Caroline Brunet: un lac mais pas de kayak

Caroline Brunet, qui a longtemps eu le lac... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Caroline Brunet, qui a longtemps eu le lac Beauport comme terrain de jeu, a gardé contact avec l'eau, sa résidence secondaire étant située à Sainte-Anne-des-Lacs.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Caroline Brunet se décrit comme une amante de la nature. Après avoir fait de Lac-Beauport son terrain de jeu pendant plus de 20 ans, c'est de nouveau sur le bord d'un lac, dans la région de Saint-­Sauveur, qu'elle a trouvé un nouveau coin de paradis. Fini cependant le temps où, pagayant à un rythme rigoureux, elle glissait à vive allure au ras des flots bleus.

Caroline Brunet se décrit comme une amante de... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

Agrandir

Photothèque Le Soleil

«Je ne fais plus de kayak», explique l'olympienne qui habite Montréal, mais dont la résidence secondaire est située dans la municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs. «Je ne peux plus m'y asseoir, car je ne suis pas à l'aise. Mais ça ne me manque pas. À cause des blessures, mes trois dernières années de compétition avaient été très difficiles. Je n'étais plus symétrique et ça me causait toutes sortes de malaises qui ne faisaient qu'empirer. Je dois d'ailleurs toujours composer avec des blessures qui ne guériront jamais. Ça a donc été une libération de ne plus avoir à m'asseoir dans un kayak.

«Ce ne fut cependant pas la seule raison pour laquelle j'ai décidé de prendre ma retraite en 2004. J'avais alors 35 ans et j'avais tout simplement le goût de faire autre chose.»

Aujourd'hui bachelière en kinésiologie de l'Université du Québec à Montréal, Caroline Brunet a développé à sa dernière année d'études un programme de détection et d'encadrement athlétique pour les écoles. Elle travaille en compagnie d'Emilia Kaloniva et de Mario Leone, professeurs oeuvrant respectivement aux centres de recherches de l'UQAM et de l'UQAC, sur un projet pilote qui sera lancé à l'automne. Elle explique que son amour pour la kinésiologie lui était venu alors qu'elle était avec l'équipe nationale.

«À cette époque-là, l'Allemagne de l'Est existait encore et j'avais entendu parler du travail qui s'y faisait afin de trouver les talents athlétiques dans les écoles. Et c'était la même chose en Hongrie. J'avais été séduite par cette manière de faire qui m'était restée en tête, même si je ne savais pas du tout comment mon intérêt pour celle-ci allait se concrétiser.»

Refaire sa santé

Interrogée sur les lendemains de sa retraite, Caroline Brunet mentionne qu'elle avait d'abord dû prendre une pause de presque deux ans pour se refaire une santé après avoir été opérée à une hanche. C'est autour de l'âge de 37 ans qu'elle a décidé de retourner sur les bancs d'école. Elle a d'abord fait un certificat en rédaction à l'Université de Montréal. «J'avais beaucoup délaissé mon français et j'avais décidé de me remettre dans le bain.» 

À 39 ans, elle a entrepris son bac. Se retrouver avec des étudiants dans la jeune vingtaine lors de sa première session de cours a constitué un défi en soi. 

Sous les feux de la rampe lors de ses belles années en kayak, elle est depuis retournée dans l'ombre. Ainsi, lors de son passage à l'université, les jeunes qui étudiaient avec elle ne la connaissaient pas.

«J'apprécie beaucoup ma situation actuelle. Je trouve que l'on idéalise beaucoup les athlètes. Il y a des personnes que l'on peut qualifier de plus ordinaires qui, à mes yeux, font des choses extraordinaires. J'ai connu des femmes qui ont élevé toutes seules des enfants, tout en ayant deux emplois. J'ai toujours pensé que c'était trop facile de surévaluer des athlètes.»

Revenant sur sa carrière en K-1, au cours de laquelle elle a remporté 10titres mondiaux en plus de prendre part à cinq Jeux olympiques (1988, 1992, 1996, 2000 et 2004), où elle a décroché deux médailles d'argent et une de bronze, Caroline Brunet indique qu'elle ne se serait pas contentée d'une participation aux JO. «Ce n'était pas suffisant. Pour moi, c'était un passage obligé pour réaliser les objectifs que je croyais être en mesure d'atteindre. J'avais compris tout ce que ça allait demander pour arriver au top. J'ai été prête à le faire et j'ai pris des grandes décisions pour y arriver.»

Aujourd'hui, elle considère que ce fut un privilège pour elle de faire une carrière d'athlète, une carrière choisie alors qu'elle avait sept ou huit ans, et ce, même si celle-ci fut aussi synonyme de nombreuses souffrances physiques. 

«J'en suis très fière surtout parce que je n'ai aucun regret», avoue celle qui dit faire son bilan de carrière en termes de performances et non de résultats. «Et même si j'y ai laissé une partie de ma santé, je ne peux rien dire de négatif à propos de celle-ci. Ce fut une belle expérience de vie.»

Toujours aussi passionnée d'activité physique, elle s'adonne maintenant au ski de fond et au vélo de route, avec son chum, et à la natation. «Des activités que mon corps peut tolérer», lance-t-elle. «J'ai cependant renoncé à faire des compétitions de vélo à cause du risque de blessures.»

Après le sport, c'est peut-être dans le domaine des arts que Caroline Brunet pourrait faire sa marque. Elle a commencé à peindre, un passe-temps devenu une passion. «J'ai toujours aimé les galeries d'art et les tableaux. Je me suis installée à ma manière et j'utilise des spatules plutôt que des pinceaux. Je suis attirée par les couleurs et le relief. On verra où ça me mènera.»

Questions/réponses

Q Personne marquante?

R Denis Barré. Mon premier entraîneur. Il a un leadership incroyable et quand il dit quelque chose, tu n'as pas le choix que de l'écouter. Il m'avait dit que j'avais ce qu'il fallait pour faire du kayak et un potentiel incroyable. Ça m'a vraiment boostée de confiance. Par la suite, il s'est occupé de moi. Il m'a donné beaucoup de temps et des conseils. Sa générosité me touche encore beaucoup.

Q Des faits marquants?

R Le début et la fin de ma carrière. Le début avec Denis Barré et la fin avec sa fille Mylanie.

Q Ce qui l'agace encore?

R J'ai toujours été une bonne perdante. Sauf que ma défaite en finale aux mains de l'Italienne Josefa Idem Guerrini, qui a ensuite été testée positive en Italie, mais dont le test n'a pas été reconnu par le Comité olympique, a encore un goût amer. Je ne suis jamais arrivée à avoir du respect pour sa victoire.

Q Plus grand défaut?

R Je suis très gourmande, peut-être trop. Je n'ai aucune limite quand il s'agit de sucre et de chocolat. Heureusement, je fais beaucoup de sport. Mais un jour, ça pourrait me jouer des tours...

Q Un rêve?

R J'aimerais pouvoir vieillir en santé et sans avoir mal. Et c'est ce que je souhaite à tous les gens qui m'entourent et que j'aime.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer