Samuel Grégoire-Champagne: un air de déjà-vu

Samuel Grégoire-Champagne, ancien receveur étoile du Rouge et... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Samuel Grégoire-Champagne, ancien receveur étoile du Rouge et Or, est aujourd'hui médecin généraliste à l'hôpital de Saint-Raymond de Portneuf.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) «L'adrénaline que me procure mon travail de médecin à l'urgence ressemble à celle que je ressentais le jour d'un match de foot. J'ignore ce qui m'attend mais je sais que je vais devoir donner le meilleur de moi-même. Ce feeling, j'ai toujours aimé le ressentir comme joueur, spécialement quand j'étais avec le Rouge et Or. Et c'est probablement pour cette raison que j'aime être à l'urgence.»

«L'adrénaline que me procure mon travail de médecin... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

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Photothèque Le Soleil

Pour Samuel Grégoire-Champagne, qui a obtenu son doctorat en médecine à l'Université Laval en 2010, il existe des affinités entre la médecine et le football. Travaillant à l'hôpital de Saint-Raymond de Portneuf, il est spécialisé en médecine familiale, un domaine qu'il a choisi après avoir étudié en chirurgie générale pendant une année. Il devrait commencer à pratiquer dans un bureau dans environ un an.

«La médecine familiale, c'est un domaine très large où toutes sortes de pathologies se croisent. J'aime toucher à plein de choses. J'aime aussi le contact avec les gens, apprendre à les connaître et les suivre sur une longue période. C'est pourquoi j'ai hâte de faire du bureau. Mais j'ai l'intention de continuer à travailler à l'urgence.»

Grégoire-Champagne explique que depuis sa tendre enfance, son rêve était de suivre les traces de son père et de devenir médecin. Il mentionne que le football a cependant été une très bonne école. Il l'a aidé à former son caractère et ses valeurs et à développer des qualités comme la persévérance et la détermination. 

«Le football est, selon moi, le plus beau sport d'équipe. La capacité de travailler en équipe que j'ai acquise me sert encore beaucoup aujourd'hui. En tant que médecin de famille, je dois souvent discuter et travailler avec des spécialistes.»

Dans la NCAA

Produit du Blizzard du Séminaire Saint-François, il a joué son football collégial avec les Spartiates du Vieux-Montréal. Talentueux et possédant un gabarit exceptionnel (6'4'', 215 livres), il a été recruté par les Spartans de Michigan State où il a entrepris des études en médecine. «Là-bas, les édifices du complexe de football sont tapissés de photos de joueurs qui ont joué dans le pro. Tu n'as donc pas le choix de penser à la NFL.

 «J'ai quand même appris beaucoup sur moi dans cet environnement-là. Peut-être que ma blessure a un peu pesé dans la balance, mais j'ai réalisé que la médecine était vraiment le domaine dans lequel je voulais faire carrière. Mon objectif avait toujours été de jouer dans la NCAA. Je l'avais réalisé. Je suis donc revenu au Québec.» 

Débarqué à l'Université Laval en 2004, le receveur de passes  a passé trois saisons avec le Rouge et Or. Des campagnes fructueuses au cours desquelles il a vécu deux conquêtes de la Coupe Vanier (2004 et 2006).

«Des années extraordinaires. J'ai retiré beaucoup de cette expérience et j'en garde encore des souvenirs extraordinaires. Ce fut une très belle période. Je n'en changerais rien.»

Grégoire-Champagne, qui a accroché ses crampons au terme de sa quatrième année dans les rangs universitaires, explique qu'il n'avait aucun regret d'avoir renoncé à sa dernière saison d'admissibilité au football pour se concentrer sur ses études en médecine. Et ce n'est pas la réussite de Laurent Duvernay-Tardif, qui a mené de front études et carrière sportive et qui y a brillamment réussi, qui le fera changer d'idée.

«Je ne le connais pas personnellement mais je l'admire beaucoup pour ce qu'il a réalisé. Il m'arrive même de me demander comment il a fait pour combiner les deux. Mais à l'époque, mon idée était pas mal faite. L'externat demande beaucoup de logistique dans nos cours. Et ce sont de longues heures. Je ne voulais pas commencer à chambouler l'horaire.

«Aujourd'hui encore, j'ai le sentiment du devoir accompli. J'ai joué une dizaine d'années au football et j'ai eu de super années. Je crois avoir fait ce que j'avais à faire. J'ai fini ma carrière sur une note gagnante et malgré la météo, j'ai connu un bon match. J'étais donc prêt à arrêter. Mais peut-être que si on n'avait pas gagné, ma décision aurait été différente... qui sait?»

Même si le football prenait beaucoup de place dans sa vie, l'ex-numéro 87 à Laval mentionne qu'il n'a pas eu à vivre de deuil dans les mois qui ont suivi sa retraite. Ses cours, ses stages, ses études lui demandant beaucoup de temps, il a pu y investir les heures qu'il n'avait plus à consacrer à sa carrière sportive.

Comme la grande majorité des athlètes ayant fait un sport d'excellence, Grégoire-Champagne devra traîner toute sa vie des petits bobos. Il est ainsi toujours hanté par des douleurs à l'épaule droite. Mais même si l'homme de santé reconnaît que le sport peut parfois être très exigeant pour le corps, il est d'avis que les bénéfices qu'il apporte supplantent considérablement ses côtés défavorables. 

«Je suis conscient combien j'ai été chanceux de ne pas subir de blessures majeures. Mais même si j'avais su au moment où je jouais ce que je sais aujourd'hui, j'aurais quand même eu le même parcours.»

Questions/réponses

Q Fait marquant?

R Mon premier match avec Michigan State. Quand je suis entré sur le terrain pour la première fois devant plus de 70 000 personnes bruyantes va toujours demeurer le moment le plus intense de ma carrière. Vient ensuite ma deuxième Coupe Vanier. D'abord à cause du contexte, on affrontait les Huskies sur leur terrain et il faisait très froid, mais aussi parce que c'était mon dernier match. 

Q Idoles de jeunesse? 

R Jerry Rice pour sa discipline et son perfectionnisme et Randy Moss pour son jeu sur le terrain.

Q Personnalités marquantes?

R Dans la vie en général, mon père. Au foot, je vais toujours être reconnaissant envers Glen (Constantin) que j'ai connu bien avant que j'arrive avec le Rouge et Or. Marc Santerre et Hervé Nicole, au Vieux-Montréal, et Dave McKay et Luc Savoie, au SSF, ont aussi joué des rôles importants dans ma carrière. 

Q Ce qui te manque le plus du football?

R L'esprit de camaraderie. Le football c'est une famille. Mais je ne m'ennuie pas du tout des entraînements quotidiens, des meetings et des séances vidéo.

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