, par crainte de l'échec, tu finis par prendre moins de risques. C'est quelque chose sur laquelle je travaille. Et il y a des gens autour de moi qui m'aident à choisir de façon consciente où je vais donner mon énergie pour être hyper-performante et où je vais être juste très bonne.»

Questions/réponses

Q Fait marquant? 

R Un match à ma deuxième année à Seton Hall. Je ne jouais pas beaucoup ou pas du tout. Notre première et seconde point gard se sont blessées. Quand je me suis avancée sur le terrain, j'ai vu que ma coach n'avait pas trop confiance. Mais j'ai obtenu une quinzaine de points dans une demie. Ç'a été un des seuls matchs que l'on a gagné dans cette première moitié de saison-là. Aussi d'avoir joué devant 15 000 personnes. C'est tout un feeling d'être sur le terrain avec une atmosphère aussi intense. 

Q Des regrets?

R Ne pas m'être assez fait confiance. J'aurais dû me mettre moins de pression et être moins exigeante envers moi-même. Il aurait peut-être fallu que je me dise : hey, tu n'es pas pire. Si j'avais eu plus cette attitude, ça m'aurait aidée, surtout quand je suis allée aux États-Unis. 

Q Personnalité marquante?

R Mon père Mike en est une. Mais aussi Becky Hammon. Je la trouvais vraiment bonne. J'aurais voulu être comme elle au basket. Et quand je vois ce qu'elle réussit maintenant, elle est devenue assistante-entraîneure dans la NBA et elle est hyper-bonne dans ce qu'elle fait, c'est encore un modèle pour moi mais d'une autre manière.

Q Un rêve? 

R J'aimerais faire avancer les mentalités par rapport à la différence et par rapport à comment on juge et on catégorise les gens.

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