Chanelle Charron-Watson: comme un poisson dans l'eau

Après une belle carrière en natation, Chanelle Charron-Watson... (Photo fournie par Chanelle Charron-Watson)

Agrandir

Après une belle carrière en natation, Chanelle Charron-Watson est aujourd'hui avocate à Montréal.

Photo fournie par Chanelle Charron-Watson

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Ce n'est pas par hasard si, au lendemain d'une belle carrière en natation, Chanelle Charron-Watson, qui avait fait des études en droit à l'Université Laval, s'est spécialisée dans le litige civil et commercial. Aujourd'hui avocate au cabinet-boutique Woods et associés, elle y est heureuse... comme un poisson dans l'eau.

Ce n'est pas par hasard si, au lendemain... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

Agrandir

Photothèque Le Soleil

«Le litige civil et commercial, c'était mon intérêt premier», explique la spécialiste du style libre qui a été championne universitaire et canadienne. «Je recherchais dans mon travail les émotions que j'avais éprouvées à travers ma carrière sportive. J'aime l'adrénaline qu'apporte la plaidoirie devant les tribunaux.

«Les avocats oeuvrant dans d'autres domaines diront qu'ils ont eux aussi les mêmes émotions. Mais moi, c'est dans le litige que je les ressens le plus. J'aime aussi beaucoup toute la préparation inhérente à une cause, moi qui ai toujours aimé lire, analyser, trouver des pistes de solution et écrire. C'est d'ailleurs ce qui m'avait fait choisir le droit à l'université.»

Chanelle mentionne que même si elle avait adoré ses cours en droit criminel, une carrière dans cette spécialité ne l'attirait pas à cause de sa sensibilité. «J'aimais beaucoup la notion. Mais il y a deux mondes entre la théorie et la pratique. Le droit criminel, comme le droit familial, sont deux domaines où il y a beaucoup d'émotion.»

C'est dans les mois qui ont suivi sa retraite de la compétition en 2009 que Chanelle, qui terminait ses études en droit, a été admise à l'école du Barreau. L'année suivante, elle a fait son stage chez Heenan Blaikie où elle a pu prendre de l'expérience dans différentes spécialités afin de choisir dans quel domaine elle orienterait sa nouvelle carrière. C'est après la rencontre de celui qui deviendra son mari à l'été 2016 qu'elle a décidé de quitter Québec pour aller s'installer dans la région de Montréal.

Retrouver un équilibre

À la veille des championnats universitaires au printemps 2009, Chanelle a officialisé sa retraite. Elle se préparait cependant depuis quelques mois à quitter la piscine. «Ma transition a commencé quand j'ai raté les Jeux. C'est là que j'ai pris du recul par rapport à ma carrière et que j'ai commencé mon processus d'introspection. Et je savais que ma prochaine saison serait ma dernière.»

Même si elle était prête à accrocher son maillot, Chanelle ne cache pas que les mois qui ont suivi sa retraite ont parfois été difficiles. Elle a dû reconstruire sa confiance. «Arrêter une carrière d'athlète, c'est insécurisant car on a l'impression que l'on n'a pas vécu comme tout le monde. Mais il y a beaucoup de choses qui restent, des traits de caractère que tu as acquis qui te servent par la suite. Les athlètes arrivent dans la «vraie» vie avec des outils que la grande majorité des gens n'ont pas. Mais ça nous prend un certain temps avant de le réaliser.»

Chanelle mentionne qu'elle a dû faire un deuil de sa carrière mais aussi sur ce qu'elle n'avait pu accomplir. Elle n'a cependant pas ressenti le besoin de reprendre le temps perdu. «J'avais d'autres objectifs de vie qui me demandaient beaucoup. J'y ai redirigé mon focus. Ça m'a beaucoup aidée.

«Je me suis quand même beaucoup ennuyée de ne plus aller au PEPS. La piscine, c'était ma deuxième maison. Le vrai challenge a cependant été du côté physique. Je n'ai jamais pu regoûter aux endorphines que j'ai eues quand je nageais. Mon corps a dû s'adapter et aussi se rétablir au niveau hormonal. Ça m'a pris un an.»

Chanelle lance que la vie d'athlète ne lui manque plus et qu'elle a aujourd'hui retrouvé un équilibre dans son corps et dans sa tête. Elle s'entraîne pour le plaisir mais elle n'a plus le besoin de se dépasser physiquement comme avant. «J'ai réussi à fermer la porte pour en ouvrir d'autres.»

Il n'y a pas de doute qu'une grande partie de son énergie débordante va à son petit garçon qui a vu le jour à la fin de 2014. «J'ai toujours voulu avoir des enfants mais je ne savais pas comment j'allais réagir quand ça arriverait. 

«Je découvre la maternité et c'est la plus belle chose. Et oui, ça me ramène encore plus aux vraies choses de la vie, à l'essentiel. Mon enfant vient chercher chez moi un paquet d'émotions que j'ignorais avoir.»

De nature très exigeante envers elle-même, l'ex-nageuse ne cache pas qu'elle s'était interrogée quant à la manière dont elle élèverait son enfant. Serait-elle une mère trop exigeante et perfectionniste? «Mon bébé a fait surgir en moi une sensibilité qui va au-delà de mes exigences et de mon caractère de perfection. Je crois sincèrement que je vais être capable de l'accompagner dans ce qu'il va vouloir faire dans sa vie.»

Interrogée si elle souhaitait que son garçon suive ses traces et fasse du sport de haut niveau, l'ex-nageuse dit simplement : «Pour le moment, je ne le sais pas. Une carrière en sport de haut niveau demande de nombreux sacrifices même si ça vient avec un paquet d'avantages. Je pense que quand ça va être le temps, je vais avoir une discussion très ouverte... et très émotive avec lui.»

Questions/réponses

Q Satisfaite de ta carrière?

R J'ai de la difficulté à l'être entièrement. Je n'ai pas accompli tout ce que je voulais et tout ce que j'aurais pu accomplir. Ce n'est pas un regret mais une réflexion sur le passé. Je dois pardonner aux intervenants et à moi-même la direction que l'on a prise et qui a mené à un résultat X lors des qualifications pour les Jeux de 2008. 

Q Ta plus grande qualité?

R Comme personne, ma capacité d'entrer en communication et en relation avec les autres. Et c'est l'une de mes plus grandes qualités comme avocate.

Q Fait saillant de ta carrière?

R Les trois titres que j'ai gagnés (200 m libre, 400 m libre et 800m libre) aux Championnats canadiens de 2006 disputés au parc Jean-Drapeau, à Montréal.

Q Si tu n'avais pas fait de natation?

R J'aurais aimé jouer au volleyball. En secondaire 1, j'avais pris part à camp de volley qui avait pour but de nous aider à mieux nous intégrer. J'avais tellement aimé ça et je m'étais tellement fait de bonnes amies que j'avais alors pensé abandonner la natation. 

Q Et dans 20 ans?

R Je me vois en santé, avec une belle famille heureuse de deux ou peut-être trois enfants, toujours au cabinet chez Woods, dans ma maison au bord de l'eau.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer