Hélène Simard: à un oui d'un retour

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Hélène Simard est aujourd'hui chef d'équipe, relations publiques et rédaction, à la CSST où elle est également porte-parole nationale de l'organisme.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Il s'en est fallu de peu pour qu'Hélène Simard renoue avec la compétition pour de bon. Sept ans après avoir pris sa retraite, elle s'est laissée convaincre de participer aux Championnats canadiens de tennis intérieur en fauteuil roulant disputés à Brossard en octobre. À sa grande surprise, elle a remporté le titre chez les femmes.

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«J'ai vécu de belles sensations», avoue Hélène qui en était à un sixième titre national en carrière. «J'ai vraiment aimé ça. Ma victoire, acquise grâce à mon expérience, fut un beau cadeau. Mais j'ai aussi vu que pour retourner au niveau où j'avais déjà été, il faudrait que je m'entraîne très sérieusement. Je ne suis pas prête à le faire et je ne pense pas que j'arriverais, aujourd'hui, à combiner une carrière en tennis avec mes obligations personnelles et professionnelles. J'ai donc dit non quand on m'a demandé de considérer reprendre la compétition et de tenter de me qualifier pour les Jeux pan-am.»

C'est l'été dernier, à la suite d'un coup de fil de Tennis Canada qui avait su qu'elle avait recommencé à frapper des balles de manière régulière pour le plaisir et qu'elle avait retrouvé un certain niveau de jeu, qu'Hélène s'était vu offrir la possibilité de jouer aux nationaux. «Je me suis d'abord demandé si j'étais de calibre à prendre part à une telle compétition. Je ne voulais pas y aller juste pour faire de la figuration.»

Même si son expérience fut très stimulante, l'athlète olympique mentionne que jamais elle n'a regretté d'avoir accroché sa raquette sept ans auparavant, une décision réfléchie. «Ça faisait un an que je poussais mes limites. Je devais composer avec des blessures récurrentes et psychologiquement, je n'étais plus capable. J'avais une petite fille à la maison qui réalisait que je partais longtemps et qui me le disait et un travail qui me demandait beaucoup. J'aurais aimé me classer pour les Jeux de Pékin. Mais la passion n'y était plus.»

Ayant atteint le neuvième rang du classement mondial de tennis en fauteuil roulant, Hélène a évolué pendant 10 années sur la scène internationale. Au cours de cette période, elle a pris part à 11 Coupes du monde et à deux Jeux paralympiques, soit Sidney (2000) et Athènes (2004). «Entre 1995 et 2007, j'ai joué, en moyenne, entre 8 et 10 tournois internationaux par année.» S'ajoute, une participation aux Paralympiques de Barcelone en basket en fauteuil roulant.

Victime d'un accident de voiture qui l'a laissée paraplégique à l'âge de 21 ans, Hélène Simard, une sportive accomplie qui avait traversé le Canada à vélo, a toujours refusé de jouer à la victime. La Baie-Comoise d'origine explique qu'elle a mis deux ans à accepter ce que serait dorénavant sa vie, mais que par la suite, elle a décidé de se battre et de profiter de tout ce que la vie allait lui donner.  «Prendre la vie de manière positive fait venir vers nous de belles choses. J'ai fait du sport et j'ai voyagé partout dans le monde. Mais en même temps, personne ne me l'a donné. J'ai travaillé à la dure pour l'avoir. Ainsi, parallèlement à ma carrière sportive, j'ai toujours eu un emploi à temps plein.»

Porte-parole nationale

Diplômée en journalisme, Hélène a toujours oeuvré dans le domaine des communications. Elle a animé jusqu'en 2006 l'émission 1045, rue des parlementaires à Télé-Québec. Aujourd'hui, elle travaille à la CSST comme chef d'équipe relations publiques et rédaction et elle est la porte-parole nationale de l'organisme où elle guide une vingtaine de porte-parole régionaux. Depuis 2007, elle est aussi commissaire à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, un poste où sa nomination a dû être acceptée par les deux tiers des députés de l'Assemblée nationale. «Un privilège et un honneur.» Dans sa vie personnelle, elle est mère d'une jeune adolescente.

«Avoir un enfant ne faisait pas partie de mes ambitions même si je savais que malgré ma condition, c'était tout à fait possible. Les choses sont arrivées tout naturellement. J'ai rencontré un chic type et aujourd'hui, nous sommes parents d'une magnifique fille de 12 ans qui a hérité de mon goût pour la compétition. Je suis très heureuse dans mon rôle de maman, un rôle très important pour moi.»

Consciente que sa vie n'aurait pas été la même si elle n'avait pas été victime de son tragique accident, Hélène croit cependant que celui-ci lui a permis de vivre des expériences qu'elle n'aurait jamais vécues si elle avait gardé l'usage de ses deux jambes. Comme celle de prendre part aux Jeux paralympiques.

«Je ne souhaite pas à personne de devenir paraplégique. Ce n'est pas un chemin facile. Mais pour toutes sortes de raison, je peux dire que la vie m'a comblée. Le fait d'avoir été paraplégique m'a donné une force, un désir de vaincre et un besoin de dépassement qui fait que j'ai été encore plus fonceuse. Une chose est sûre, mon handicap ne m'a pas nui. Il a changé ma vie, mais pas pour le pire. Je serais ingrate de dire le contraire.»

Questions/réponses

Q Inspiration? 

R Éric, un jeune officiel au hockey de mon âge à qui l'on prédisait une belle carrière que j'ai croisé pendant ma réhabilitation. Il s'était cassé le cou et il ne pouvait plus bouger aucun de ses membres. Et malgré ce qui lui était arrivé, il était fort. Pendant les deux mois que j'ai passés dans la même chambre que lui, je me suis dit que je n'avais pas le droit de me plaindre. 

Q Plus grande fierté?

R D'un point de vue sportif, c'est d'avoir pris part à trois Jeux paralympiques dans deux sports différents et d'avoir gagné une médaille d'or en basket. Mais dans ma vie personnelle, je suis très fière de ma fille. Je suis heureuse de voir comment elle grandit bien. 

Q Regrets?

R Non. Ce n'est pas dans mon attitude. Mais j'ai des petites déceptions. Aux Jeux d'Athènes, par exemple, Yuka Chokyu et moi, on avait un beau tableau pour aller chercher une médaille en double. Et on a vraiment manqué notre première ronde. On l'a échappé.

Q Rêve de remarcher? 

R Ma fille m'en parle souvent. Mais pour moi, ce n'est pas un rêve. Si je remarchais, ma vie serait plus facile. Mais je ne crois pas que je serais plus heureuse que je le suis. Je ne vis pas en attente de cela.

Q Plus grand défaut?

R Quand je compétitionnais, je n'étais pas une bonne perdante. Avec les années, j'ai appris à gérer la défaite.

Q Idoles de jeunesse?

R Steffi Graf et aujourd'hui, j'aime beaucoup Roger Federer, le maître du tennis. Mais qui ne l'aime pas?

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