Caroline Olivier définie par le sport

Caroline Olivier, ex-athlète olympique en saut acrobatique, est... (Infographie Le Soleil)

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Caroline Olivier, ex-athlète olympique en saut acrobatique, est aujourd'hui physiothérapeute à la clinique Georges Morisset. À gauche, Caroline Olivier en 2015, à droite, en 1985.

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(Québec) Dix-sept ans après avoir quitté la scène du ski acrobatique, Caroline Olivier demeure toujours aussi passionnée de sport. C'est pour elle un moyen de se définir, une drogue dont elle ne peut se passer.

«Ça m'a pris deux ans après ma retraite à comprendre que j'avais besoin de sport dans ma vie», explique Caroline, physio à la clinique de physiothérapie Georges Morisset. «C'est dans sa pratique que je vais chercher ce qui me manque de ma carrière d'athlète. J'ai vécu des émotions incroyables grâce au sport - trippantes ou décevantes - qui m'ont définie comme personne. Et même si c'est à un niveau pas mal moins élevé, j'ai besoin de revivre cette adrénaline-là.»

Adepte de tennis et de ski alpin, c'est dans le golf que l'athlète olympique se réalise comme elle le souhaite. Elle a amélioré son jeu au cours des trois dernières années au point de se hisser parmi les meilleures golfeuses du club de Cap-Rouge. Une progression qu'elle attribue à l'arrivée du pro Frédéric Théberge.

«Quand j'ai commencé le golf, je ne pensais jamais embarquer autant. Les journées de mes tournois importants sont des X sur mon calendrier. J'ai terminé deuxième au championnat du club cette année. Et j'ai gagné avec une amie le championnat du pro. Je suis bien chanceuse d'avoir trouvé le golf, un sport que je pourrai pratiquer longtemps. Et je peux y jouer avec mon père.»

Le sport n'a pas seulement guidé la vie personnelle de Caroline. Il a aussi eu une influence importante sur sa vie professionnelle. C'est le sport, plus particulièrement les blessures résultant de sa pratique, qui l'ont incitée à devenir physio. 

«Comme mon père et mon frère sont médecins, j'étais intéressée par le domaine de la santé. Quand je me suis blessée au ligament croisé antérieur, j'ai eu de longues réhabilitations, ici à la clinique. J'ai regardé le monde aller. Et ce que j'ai vu m'a plu. Mais ce qui a renforci ma décision, c'est d'avoir voyagé avec Brigitte Gauthier. Elle était physio. On partageait souvent la même chambre, ce qui me donnait l'occasion de la voir travailler et de lui poser des questions.»

Un seul regret

Même si l'annonce de sa retraite, en  décembre 1998, fut pour elle un moment rempli d'émotion, Caroline avoue qu'elle n'a jamais regretté avoir remisé ses skis de compétition. «C'était le bon moment d'arrêter», explique l'athlète olympique dont la décision de mettre un terme à sa carrière avait été motivée par trois raisons : les blessures aux genoux qui l'empêchaient de performer, son désir de terminer ses études et sa satisfaction du devoir accompli.

«Quand je pense à ma carrière, je n'ai qu'un seul regret et c'est de ne pas avoir gagné de médaille olympique. Elle était tellement accessible. Quand je me suis présentée à Nagano, j'étais troisième au monde. Ce n'était donc pas une folie de rêver à un podium. Mais ce fut finalement un flop monumental [19e]. 

«Ne pas avoir performé à la hauteur de ce dont j'étais capable est bien triste. Mais j'ai quand même réalisé deux fois mon rêve de petite fille de prendre part aux Jeux olympiques. J'ai aussi décroché trois Coupes du monde et totalisé 15 médailles. Par deux fois, je suis venue bien proche de remporter le Globe de cristal [championnat de la saison]. Avec le recul, je me dis wow! J'ai tout fait ça. Et même si j'avais décroché une médaille olympique, je crois que je serais exactement à la même place dans ma vie que je le suis aujourd'hui.»

Parlant des lendemains de sa retraite, la Carougeoise a mentionné que même si elle avait un important projet de vie en marche, la poursuite de ses études, elle avait quand même dû se redéfinir comme physio. Elle mentionne aussi que ses débuts dans la pratique avaient parfois été difficiles.

«J'avais pas l'impression d'aider les gens autant que je pouvais», explique celle qui fut étudiante-soigneure avec l'équipe de football du Rouge et Or pendant une saison. «Et quand je retournais chez moi, je capotais. J'ai pensé que je n'étais pas dans le bon domaine.»

Caroline mentionne qu'elle a alors téléphoné à Bernard Petiot, son ancien entraîneur de gymnastique maintenant au Cirque du Soleil, pour lui offrir ses services comme recruteuse. Un accident de ski lui a cependant permis de trouver les réponses qu'elle cherchait. «J'ai été six semaines sans travailler. Et je me suis ennuyée de la clinique.. J'ai vu que la physio, c'était vraiment ça que je voulais faire. 

«Aujourd'hui, je sais que les personnes ne réagissent pas toutes de la même manière aux traitements et que ce ne sont pas tous les gens qui font assidûment leurs exercices. J'ai donc baissé mes attentes.»

Interrogée à savoir si elle regrettait d'avoir laissé une partie de sa santé pour sa carrière d'athlète, Caroline lance : «Ç'a valu la peine pour vivre ce que j'ai vécu. Ça me rend cependant triste de penser qu'à 70 ans, je ne serai pas aussi en forme que mon père. Mais si on proposait de me donner un meilleur genou en échange de mes expériences olympiques et de mes médailles d'or en Coupe du monde, je dirais non.»

Questions/réponses

Q Faits marquants?

R Ma première victoire en Coupe du monde en Autriche en 1996 qui m'avait permis de terminer troisième au classement final. Aussi, mon entrée dans le stade aux JO de Lillehammer et ma victoire à Whisler, où j'avais été la première fille à réaliser un double arrière trois vrilles. 

Q Personnalités marquantes?

R Mon père et ma mère. D'abord pour les principes qu'ils m'ont inculqués comme l'importance des études, le travail et la discipline. Mais aussi parce que ce ne sont pas tous les parents qui auraient accepté d'envoyer leur fille de 13 ans à Montréal pour lui permettre de faire de la gym.

Q L'animal qui te ressemble?

R Le dauphin. Il a toujours l'air de sourire, d'être de bonne humeur. Il a plein d'amis, tous l'aiment, il raffole de se donner en spectacle et est très intelligent.

Q Plus grand défaut?

R Je suis impatiente dans certaines occasions.

Q Plus grande qualité?

R Ma joie de vivre et mon positivisme.

Q Plus grande satisfaction?

R Avoir vécu une passion qui m'a permis de réaliser mes rêves et être arrivée, grâce à de nombreux sacrifices, à me donner les moyens qui me permettent, aujourd'hui, de faire ce que j'aime et quand j'ai envie de le faire. J'aime ma vie.

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