Yves Ouellet, un prof devenu policier

Joueur de ligne défensive du Rouge et Or... (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Joueur de ligne défensive du Rouge et Or de l'Université Laval entre 1998 et 2001, Yves Ouellet travaille aujourd'hui au Service de police de la Ville de Québec.

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Détenteur d'un bac en enseignement de l'éducation physique quand il a quitté l'Université Laval, Yves Ouellet n'aura été prof que quelques mois. C'est comme policier qu'il fait finalement carrière, un travail où, selon lui, les similitudes sont grandes avec celui d'un joueur de football.

«Dans les deux cas, on ne peut être individualiste», explique celui qui a été membre de la ligne défensive du Rouge et Or entre 1998 et 2001 et qui est patrouilleur au Service de police de la Ville de Québec. «Il faut travailler en équipe. Chacun a une responsabilité et chaque petit détail compte. De plus, comme c'était le cas au football, il y a tout un esprit de gang dans la police même si, parce que c'est un milieu professionnel, il n'est pas aussi intense qu'au football.»

Revenant sur sa décision de quitter le milieu de l'éducation, Ouellet mentionne qu'il aimait enseigner l'éducation physique. Mais étant très compétitif et très exigeant envers lui-même, il l'était aussi envers ses élèves. «J'ai réalisé que l'enseignement aux clientèles générales n'était pas fait pour moi.»

Ouellet est donc retourné aux études. Il a fait un DEC en techniques policières au Cégep d'Alma. Pourquoi cette spécialisation? Enfant, il rêvait de devenir policier. Il avait aussi une connaissance de la profession acquise en côtoyant des policiers alors qu'il travaillait comme portier dans les bars du temps où il jouait pour le Rouge et Or.

«Je suis quelqu'un qui est honnête. J'aimais l'idée de protéger les gens et de faire régner l'ordre. Finalement, quand tu es policier, tu n'as pas de routine et tu as des crises à gérer. J'ai su rapidement que je serais capable de m'y réaliser.»

Passage à Mashteuiatsh

Après avoir travaillé à Ville Saguenay, c'est dans la communauté autochtone de Mashteuiatsh que Ouellet a oeuvré comme policier. À la recherche d'un emploi à temps plein, il a vu la chance lui sourire quand la Ville de Québec a ouvert un concours. 

«J'ai fini premier de promotion en 2006 et je suis rentré comme patrouilleur à Sainte-Foy où je suis depuis. Travailler à Québec, c'est extraordinaire. La ville a un excellent service de police avec des policiers dévoués.»

Ouellet reconnaît que son travail n'est pas toujours facile. «Des fois, tu reviens chez toi et tu te dis ouf, c'est tough. Être sur les shifts, c'est très exigeant pour le corps humain. Mais ce qui est très dur, c'est de travailler avec l'émotion humaine, ça gruge pas mal d'énergie, et la perception du travail de policier depuis l'avènement des nouvelles technologies et des médias sociaux. 

«Être filmés, c'est correct. Mais quand une personne met sur le Web 20 secondes d'une intervention qui a duré 10 minutes, elle incite les gens à porter un jugement sur un travail qu'ils ne connaissent pas et sur une partie de l'intervention qui n'est souvent pas fidèle à ce qui s'est vraiment passé.»

Malgré tout, Ouellet aime son travail et la manière dont il en parle le reflète. «Je suis heureux d'être patrouilleur parce que je suis sur le terrain et en contact avec les citoyens. Pour moi, c'est de l'or. Être policier, c'est une profession extraordinaire et très gratifiante. Passer à côté d'une garderie et voir un paquet de petit "mouks" qui trippent sur la police nous envoyer la main, ça nous met un sourire dans le visage pour le restant de la journée. Porter l'uniforme du Service de la police de Québec, je trouve que c'est wow!»

Ouellet n'a pas mis de temps à renouer avec le Rouge et Or à son retour à Québec. Il s'est impliqué dans l'Association des anciens. «J'avais besoin de reprendre le lien que j'avais avec ma famille, avec ma maison qui est le PEPS.

«OEuvrer dans l'Association me donne un contact privilégié avec l'équipe. Avant chaque match, j'organise un tail gate des anciens joueurs. On se réunit, on placote... C'est certain que la frénésie, l'esprit de compétition et l'adrénaline sont encore là. Si on n'est pas sur le terrain, c'est parce que l'on est rendu trop vieux.»

L'ex-numéro 98 mentionne que c'est aussi à l'Association des anciens que revient le mandat d'organiser le banquet de fin d'année de l'équipe de football «Une soirée mémorable. C'est là que l'on voit que même si plusieurs années nous séparent des jeunes joueurs, nous faisons partie d'une même famille.»

Parlant de sa décision de se retirer, prise au terme de sa quatrième année d'admissibilité, il explique qu'elle était bien réfléchie. «J'avais terminé mon bac. Je réalisais que le niveau professionnel, c'était quelque chose qui n'était pas accessible. Au niveau physique, le football, c'est extrêmement exigeant et j'avais déjà gagné un championnat. Le guerrier en moi avait fait ce qu'il avait à faire dans ce sport-là. J'étais serein.» 

Même s'il est très fier de tout le chemin qu'il a parcouru, Ouellet ne s'y attarde pas plus qu'il ne le faut. «Ce qui est arrivé dans mon passé, c'est ce qui fait que je suis la personne que je suis aujourd'hui. Moi, je regarde en avant. Mais c'est certain que je vais toujours rester impliqué dans le football.»

Questions/réponses

Q Fait marquant? 

R La Coupe Vanier de 1999, mais encore plus notre victoire en demi-finale canadienne face aux Huskies de la Saskatchewan. On était tellement sous-estimés. Aussi d'avoir été partant et capitaine de la défensive. Et à ma dernière année, d'avoir obtenu le titre de joueur le plus dévoué de l'équipe. 

Q Personnages marquants?

R Francesco «Pepe» Esposito, un homme d'une grande sagesse et d'une grande discipline de vie. Jacques Chapdelaine, pour sa droiture et sa discipline et Glen Constantin pour son éthique de travail et toute l'énergie qu'il met dans l'équipe. Aussi, Jacques Tanguay. C'est incroyable de voir le dévouement de cet homme-là. 

Q Plus grande qualité?

R Je pense que je suis très discipliné et déterminé. Je suis passionné. Et extrêmement généreux et dévoué.

Q Plus grand défaut? 

R Je suis trop compétitif. Quand on veut toujours l'excellence dans tout, on devient difficile à contenter. J'avais aussi de la difficulté avec l'échec. Mais j'ai réalisé que l'on en apprenait pas mal plus dans les défaites que dans les victoires.

Q Des regrets?

R Aucun sauf peut-être ma manière de m'entraîner. À l'époque, l'emphase était mise sur la prise de poids et la force. Aujourd'hui, les entraînements sont beaucoup plus dynamiques.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer