Julie Côté: un mariage d'intérêts

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(Québec) Alors qu'elle était au cégep, Julie Côté a réalisé pour la première fois que le mariage de ses intérêts pour l'athlétisme et la biomécanique du sport était des plus naturels. Elle ne se doutait cependant pas que ceux-ci allaient guider toute sa vie.


«Mon prof de physique nous avait demandé de faire une expérience à notre choix en lien avec la mécanique, la physique et les équations de Newton. J'avais décidé de calculer la trajectoire optimale du saut en longueur», se rappelle la docteure en kinésiologie, professeure à l'Université McGill où elle est vice-doyenne du département des sciences de l'éducation.

«J'ai compris que ce que je faisais, ce n'était pas seulement de la physique, c'était aussi de la biomécanique car j'utilisais des équations de physique pour comprendre les mouvements du corps humain. Et en tant qu'athlète, j'étais bien au fait de l'importance d'avoir une bonne technique dans la réalisation de chacun des mouvements, tant pour améliorer ses performances que pour éviter les blessures. J'ai eu la piqûre.»

Excellente athlète et douée à l'école, la spécialiste du demi-fond s'est fait remarquer par les autorités du programme d'athlétisme de l'Université du Wisconsin qui lui ont offert une bourse d'études. En plus de défendre les couleurs des Badgers dans la NCAA, elle y a aussi obtenu un bac et une maîtrise en kinésiologie. Aujourd'hui, elle enseigne et elle fait de la recherche sur les blessures en lien avec le travail.

«Pour moi, il y a un lien logique avec le sport. Quand j'étais athlète, j'étais spécialiste du demi-fond. Ça n'avait pas l'air trop intense. Je faisais des répétitions de foulées et c'était toujours les mêmes muscles qui travaillaient de la même manière. La machine pouvait rouler parfaitement pendant des mois et, à un moment donné, il y avait un grain de sable qui entrait dans la machine et qui changeait tout. C'est souvent comme ça au travail. Ça va bien et oups, du jour au lendemain, on a des douleurs et ça ne marche plus.»

Selon la spécialiste, le travail de bureau tel qu'on le connaît comporte beaucoup de risques. Passer de longues heures devant un écran à faire rouler une souris peut occasionner des blessures. Elle explique que le danger, ce sont les répétitions et les postures du cou ou du dos.

Au milieu des années 1990 que Julie était au sommet de son art. En 1995, elle s'est même approchée de ses standards olympiques. Une bronchite l'a cependant empêchée de compétitionner à la hauteur de son talent lors des qualifications pour le JO. Après une pause de quelques mois, elle a repris l'entraînement et a participé aux Jeux de la Francophonie en 1997, à Madagascar. En 1998, elle s'est donnée une dernière chance de dépasser en faisant de l'athlétisme à temps plein.

«J'ai trop pris de chances et je me suis entraînée trop fort. J'ai développé une cardiomyopathie. Les médecins n'ont jamais été capables de dire ce qui avait causé ça. Mais du jour au lendemain, j'ai eu de la misère à monter des escaliers. Je pense que mon corps me lançait un signal assez clair qu'il fallait que je tourne la page.»

Julie a accroché ses espadrilles il y a presque 20 ans. Elle avoue qu'elle a toujours eu une relation amour-haine avec l'athlétisme. Mais elle est très fière de ce qu'elle a réalisé.

«Si je résume ma carrière en athlétisme en une phrase, je dirais qu'elle m'a permis d'aller chercher mes diplômes, d'arriver là où je suis au niveau professionnel et de voyager. J'ai rencontré plein de monde et créé des amitiés qui durent encore. Avec Simone Lemieux, Isabelle Bélanger et Caroline Vachon, par exemple.

Adolescence difficile

«Mais en même temps, ça n'a pas été des temps toujours faciles. Je me suis vraiment lancée en athlétisme quand j'étais adolescente, une période difficile à la suite du divorce de mes parents. Je pense que j'ai tourné une période difficile de ma vie en succès. Et être toute seule au Wisconsin, ça n'a pas non plus été toujours facile. Mais je me suis prouvé des choses. C'est sûr que j'aurais aimé ça atteindre la coche de plus. Mais je pense que j'ai atteint ce que je devais atteindre au niveau personnel.»

Parlant de sa retraite, la kinésiologue reconnaît qu'elle n'a pas été facile à gérer. Elle mentionne que quelques années de coaching lui avaient permis de faire une transition entre son «ancienne» et sa «nouvelle» vies et que ses études lui avaient permis de se faire une nouvelle identité. «Je suis fière de ce que je suis devenue. J'ai eu des années stressantes. Je n'étais pas super bien dans ma peau quand j'étais ado. Il y a beaucoup de frustration que je laissais sortir dans mes courses et à l'entraînement. Aujourd'hui, je suis bien, je suis heureuse, je suis à ma place et ça fait que je suis bonne dans mon travail.

«J'aime beaucoup être vice-doyenne parce que ça me permet d'aider les étudiants. Et tout ce que je fais me valorise. J'ai l'impression de contribuer au milieu étudiant, au milieu académique et à la recherche.»

Questions/réponses

Plus grande déception?

R Avoir raté les Jeux de 1996.

Plus grande satisfaction de ta carrière d'athlète?

R Avoir été aux Universiades en 1995 où j'ai fini troisième au 800m avec un chrono de 2m03. Là je commençais à être près des standards. 

Une personne marquante?

R Ma mère. Elle a été une inspiration. Pour moi c'est une battante dans la vie. Ça n'a pas été facile pour elle mais elle s'est débrouillée. Quand J'ai commencé l'athlétisme, Simone Lemieux m'a beaucoup influencée. Et Daniel Mercier, le coach qui a eu le plus d'impact sur ma carrière. 

Plus grand défaut?

R Je suis très dure et exigeante. Et j'ai de la difficulté à dire non. J'en prends et j'en prends... peut-être trop.

Tu te voies où dans 20 ans?

R Je vais avoir 63 ans. J'espère que je vais être aussi passionnée et motivée par ma job. Et j'espère que je vais avoir fait avoir fait avancer mon département et mon groupe d'étudiants et mon domaine de recherche.

Des regrets?

R D'avoir été un peu compliquée comme ado. À 14-15 ans, j'étais la fille qui était tough, pas super sympathique avec les autres. J'espère que je n'ai pas été trop dure envers les autres. 

Q Un rêve récurrent?

R Je rêve encore à l'athlétisme à peu près la moitié de mes nuits. Quand je me réveille j'ai toujours l'impression que c'est parce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas réglé? Et pourtant.... J'ai 43 ans, ça va super bien, je suis heureuse. J'ai tourné la page depuis longtemps sur l'athlétisme. Et je suis bien en paix avec tout ça. De toute manière, on ne peut pas retourner en arrière.

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