Marie-Claude Dion: respecter ses limites

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Marie-Claude Dion, ancienne joueuse de l'équipe nationale de soccer, est l'une des pionnières du programme de soccer féminin de l'Université Laval.

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(Québec) Passionnée de soccer, Marie-Claude Dion a passé une vingtaine d'années sur le terrain à courir après et avec le ballon et dans le gymnase à s'entraîner. Aujourd'hui son corps ne lui permet plus de mener la vie active qu'elle souhaiterait continuer d'avoir. Pire encore, elle a dû renoncer à son travail d'enseignante.

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Photothèque Le Soleil

«Je n'ai que 41 ans. Pourtant, je me sens comme si j'avais le corps d'une femme de 71 ans», explique l'ex-porte-couleurs  de l'équipe nationale de soccer, qui souffre de spondylarthrite ankylosante, une maladie invalidante qui cause de la douleur, de la raideur et de l'inflammation dans la colonne vertébrale et qui peut toucher d'autres articulations comme les hanches, les épaules et les genoux. Elle peut aussi causer de la douleur ou de l'irritation oculaire, une atteinte à une valvule cardiaque, l'inflammation de la paroi de l'aorte ou des dommages aux nerfs autour de la moelle épinière.

«C'est en 2007 que je suis tombée vraiment malade pour la première fois», mentionne la mère de deux garçons. «Je me suis retrouvée aux soins intensifs coronariens. C'est comme si mon corps m'avait dit : je te mets au pied du mur, là tu vas vraiment te calmer le pompon. Je suis retombée très malade en 2010. À chaque fois, les médecins n'ont pas trouvé ce que j'avais.» 

Malgré des douleurs intenses dans les articulations, Marie-Claude a tenté de mener une vie normale à la suite de ses hospitalisations. Elle a même pris part au championnat canadien de soccer des 35 ans, et plus. À son retour, les choses se sont gâtées. Son pied droit a enflé au point qu'elle n'a plus été capable de se chausser ni de marcher.

«Mon médecin de famille a eu un déclic et il m'a envoyée voir une rhumatologue. En novembre 2012, j'ai finalement su ce dont je souffrais.»

Le diagnostic de la spécialiste et ses recommandations ont secoué la jeune femme. Elle devait arrêter de courir et de s'entraîner et plutôt favoriser des activités comme la marche, le vélo et la natation, qu'elle ne devait jamais pratiquer dans un cadre compétitif.

«J'ai aussi dû apprendre à respecter ma limite de douleur et à prendre soin de moi, quelque chose que je n'avais jamais fait. La bonne nouvelle, c'est que ma maladie pouvait être contrôlée avec des médicaments. Je ne risquerais donc plus de faire des péricardites. Le côté négatif, c'est qu'ils allaient affaiblir mon système immunitaire. Et comme j'étais enseignante au primaire, j'ai dû arrêter de travailler.

«Malgré tout, je me considère chanceuse. D'abord que les médecins aient diagnostiqué ma maladie, mais aussi d'avoir des médicaments pour en diminuer les symptômes. Je profite maintenant de la vie d'une manière différente. 

Marie-Claude sait aussi pourquoi tout au long de sa carrière, elle a eu si mal aux articulations. Le médecin lui a cependant dit que son entraînement intensif avait probablement retardé les premières manifestations majeures de sa maladie. «Je suis donc chanceuse d'avoir vécu tout ce que j'ai vécu au soccer».

Une pionnière

C'est en 1989, lors d'un championnat canadien disputé à Edmonton, que Marie-Claude avait été remarqué par les gens de la formation canadienne. «Jouer pour l'équipe nationale, c'était un rêve. Mais je savais que j'aurais beaucoup de travail à faire pour y parvenir. Ainsi, quand j'ai été à Laval, j'ai dû prendre les bouchées doubles. J'ai dû suivre le programme d'entraînement du Rouge et Or et celui de l'équipe nationale. Mais j'étais une fille tenace qui aimait se surpasser. Et j'ai pu profiter des conseils et de la supervision du préparateur physique Raymond Veillette.»

Parlant de son passage avec le Rouge et Or, Marie-Claude rappelle que lorsqu'elle a amorcé ses études à Laval à l'automne 1994, il n'y avait pas d'équipe de soccer. Mais elle s'est retroussé les manches et est passée à l'action. 

«À l'époque, les filles qui étaient ciblées par l'équipe nationale recevaient des offres d'universités américaines. Mais moi, j'aimais mieux demeurer à Québec auprès de ma famille, mon conjoint et mes amis. C'est là qu'est née l'idée de travailler toutes ensemble avec Helder Duarte et de rencontrer les bonnes personnes à l'université afin de les convaincre d'avoir une équipe.»

Vingt ans plus tard, lorsqu'elle regarde tout le chemin parcouru par le Rouge et Or et tous les succès qu'il a obtenu, la pionnière ne cache pas sa grande fierté d'avoir cru au soccer à l'UL «On l'a d'abord fait par amour du soccer.»

C'est à l'été de 2002, alors qu'elle avait 28 ans, que Marie-Claude a mis fin à sa carrière avec l'équipe nationale. «Ça faisait longtemps que j'étais avec mon conjoint. Pour moi, c'était important d'avoir une famille. Et je voulais avoir mon premier enfant avant l'âge de 30 ans.

«Ma présence avec l'équipe nationale m'a beaucoup apporté. Outre les belles expériences que j'ai vécues, notamment lors des voyages que j'ai faits, j'ai pu y apprendre l'anglais, ce qui m'a permis d'aller faire un certificat à l'Université de la Colombie-Britannique.»

Questions/réponses

Q Fait marquant?

R Avoir gagné la CONCAFAF en 1998 face au Mexique (1-0), une grande première dans l'histoire du soccer canadien. Cette victoire sera soulignée de nouveau cet automne avec l'intronisation de notre équipe au Temple de la renommée du soccer canadien. Et notre première victoire à vie contre la formation américaine le 11 novembre 2000 (3-1). 

Q Dans 20 ans?

R Je me vois en meilleure santé. Présentement, je vis au jour le jour. Mais j'ai espoir que l'on trouvera une médication qui me permettra d'être encore mieux que je le suis.

Q Personnalités marquantes? 

R Helder Duarte, mon coach avec le Dynamo et le Rouge et Or. Il nous a tellement aidées pour mettre sur pied le programme de soccer à l'Université Laval... je ne peux pas le remercier assez. Et Charmaine Hooper. une joueuse exceptionnelle de l'équipe nationale. La regarder jouer me donnait des ailes.

Q Ce dont elle s'ennuie?

R Les défis que m'apportait ma carrière avec l'équipe nationale du Canada. Par contre, je ne m'ennuie pas du tout de me lever à cinq heures du matin pour aller m'entraîner. À l'époque, il manquait de plateaux à l'Université Laval. Il fallait s'entraîner avant le début de nos cours. Et moi, j'aime dormir...

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