Mélanie Turgeon: une nouvelle recette

L'ancienne championne de ski alpin Mélanie Turgeon est... (Photo fournie par Mélanie Turgeon et Photothèque Le Soleil)

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L'ancienne championne de ski alpin Mélanie Turgeon est aujourd'hui courtière immobilière dans la région de Mont-Tremblant.

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(Québec) Pendant toute sa carrière de skieuse, Mélanie Turgeon a vécu à 100 milles à l'heure. Carburant à l'adrénaline, elle n'avait qu'un objectif : constamment repousser ses limites. Dix ans après avoir accroché ses planches, l'athlète olympique cherche toujours à se surpasser. Mais sa recette a changé.

«Dans les mois qui ont suivi ma retraite, j'ai essayé de retrouver l'adrénaline que j'avais eue en ski», explique la championne du monde en descente (2003). «Et je me suis donné de grands défis. Je suis allée au Népal, j'ai gravi le Kilimandjaro, etc. Mais j'ai réalisé que je ne pourrais jamais reproduire ce que mon sport m'avait apporté et que c'était quand j'avais été dans une atmosphère de calme et de plaisir que j'avais toujours le mieux performé. C'est cette philosophie-là que j'applique aujourd'hui dans ma vie.»

Mélanie ne l'a jamais caché, elle a sombré dans une longue et profonde dépression au lendemain de sa retraite, une décision qui lui avait été imposée par des maux de dos persistants. Elle mentionne qu'elle était restée sur sa faim car elle aurait aimé compétitionner encore quelques années de plus afin de réaliser tous les objectifs qu'elle s'était fixés, mais que, pire encore, elle avait perdu son identité.

«Je faisais du ski depuis que j'avais cinq ans. Quand mes profs à l'école me demandaient ce que je ferais quand je serais grande, je disais : championne de ski. C'était ancré très profondément dans mon identité. Quand j'ai arrêté de faire du ski, je me suis demandé : je suis quoi, je suis qui.»

Habituée aux grandes victoires, la jeune femme d'affaires a aussi dû se contenter de triomphes plus modestes. «Des championnats du monde dans la vie, il n'y en a pas beaucoup», lance Mélanie. «Et de toute façon, j'en ai déjà gagné un», ajoute-t-elle en riant avant de mentionner : «L'important est de se donner des objectifs par rapport à où l'on est et à ce que l'on veut faire dans la vie. Une grande réussite, quand tu es en grosse dépression et que tu n'es pas capable de sortir de la maison, c'est de mettre le pied dehors.»

Parlant de sa dépression, Mélanie dit : «Ça fait partie d'une expérience de vie qui a été difficile à vivre sur le moment mais qui a été remplie d'apprentissages et qui m'a amenée à prendre des voies pour en apprendre beaucoup plus sur moi. Je suis d'avis qu'il n'y a pas d'échecs dans la vie, seulement des apprentissages.»

Jetant un coup d'oeil sur sa carrière, Mélanie mentionne qu'elle en est très satisfaite et qu'elle n'a aucun regret. «Le ski et la compétition, c'est une vie extraordinaire. Les gens disent : "C'est tellement de sacrifices". Mais la vie de tous les jours à travailler comme on le fait, c'est beaucoup plus de sacrifices comparé à aller au gym à tous les matins et de voyager à travers le monde.»

Mélanie est depuis deux ans  courtière immobilière chez Royal LePage dans la région de Mont-Tremblant, un domaine dans lequel elle travaille depuis deux ans en collaboration avec son frère Sébastien et qui lui permet de relever de nouveaux défis. Mais même si elle oeuvre dans une région associée à la pratique du ski, ce ne sont pas tous les gens qui la reconnaissent. «Ça prend parfois une ou deux rencontres avant que les gens me disent : "Ah oui, je savais que je t'avais déjà vue en quelque part". Les gens voient maintenant la courtière avant la skieuse.»

Conférencière

Mélanie donne aussi des conférences dont le thème est «Les hauts et les bas de la réussite». Elle y explique qu'il n'y a pas que des bonnes performances, qu'il y a souvent des chutes. «Et il faut se relever, passer au travers de l'adversité et persévérer. Retourner vers un haut, c'est un processus. C'est un cheminement qui t'amène vers une réussite. Et chaque réussite a une ampleur. Ce qui est une petite réussite pour une personne peut-être une grande pour une autre. L'important, c'est de profiter de chacune de ces petites réussites-là afin de toujours faire un pas en avant vers son rêve ou son objectif.»

Mélanie explique qu'elle n'est pas là pour dire aux gens quoi faire ou comment faire. «Je vais partager une partie de ma vie qui a été très importante pour moi. J'espère qu'au travers de mes expériences, je réveillerai une petite étincelle chez les gens. Mon histoire est différente de la leur. Mais peut-être que l'on se rejoint sur certains points.»

On s'en doute, le ski fait toujours partie de ses pensées. Elle avoue cependant que ce n'est pas dans le même état d'esprit qu'elle s'élance sur les pentes. «Quand je m'entraînais et que je compétitionnais, même si j'aimais ça, c'était un travail. Maintenant, quand je ski, c'est par choix. C'est uniquement pour avoir du plaisir.»

Même si elle a dévalé des pentes à plus de 100 km/h, Mélanie explique qu'elle n'a plus besoin d'aller aussi vite aujourd'hui. «Skier à plus de 100 km/h,  c'est la normalité quand tu le fais à tous les jours. Ça fait 10 ans que je n'ai pas skié à cette vitesse-là. Je n'ai pas le goût de le faire.»

Questions/réponses

Q Plus beau souvenir? 

R Quand j'ai passé le fil d'arrivée aux Championnats du monde à Saint-Moritz. J'ai eu un relâchement émotionnel, j'ai poussé un gros cri de joie. Et ce n'est pas parce que j'avais gagné, car il y avait encore des filles qui n'avaient pas pris le départ. C'était la consécration de plusieurs années de hauts et de bas et la satisfaction d'être enfin arrivée à mon but. Un moment mémorable. 

Q Ce qui te manque le plus?

R Le style de vie d'une athlète et les voyages. Oui, c'était parfois difficile de quitter la maison. Mais un athlète, ça prend soin de bien s'entraîner, de bien manger, de bien se reposer. C'était le fun

Q Des regrets?

R Aucun. J'ai eu le privilège de vivre beaucoup plus de choses que les jeunes en général.

Q Quand tu ne fais pas de ski? 

R J'aime beaucoup faire de la marche en montagne. J'ai un gros chien, je l'emmène dans le bois. J'ai aussi repris goût au vélo et je me suis remise à nager. Je joue également au tennis.

Q Si tu avais un enfant désireux de faire du ski de haut calibre? 

R C'est sûr que l'on va faire du ski en famille. Mais j'aimerais lui donner l'opportunité de toucher à plein de choses. Pour le reste, on verra.

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