Fabrice Akué: bâtir les fondations

Après avoir pratiqué une kyrielle de sports -... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Après avoir pratiqué une kyrielle de sports - il a remporté la Coupe Vanier avec le Rouge et Or en 1999 -, Fabrice Akué se consacre maintenant à former des athlètes.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Tombé dans le sport dans sa jeunesse, Fabrice Akué n'en est jamais ressorti par la suite. Après avoir joué au basket, au baseball et au soccer, il a fait carrière au football, notamment avec le Rouge et Or. Il est ensuite devenu coach du club d'athlétisme lavallois avant de se spécialiser dans la préparation physique. Un domaine où il oeuvre toujours. Il est cependant  d'avis qu'avec le temps, son travail est devenu plus pointu.

Tombé dans le sport dans sa jeunesse, Fabrice... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

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Photothèque Le Soleil

«Je me considère plus comme un spécialiste du développement athlétique», explique le fondateur de l'entreprise AkroSpeed en 2001. «J'enseigne les bases de la préparation physique et je mets les fondations qui permettront aux jeunes d'être plus athlétiques, de mieux bouger et d'être plus résistants aux blessures, peu importe le sport qu'ils pratiquent. Pour ça, il faut que chaque articulation ait davantage de stabilité, de flexibilité et de mobilité. Ça ne donne rien de commencer à courir, sauter et faire du volume si le corps n'est pas prêt.

«Mais si je suis qui je suis aujourd'hui, c'est parce qu'il y a des gens qui ont payé avant. Je suis désolé pour les jeunes qui m'ont connu en athlétisme. J'étais un débutant. Malgré mes bonnes intentions, j'ai fait des erreurs.»

Akué était entraîneur de l'équipe d'athlétisme du Rouge et Or, un poste qu'il a occupé huit ans, quand il a décidé de se spécialiser dans la préparation physique. «À l'époque, je ne me voyais pas comme entraîneur. Mais instinctivement, les athlètes venaient me consulter. Et j'ai constaté qu'il y avait une demande pour les préparateurs physiques. 

«L'athlétisme, c'est la base de tous les sports. On y apprend à lancer, à courir et à sauter. Et le travail d'un coach est de s'occuper des programmes de musculation et de gérer les périodes d'entraînement et de repos. On est confronté aux millimètres et aux centièmes de seconde et il faut préparer les athlètes en conséquence. Cette expérience constituait un beau bagage pour travailler avec des athlètes de tous sports confondus. C'est quand j'ai fondé mon entreprise et que j'ai commencé à travailler avec des athlètes de niveau collégial et universitaire que j'ai réalisé que ces jeunes n'avaient pas toutes les bases nécessaires à la pratique de leur sport et que j'ai changé mon approche.»

Ayant toujours travaillé dans l'ombre même s'il a conseillé des athlètes comme Guillaume Rioux, Junior Seydou Haidara et Adam Thibault, avec qui il a commencé alors qu'ils étaient à l'école secondaire, Akué fait un peu plus parler de lui depuis qu'il travaille avec des boxeurs du club Empire. «J'aime faire partie d'une équipe comme celle du club Empire. Avoir de la visibilité, ça me fait plaisir même si je préfère être dans l'ombre.»

Parlant de son travail avec des boxeurs, Akué avoue qu'il le voit comme un défi. «Collectivement, on établi un plan que l'on exécute avec tous les ajustements nécessaires. Ce qu'il y a de le fun, c'est que notre travail se conclut avec une poussée d'adrénaline, soit un combat. Mais une fois celui-ci passé, on se remet en question. C'est comme ça que l'on devient meilleur et qu'on aide les autres à le devenir.»

Un pionnier

Originaire du Saguenay, Akué s'est joint au Rouge et Or lors de la première saison officielle de la formation au sein du circuit universitaire en 1996. «Je suis extrêmement fier d'avoir fait partie des pionniers. Mais ce que je trouve vraiment impressionnant, c'est la personne derrière ça, soit Glen Constantin. Un visionnaire qui tient le fort dès le début. Il a mis en place l'encadrement que l'on connaît. Il est responsable de tous les succès qui ont suivi.»

Membre de la formation qui a remporté la première Coupe Vanier de l'histoire de l'équipe en 1999, Akué n'a cependant pas pris part au match ultime disputé au Skydome de Toronto (Rogers Center). «Malgré tout, je sens vraiment que j'ai fait partie de quelque chose de spécial. Avec le recul, le fait de ne pas avoir joué est devenu un plus dans ma carrière de coach et dans ma vie. Ça m'a permis de comprendre que l'on pouvait apporter une contribution sans nécessairement être dans le spotlight. Et je ne suis pas amer parce que je ne me définis pas par le sport.» 

Akué garde de nombreux souvenirs de son passage avec le Rouge et Or. Parmi ceux-ci figurent les deux saisons passées avec son frère cadet Ines. «Cette expérience nous a permis de développer un autre genre de camaraderie et des liens différents.»

C'est vers les jeunes qu'Akué a maintenant décidé d'orienter son travail. Même s'il s'occupe toujours d'une vingtaine d'athlètes, il consacre une bonne partie de son temps au programme Développement de l'éthique qu'il a démarré à l'école François de Laval et qui regroupe plus de 70 élèves. 

«Je suis convaincu que ma mission, c'est d'aider les jeunes à atteindre leur plein potentiel, peu importe leur niveau. Je travaille d'ailleurs depuis deux ans au sein d'ADN [Athletic Development Network], une entreprise en démarrage dont la vision est de contribuer à développer des générations d'athlètes supérieurs et en meilleure santé.»

Questions/réponses

Q Une fierté?

R Quand je vois des gars comme [Junior] Seydou Haidara ou Adam Thibault avoir du succès, ça me fait sourire et je suis content. Je me souviens d'avoir dit à Junior, quand il était jeune, qu'il aurait une belle carrière s'il était sérieux. Après à sa première saison dans la LCF, il m'a envoyé un chandail autographié sur lequel il avait inscrit «Fabrice, je t'ai cru».

Q Plus grand regret?

R D'avoir douté de mon potentiel et d'avoir manqué de sérieux alors que j'étais athlète. Aujourd'hui, ça fait partie de ma mission de m'assurer que chaque jeune que je côtoie croit en ses possibilités et en ses moyens et qu'il suive la bonne voie.

Q Idoles de jeunesse?

R Michael Jordan. Je me souviens de ma première journée où j'ai eu mes espadrilles Air Jordan. J'ai joué au basket comme jamais. Ce fut un moment magique. Et Mike Tyson. C'était un gars qui dominait son sport et j'étais impressionné par la manière dont il gagnait ses combats.

Q Plus beaux souvenirs?

R Comme athlète, la Coupe Vanier en 1999. Comme coach, le triplé en or de Geneviève Thibault au Championnat canadien junior et l'année suivante, son titre de championne canadienne senior. En tant que parent, la naissance de mes trois enfants.

Q Rêve à réaliser?

R C'est de pouvoir contribuer activement au développement d'une nouvelle génération d'athlètes supérieurs et en meilleure santé. Et je pense que je me suis positionné pour le réaliser.

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