Jean-Yves Leroux: fini les papillons

Après sa retraite du hockey, Jean-Yves Leroux s'est... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Après sa retraite du hockey, Jean-Yves Leroux s'est lancé dans le domaine de la construction. Il vient de fonder la société immobilière Global.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Pendant une quinzaine d'années, la mi-août a été synonyme de papillons dans l'estomac pour Jean-Yves Leroux. C'est à cette période de l'année qu'il amorçait sa saison de hockey en prenant part à un camp d'entraînement où il devait batailler pour obtenir un poste. Mais cette époque est définitivement révolue.

«Au début, c'était différent», explique le hockeyeur qui est arrivé à Québec en 1992 quand il s'est joint aux Harfangs de Beauport. «Cette routine-là avait tellement fait longtemps partie de ma vie que lorsque la mi-août arrivait, je ne pouvais m'empêcher de penser au début des camps et par la suite, de me dire : "Ah oui, les gars sont rendus là et là..." Mais ça fait plus que 10 ans que j'ai arrêté de jouer chez les pros. J'ai tourné la page. C'est sur mon autre carrière que je me concentre.»

Leroux reconnaît que l'année qui a suivi sa retraite n'a pas été facile, et ce, même si dans l'immédiat, il n'a pas eu à s'inquiéter côté financier. «Je me demandais ce que j'allais faire. Je n'avais pas d'expérience dans un domaine plus qu'un autre. Il fallait que je recommence de zéro et que je fasse mes preuves. J'ai été chanceux, j'ai été capable de m'organiser.»

Ayant la fibre entrepreneuriale, un legs de son père et de son grand-père, Leroux a rapidement trouvé sa vocation. Quand un ami lui a proposé d'investir dans la construction d'une maison, il a décidé de s'impliquer davantage dans le projet. Et il est retourné sur les bancs d'école. «Après avoir passé les tests pour avoir mes cartes de compétence, j'ai mis mon sac à clous et j'ai travaillé un an et demi sur les chantiers», mentionne l'ex-hockeyeur qui a été entrepreneur pendant cinq ans avant d'oeuvrer comme représentant dans le domaine de la construction.

Désireux de redevenir son patron, Leroux a ensuite fondé Gestion LX, une entreprise de gestion de projets, puis récemment, la société immobilière Global - son bébé, comme il dit - qui touche à toutes les sphères de l'immobilier, de l'acquisition de terrains à leur développement et dans laquelle il s'est entouré de spécialistes. «J'ai ça en moi, le côté rassembleur. Et travailler en équipe, je l'ai appris au hockey. C'est quelque chose qui va toujours me rester, comme le sentiment d'appartenance.»

Très fier d'avoir joué dans la LNH, Leroux explique que sa seconde carrière, qu'il a bâtie à partir de zéro, est aussi valorisante que la première. «Après 12 ans, j'ai trouvé mes recettes. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas et où je veux aller dans la vie. Je sais aussi que comme dans une équipe de hockey, on est aussi bon que les gens qui nous entourent.»

Même s'il a réalisé le rêve de milliers de Québécois en évoluant dans la LNH, Leroux demeure discret sur son passé. «Est-ce que ça me servirait vraiment en affaires? Je n'en parle donc pas à moins que l'on me demande qu'est-ce que j'ai fait dans la vie ou que ça vienne sur le sujet lors d'une conversation.»

Jusqu'au bout

Choix de deuxième ronde des Blackhawks, le 40e au total, au repêchage de 1994, Leroux a d'abord joué dans la LIH avec le Ice d'Indianapolis (1996-1997). La saison suivante, il a fait le grand saut avec les Hawks, avec qui il a évolué quatre saisons. Des blessures au dos l'ont cependant empêché d'atteindre son plein potentiel.

«C'est la même chose pour n'importe quel joueur, à part peut-être les Gretzky de ce monde, et encore... On n'est jamais heureux de la manière dont sa carrière se termine. J'étais tellement déçu quand ça s'est fini. J'aurais aimé jouer 10 ans dans la LNH. Mais dans l'ensemble, je suis très fier de ce que j'ai accompli», avoue celui qui a disputé 220 rencontres à Chicago au cours desquelles il a marqué 16 buts et obtenu 22 passes. «J'ai réalisé mon rêve, je me suis rendu jusqu'au bout et j'ai passé quatre ans dans la LNH.

«Mon seul regret, c'est peut-être de ne pas avoir tenté ma chance en Europe. J'aurais aimé connaître le beat du hockey là-bas et voyager. Moi qui suis un fan d'histoire, j'aurais pu vivre quelque chose d'exceptionnel. Mais quand je suis revenu à Québec, j'avais l'opportunité d'être entrepreneur. Et c'était les grosses années de la Ligue semi-pro.»

Leroux ajoute qu'il a ressenti de l'amertume quand les Hawks lui ont montré la porte. Aujourd'hui, cependant, il se dit très reconnaissant envers eux. «Ce que j'ai dans la vie et ce que je suis devenu, c'est un peu grâce à l'organisation des Blackhawks dans laquelle j'ai passé huit ans. Et ma manière de redonner une partie de ce que j'ai eu, c'est de m'impliquer dans des oeuvres de charité.»

Leroux, qui a joué sept saisons dans le hockey semi-pro, a décidé d'accrocher ses patins en 2009. «Une libération plus qu'un deuil. J'étais fatigué et j'avais de jeunes enfants. J'étais rendu là», conclut celui qui désormais se contente de jouer au hockey une fois par semaine avec d'anciens pros. «C'est mon moment avec les boys. Même si on a évolué à différentes époques, on a tous vécu les mêmes choses. On se comprend. On fait des farces et on a beaucoup de plaisir.»

Questions/réponses

Q Plus beau souvenir

R Mon premier match dans la LNH. J'avais été rappelé du Ice pour jouer le dernier match de la saison des Hawks à Dallas. J'étais tellement nerveux que je n'avais pas dormi la veille et même l'après-midi de la rencontre. Il y a aussi le match pré-saison que nous avions joué à Montréal en 1996. On s'était retrouvé cinq Québécois sur l'alignement partant, soit Christian Laflamme, Enrico Ciccone, Eric Dazé, Denis Savard et moi-même. 

Q Idoles de jeunesse

R Wayne Gretzky. J'avais même un pyjama lui sur lequel il y avait le 99 et son visage. Je me souviendrai toujours de mon premier shift au Madison Square Garden. Je jouais à l'aile gauche et il s'est retrouvé à côté de moi pour une mise au jeu. Je capotais. Mais à partir du moment où la rondelle est tombée sur la glace, j'ai été capable de reprendre mes esprits. 

Q Fait marquant

R Quand l'organisation des Blackhawks m'a dit, à la fin du camp d'entraînement de 1997: «OK Jean-Yves, tu peux aller te chercher un appartement.» Apprendre que tu as fait l'équipe, c'est un feeling extraordinaire.

Q Ce qu'il aimerait effacer 

R Les blessures. La fin est arrivée alors que je m'entraînais. Je me suis blessé au dos (hernie discale) en faisant du squat.

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