Pat Price: le sang bleu à jamais

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Après sa carrière de 15 ans chez les professionnels, Pat Price est retourné vivre dans sa Colombie-Britannique natale.

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(Québec) Presque 30 ans se sont écoulés depuis que Pat Price a disputé son dernier match avec les Nordiques. Mais pour le Vieux Lion, c'est comme si c'était hier. Vivant aujourd'hui dans sa Colombie-Britannique natale, il garde une grande place dans son coeur pour la Vieille Capitale et les fleurdelysés. Il a le sang bleu, comme il le dit lui-même.

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Pat Price à l'époque des Nordiques

Photothèque Le Soleil

«J'ai toujours beaucoup aimé Québec et j'y compte encore de nombreux amis», a-t-il lancé. «J'envisageais même de m'installer dans la Vieille Capitale après ma retraite. J'ai possédé pendant quelques années une entreprise (Déménagement Bellechasse) avec un groupe de partenaires. Je comptais y travailler après avoir accroché mes patins. Mais ma conjointe de l'époque n'était pas à l'aise avec la barrière de la langue et j'ai dû revoir mes plans.

«Personnellement, la langue n'a jamais été une barrière pour moi. J'ai toujours aimé cette dimension», affirme Price, qui se débrouille encore assez bien dans la langue de Molière. Il a d'ailleurs signé dans le Carrefour des lecteurs du Soleil du 23 juillet une lettre dans laquelle il souhaitait bonne chance à la ville dans ses démarches pour obtenir une équipe de la LNH.

Au cours de sa carrière de 14 saisons dans la Ligue nationale et de 15 chez les pros [après son stage junior, il a évolué un an pour les Blazers de Vancouver de l'Association mondiale de hockey, qui en avaient fait leur premier choix au repêchage de 1974], Price a joué pour sept organisations. Il dit sans hésiter que c'est de son passage de cinq saisons avec les Nordiques (1982-87) qu'il garde les plus beaux souvenirs.

«J'étais au sommet de ma carrière. Et j'aimais la vie à Québec. Les amateurs connaissaient leur hockey, ils étaient derrière l'équipe et ils avaient de grandes attentes. C'était facile de jouer à Québec. Tu sentais que chaque match était important. Et il y avait toute une atmosphère.

«Au niveau hockey, nous étions encadrés par les Aubut, Filion et Bergeron. Ils gardaient le club solide et uni et ils étaient derrière les gars. J'ai toujours pensé que la direction d'une équipe venait d'en haut et ces trois gars-là étaient exceptionnels, parmi les meilleurs que j'ai connus.»

Price ne cache pas que les joueurs devaient composer avec davantage de pression à Québec. Pour un fier compétiteur comme lui, c'était une situation rêvée. «Peu importe ce que tu fais, pour exceller et avoir du succès, tu dois performer sous pression. Les bons joueurs aiment vivre les moments cruciaux et être en contrôle. À Québec, nous avions ce genre de hockeyeurs. Marois, Côté, les Stastny, Sleigher, Goulet, Hunter, Weir, Paiement, une équipe que je ne peux oublier.»

Très fier de sa carrière chez les pros, Price mentionne que celle-ci l'a toutefois laissé avec de nombreuses séquelles. Reconnu pour son ardeur au jeu, il souffre physiquement. Il a eu le genou droit remplacé et devra repasser sous le bistouri cet automne afin de subir la même opération du côté gauche. Il sera aussi opéré à la hanche droite et à l'épaule gauche. «J'ai commencé ma carrière sous le signe de la vitesse (runner), je me suis transformé en joueur physique (crasher) et, finalement, j'ai été joueur de soutien (usher). Quand tu joues dans la LNH, tu dois t'adapter selon tes moyens.»

Période difficile

C'est au terme de la campagne 1987-88, passée avec les North Stars du Minnesota, qu'il a accroché ses patins. Il mentionne que les mois ayant suivi sa retraite ont été difficiles. «J'avais joué au hockey toute ma vie, et là je devais redevenir un citoyen comme les autres. Pendant un an ou deux, le téléphone a arrêté de sonner et les gens ont arrêté de me visiter. Je n'avais plus la même reconnaissance. En même temps, il fallait que je gagne ma vie et je me demandais ce que j'allais faire. 

«C'est à ce moment-là que tu réalises que tu es vieux. Et que tu dois recommencer à zéro et réapprendre un nouveau métier. C'est très difficile. Pendant cette période, plusieurs sombrent dans l'alcool ou les drogues et ils voient leur mariage se briser, tout ça parce qu'ils ne parviennent pas à se retrouver. Mais c'est quelque chose que tu dois faire pour parvenir à avancer. Heureusement, la LNH a maintenant des programmes pour aider les joueurs.»

C'est dans l'industrie du bois que Price a d'abord oeuvré. Il y a rejoint son frère, qui y travaillait depuis longtemps, et les deux ont formé une compagnie qu'ils ont gardée 10 ans. Par la suite, il a été restaurateur pendant six ans. Il est ensuite retourné dans l'industrie du bois où il a conduit des remorqueurs pour un moulin à scie. Maintenant âgé de 60 ans, Price est à la retraite. Il profite de la vie en compagnie de sa conjointe Deanna.

 «Je compte visiter Québec l'année prochaine avec mon épouse. Je veux lui faire découvrir de merveilleux endroits dans la ville et les environs, comme l'île d'Orléans, la Malbaie... Et j'espère que l'on me donnera la chance de visiter le nouvel amphithéâtre.»

Questions/réponses

Q Moment favori? 

R Le septième match de la série face au Canadien en 1985. À la mise au jeu, Peter Stastny m'avait refilé le disque à la pointe. J'avais lancé au filet et il avait pris mon retour pour marquer le but gagnant en prolongation. Quand nous étions revenus à Québec, il y avait 8000 personnes à l'aéroport. 

Q Idoles de jeunesse?

R Jean Béliveau et Bobby Orr. 

Q Plus grande fierté?

R Il y a plusieurs choses. Mais on est toujours fier d'être reconnu pour ses réalisations. À Québec, partout où nous allions, les gens nous reconnaissaient. Et ils nous traitaient toujours avec beaucoup de respect. Quand tu étais un membre des Nordiques, c'est comme si tu faisais partie de la famille.

Q Prochain défi? 

R J'aimerais demeurer en santé. J'adore jouer au golf et faire des activités de plein air comme le camping. Déjà, j'ai certaines restrictions qui m'embêtent.

Q Conseils aux dirigeants des éventuels Nordiques?

R Commencer par recruter des joueurs d'expérience qui ont maturité et caractère. Ils prendront alors la destinée de l'équipe en enlevant la pression sur les jeunes qui pourront ainsi s'ajuster au style de la LNH et se développer sans brûler d'étapes. Les vétérans les guideront le temps qu'ils prennent de l'expérience et qu'ils soient prêts à assurer la continuité.

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