Pascal Chéron: toujours un guerrier

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Pascal Chéron est maintenant professeur d'éducation physique à Cambridge, dans le sud de l'Ontario.

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(Québec) CHRONIQUE / Obligé de renoncer à sa carrière chez les professionnels à cause de blessures, Pascal Chéron pensait bien pouvoir tourner la page sur le football une fois son deuil terminé. Avec le recul, il en est venu à la conclusion que son sport l'avait marqué à jamais.

«J'ai pensé que le joueur de football était mort ou qu'il devait mourir parce que je devais me réinventer», lance l'ex-joueur de ligne offensive. «Je réalise aujourd'hui que ce guerrier-là m'habite toujours. Il fait partie de chaque cellule de mon être. Je dois à tous mes coéquipiers, à tous mes coachs et à toutes les expériences que j'ai vécues d'être qui je suis. Et ce guerrier sera là jusqu'à mon dernier souffle.»

C'est en 2007 que Chéron a dû accrocher ses crampons. Aux prises avec une sévère blessure au dos qui aurait pu le laisser avec des séquelles permanentes, il avait aussi un genou en compote. «L'une des décisions les plus déchirantes de ma vie.

«À l'époque, même si je ne pouvais plus courir et plaquer, mon coeur voulait continuer. Je réalise aujourd'hui que j'étais au bout du chemin chez les pros. Le football avait été très taxant au niveau physique, mais aussi au niveau mental et émotionnel parce que j'avais perdu pendant huit ans.»

Détenteur d'un diplôme en enseignement d'éducation physique, Chéron s'est rapidement trouvé un emploi. À ce sujet, il est reconnaissant envers l'organisation lavalloise. «On nous répétait sans cesse que l'objectif numéro un était que nous obtenions notre diplôme. Sans mon bac, j'aurais dû faire face à un gouffre épouvantable au lendemain de ma retraite.»

Même s'il était bien armé, le colosse admet que son adaptation à sa nouvelle vie a été extrêmement difficile. «Jouer au football, c'était mon rêve et ma passion. Après ma retraite, j'ai dû apprendre à vivre sans le sport pour lequel je m'étais donné à 100 % pendant une vingtaine d'années.»

Né pour être footballeur

Il semble que l'ex-numéro 66 du Rouge et Or était destiné à être footballeur. «Quand, après l'accouchement, le médecin m'a donné à ma mère, il lui a dit : "Mme Chéron, voici votre joueur de football." Faut dire que j'étais un assez gros bonhomme.»

C'est à l'école Les Sentiers, en 1988, que Chéron a amorcé sa carrière. Puis il a défendu les couleurs des Condors du Cégep Beauce-Appalaches. Au terme de son stage collégial, il s'est remis en question et il a pris une année sabbatique. C'est pendant cette pause qu'il a réalisé combien le football l'appelait. Courtisé par plusieurs universités, il a décidé de ne pas écouter les conseils de la majorité des gens et d'aller à l'UL qui lançait son programme.

«C'était un rêve de jouer devant ma famille et mes amis. Mon père me disait toujours qu'il espérait que je rencontre des mentors qui me permettraient de développer mon plein potentiel. Et c'est ce qui est arrivé à l'UL. Jacques Chapdelaine, Glen Constantin et Carl Brennan m'ont énormément aidé au niveau football et humain.»

Membre de l'équipe d'étoiles canadienne en 1998, Chéron a été repêché en sixième ronde par les Tiger-Cats de Hamilton. Invité à demeurer dans l'équipe de pratique à l'issue du camp d'entraînement, il a préféré retourner avec le Rouge et Or. «J'ai dit à coach Lancaster que je ne pouvais pas rester, que j'avais en tête de terminer mon bac en éducation physique et de gagner la Coupe Vanier.»

Ayant atteint son but et confiant à la suite de l'excellent camp d'entraînement qu'il avait connu, le colosse de plus de 300 livres était convaincu que les portes de la LCF s'ouvriraient toutes grandes. Mais il a dû surmonter bien des déceptions avant d'avoir la chance d'être partant en 2002. En 2004, il a été échangé aux Renegades puis il est retourné à Hamilton en 2005 où il a fini sa carrière. On le devine, il n'a pas fait fortune dans la LCF. Mais il n'est nullement amer.

«Est-ce que ça valait la peine de donner sa santé physique, émotionnelle et spirituelle pour le salaire qu'on recevait? Mon banquier, si j'en avais un, dirait que non. Mais en tant que Pascal Chéron, je suis vraiment allé au bout de mon rêve même si je n'ai pas atteint tous mes objectifs, comme de jouer au moins 10 ans et de gagner une Coupe Grey.

«Moi qui m'étais fait couper à plusieurs reprises et qui avais un accent que certains comparaient à celui de Schwarzenegger, j'ai été le capitaine de mon équipe. J'ai eu le privilège de jouer avec les Tiger-Cats et les Renegades et d'évoluer avec des grands comme Danny McManus, Paul Osbaldiston et Joe Montford, des gars qui sont au Temple de la renommée.»

Aujourd'hui installé dans la petite communauté de Cambridge, dans le sud de l'Ontario, Chéron ne passe pas inaperçu. Presque tous les jeunes de l'école où il enseigne depuis six ans savent qu'il a joué dans la LCF. «Ça fait chaud au coeur de voir la flamme dans leurs yeux. Peut-être que mon histoire va en influencer quelques-uns. Mon travail de prof me fait réaliser que j'ai d'autres cordes à mon arc et d'autres choses à offrir aux jeunes que le football. La vie fait bien les choses.»

Questions/réponses

Q Plus beau moment?

R Au niveau du football, la Coupe Vanier de 1999. Ce fut magique. Même si on y croyait à 100 %, c'était tellement improbable. Ce fut le début d'une dynastie, un moment charnière.

Q Des regrets?

R Non. Je ne vis plus dans le passé, la nostalgie ou l'impression d'avoir raté quelque chose. Je suis quelqu'un qui vit dans le présent et qui se sent comblé par la vie et je suis heureux d'être passé par où je suis passé. Mes échecs, mes déceptions et mes blessures font partie de qui je suis. Je l'accepte bien et l'assume pleinement.

Q As-tu un rêve à atteindre?

R Au niveau personnel, mon rêve c'est peut-être de voir ceux qui m'entourent, comme mes trois enfants, avoir accès à leurs rêves et découvrir leurs talents, leurs passions et leurs amours et de vivre pleinement tout ça.

Q Dans 20 ans?

R Rien d'excentrique ou d'extrême. Je l'ai déjà vécu. Je me vois en grand-papa gâteau qui se la coule douce, installé sur le bord d'un lac ou d'une rivière et qui est heureux grâce aux petits bonheurs que la vie lui apporte. Je pense que l'ours entre tranquillement en hibernation et qu'il a envie de paix et de calme.

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